Image et prédation chez Quignard

Si une petite « quignardise » vous tente,cédez à la tentation et lisez l’excellent article d’Agnès Cousin de Ravel ici

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Il n’y a qu’à New York!

Mercredi 16 février :avec mon ami Nicholas D. nous traversions Central Park à pied,,discutant à voix haute ,en français, le rôle de la France dans le monde quand une dame ,bibliothécaire de son état,nous interrompt, nous priant en excellent français de l’excuser,pour nous demander si l’usage aujourd’hui dictait que l’on mît un accent aigu, ou grave, sur un E majuscule quand le mot en minuscule l’exige!

Il n’y a qu’à New York où cela peut arriver!

Temps des crises de Michel Serres

L’académicien Michel Serres, professeur à Stanford, vient de publier un nouveau livre,Temps des Crises, dont le sous-titre est : « Mais que révèle le séisme financier et boursier qui nous secoue aujourd’hui ? »

Canal Académie  nous propose d’écouter l’entretien de Michel Serres avec Jacques Paugam.

Dans celui-ci, le philosophe note que la proportion maintenant très réduite du nombre d’agriculteurs et des professions associées  (1,7% contre plus de 60% en 1900) à la fin du XXe siècle  marque la « la fin du néolithique ».

Il analyse ensuite les conséquences de la mobilité des personnes et des choses ainsi  que des progrès de la santé et de la révolution des pratiques médicales. Pour Michel Serres, les nouvelles technologies constituent sont aussi révolutionnaires que l’invention de l’écriture ou de l’imprimerie.

Pour lui, la crise financière doit être analysée comme la crise dans l’évolution d’une maladie, soit le point d’inflexion de la maladie où le malade meurt ou guérit. Pour lui, l’important n’est pas de revenir à l’état antérieur mais d’intégrer le nouvel état du malade dont l’organisme a lutté avec succès contre la maladie. Cette capacité d’adaptation est la définition même de la vie, « invention permanente de la nouveauté ».C’est ainsi nous suggère-t-il qu’il faut aborder la recherche de solutions aux crises économiques.

Cliquez ici pour l’écouter.

Êtes-vous Larousse ou Robert ?

Voici l’intéressante question que nous pose Sébastien Lapaque dans l’édition du 28 juillet 2010  du Figaro  que vous aurez plaisir à lire en cliquant ici.

Van Gogh, Francis Bacon et commodat:quel lien?

Si cette juxtaposition en apparence arbitraire titille votre curiosité,lisez l’intéressant article de Thibault de Ravel d’Esclapon  ( cliquez ici )qui explore à la fois les relations de Bacon avec Arles et les problèmes juridiques qu’une disposition testamentaire de Bacon a suscités. Vous y rencontrerez les vieilles notions de commodat ou prêt à usage ainsi que celles de trust si chères à nos confrères anglo-saxons.

“Sponsoriser”,”Panélistes”,”basique” et autres solécismes et barbarismes

Si, comme le soulignait l’Académie française, dans la huitième édition de son Dictionnaire, « Le barbarisme et le solécisme sont les deux principaux vices d’élocution ”, les intervenants lors de l’assemblée générale du Cercle des Cadres Expatriés se doivent de corriger ces vices.

Pour mémoire, selon le même Dictionnaire ,le solécisme est « une faute contre la syntaxe au regard de la grammaire » alors que le barbarisme est « une faute contre le langage soit dans la forme,soit dans le sens du mot (mot créé ou altéré,dévié de son sens,impropre….Faute caractéristique d’un étranger (gr. barbaros) particulièrement celle qui consiste dans l’emploi d’une forme inexistante,par opposition avec le solécisme,qui est l’emploi fautif dans un cas donné d’une forme par ailleurs correcte. Nominer pour nommer, citer est un barbarisme. »

Voici quelques exemples de solécismes ainsi relevés :

« Il y a deux personnes que je veux remercier, le premier c’est.. » : sans commentaires.

« Je pensais avoir fermé la vente » : il est clair qu’il s’agit d’un calque de l’expression anglaise « to close the sale ».Faut-il dire boucler dont le sens familier est de mettre un point final à quelque chose comme dans boucler son budget, ses comptes? Non car boucler ne reprend pas l’idée de succès qu’exprime l’anglais. Fallait-il alors dire clôturer la vente? Surtout pas!L’Académie dans la neuvième édition de son Dictionnaire, en cours de parution, dit de clôturer que « Ce verbe n’a pas d’emploi figuré. Dans le sens de terminer on ne doit pas utiliser clôturer mais clore ou des périphrases telles que mettre un terme à, mettre fin à ».Le verbe clore, comme le verbe boucler ne rend qu’imparfaitement l’idée de succès .Il fallait dire conclure la vente. En effet, conclure signifie «  f ixer définitivement, établir par un accord…conclure un marché ».

« Un vice président en charge de.. » : encore une traduction littérale  de l’anglais «.in charge of ».Il faut dire  responsable de ou chargé de comme dans les expressions un chargé d’affaires ou de mission.

« Il s’agit de choses relativement basiques » encore une mauvaise traduction de l’anglais « basic ».L’Académie dans la neuvième édition de son Dictionnaire limite l’emploi de l’adjectif basique à la chimie (= qui a les propriétés d’une base) et à la minéralogie (=roche ou sol de composition alcaline).Il fallait dire choses relativement élémentaires.

Voici quelques exemples de barbarismes aussi relevés :

« Faire du matching » :l’idée est de trouver des partenaires qui est l’usage premier du mot match en anglais quand il fit son apparition au XVIème siècle.Le mot matcher est un québécisme.Il faut dire assortir ou appareiller.

« Nos speakers » pourquoi éviter de dire « nos orateurs » ou « nos conférenciers”, mots qui ont le mérite d’être français?

« Panélistes » .Le mot panel existe en français. C’est un emprunt récent –années 1950- à l’anglais. Le mot anglais est emprunté à l’ancien français panel dont la racine est pan signifiant un morceau d’étoffe. Panel dans le sens de «coussinet de selle» est attesté dès 1160-74 et est devenu panneau en français moderne .Son sens a évolué en Angleterre pour désigner un morceau de parchemin  puis le parchemin sur lequel était inscrit la liste des jurés puis le jury lui-même. L’Académie est formelle : le mot panel en français « Ne doit être employé qu’en parlant de sondages d’opinions. ».Pour éviter le barbarisme qui consiste à utiliser le mot panel pour autre chose que des sondages d’opinion, il convient de dire table ronde ou réunion débat et les intervenants de nos tables rondes à la place de panéliste mot qui n’existe pas en français.

« Sponsor » : voici encore un emprunt au latin qui signifiait «  garant, répondant de quelqu’un » et en latin chrétien « parrain, marraine » .L’acception utilisée par calque sur l’anglais est un barbarisme si flagrant  que les arrêtés du 17 mars 1982 et du 24 janvier 1983 furent promulgués pour recommander l’usage de commanditaire pour éviter cet anglicisme (Néol.off.1988, nos 2093 et 409).A bon entendeur salut.

« Sponsoriser » : le mot propre est parrainer que l’Académie défini comme : « 1-soutenir de son influence ou de son autorité morale une personne, un projet ou une œuvre parrainer un comité de sauvegarde.2-Accorder son soutien financier à une entreprise, à une manifestation » .Il fallait donc dire parrainer au lieu de sponsoriser.

« Avoir du feedback en live » : pourquoi pas tout simplement « avoir des réactions en direct »?

« Les meetings one on one »:le mot meeting est ici un contresens puisque par définition un meeting en français n’est qu’ « une grande réunion publique ».Il s’agit donc d’un barbarisme doublé d’un solécisme.Il fallait bien sûr dire  les  «tête-à-tête» ou les « les réunions individuelles ».

Pourtant si des barbarismes tels que « faire un cost play », « un meeting de négociation «  ou encore le bottom line sont la patente manifestation d’un laisser-aller du plus mauvais aloi que dire du snobisme de certaines personnalités de la scène politique française qui dans leurs discours officiels crurent bien d’émailler leurs propos d’expressions anglaises telles que : « le fait d’être both ways « , »C’est good news..  » ou encore  « il ne faut pas voir les choses one way« . Laissons au lecteur le soin de juger (voir aussi  Le bon français et les bonnes résolutions )  .

Si le solécisme vient du nom d’une colonie d’Athéniens établis à Soles en Cilicie qui parlaient un mauvais patois, n’incombe-t-il pas aux membres du Cercle des Cadres Expatriés de cesser de parler un charabia dans lequel  mots français et anglais s’entrechoquent et choquent?

Hôtel Lambert: histoire d’une sauvegarde.

Comme le fait ressortir Thibault de Ravel d’Esclapon dans son article :“Heureux épilogue pour l’affaire de l’hôtel Lambert : les voies de l’amiable ” , l’hôtel Lambert, bijou d’architecture du Grand Siècle, sis à la proue de l’île Saint-Louis, a récemment fait couler beaucoup d’encre. Cet hôtel, site d’un roman d’Eugène Sue, fréquenté par Delacroix, Balzac, Chopin, Liszt et George Sand, fût vendu en 2007 par le baron de Rothschild au frère de l’émir du Qatar pour la bagatelle de 80 millions d’euros. Le nouveau propriétaire voulant faire de nombreux travaux dans cette demeure classée monument historique, une bagarre juridique livrée par l’association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris historique s’en est suivie. Le détail, et l’heureuse issue de celle-ci est relaté par Thibault de Ravel d’Esclapon que vous pouvez lire en cliquant ici.