Islam et tolérance:Discours du Pape Benoît XVI aux Chefs religieux musulmans à la mosquée Al-Hussein bin Talal

Dans l’essai « Tolérance, révérence et dhimmitude »,que vous trouverez dans la section Op Ed de ce journal, j’ai tenté´de répondre à la question : le monde musulman est-il capable de traiter le monde non-musulman avec un respect mutuel. Le discours prononcé à la mosquée Al-Hussein bin Talal d’Amman le 9mai par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI  brille par sa construction et  par la profondeur des questions abordées par le Souverain Pontife dont  le regard acéré et pénétrant impressionne. Espérons, comme Sa Sainteté, que le monde musulman pourra  abandonner le recours à la violence, éviter la « manipulation idéologique de la religion « ,reconnaître que la raison humaine doit être utilisée pour élargir nos horizons ,admettre que les droits humains universels signifient égalité entre les hommes et les femmes, que « le droit à la liberté religieuse dépasse la seule question du culte et inclut le droit – spécialement pour les minorités – d’avoir accès au marché de l’emploi et aux autres sphères de la vie publique »? Le Pape a fort bien posé le problème et clairement tracé la voie mettant en exergue  la coopération et le respect des droits humains universels. La balle est dans le camp musulman.

Discours du Pape Benoît XVI aux Chefs religieux musulmans, au Corps diplomatique et aux Recteurs d’Université.

Altesse Royale,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est une source de grande joie pour moi de vous rencontrer ce matin dans ce lieu magnifique. Je souhaite remercier le Prince Ghazi Ben Mohammed Ben Talal pour ses aimables paroles de bienvenue. Les nombreuses initiatives de Votre Altesse Royale en vue de promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel sont appréciées par le peuple du Royaume hachémite et sont très largement reconnues par la communauté internationale. Je sais que ces efforts reçoivent le soutien actif des autres membres de la famille royale comme du Gouvernement de la Nation, et qu’elles trouvent un large écho à travers de nombreuses initiatives de collaboration parmi les Jordaniens. Pour tout cela, je désire exprimer ma sincère admiration.

Des lieux de culte, comme cette splendide Mosquée Al-Hussein Ben Talal du nom du révéré Roi défunt, se dressent comme des joyaux sur la surface de la terre. Les anciens comme les modernes, les plus splendides comme les plus humbles, tous ces édifices nous orientent vers le Divin, l’Unique transcendant, le Tout-Puissant. A travers les siècles, ces sanctuaires ont attiré des hommes et des femmes dans leur espace sacré pour qu’ils s’arrêtent, qu’ils prient, pour qu’ils reconnaissent la présence du Tout-Puissant et pour qu’ils confessent que nous sommes tous ses créatures.

Pour cette raison, nous ne pouvons pas manquer d’être interpelés par le fait qu’aujourd’hui, avec une insistance croissante, certains affirment que la religion faillit dans son ambition à être, par nature, constructrice d’unité et d’harmonie, à être une expression de la communion entre les personnes et avec Dieu. Certains soutiennent même que la religion est nécessairement une cause de division dans notre monde ; et ils prétendent que moins d’attention est prêtée à la religion dans la sphère publique, mieux cela est. Certainement et malheureusement, l’existence de tensions et de divisions entre les membres des différentes traditions religieuses, ne peut être niée. Cependant, ne convient-il pas de reconnaître aussi que c’est souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions et, parfois même, des violences dans la société ? Face à cette situation, où les opposants à la religion cherchent non seulement à réduire sa voix au silence, mais à la remplacer par la leur, la nécessité pour les croyants d’être cohérents avec leurs principes et leurs croyances est ressentie toujours plus vivement. Musulmans et chrétiens, précisément à cause du poids de leur histoire commune si souvent marquée par les incompréhensions, doivent aujourd’hui s’efforcer d’être connus et reconnus comme des adorateurs de Dieu fidèles à la prière, fermement décidés à observer et à vivre les commandements du Très Haut, miséricordieux et compatissant, cohérents dans le témoignage qu’ils rendent à tout ce qui est vrai et bon, et toujours conscients de l’origine commune et de la dignité de toute personne humaine, qui se trouve au sommet du dessein créateur de Dieu à l’égard du monde et de l’histoire.

La détermination des éducateurs et des responsables civils et religieux jordaniens à s’assurer que le versant public de la religion reflète sa véritable nature, est digne d’éloge. Par l’exemple donné par des individus et des communautés, et par la prévision des cours et des programmes de formation, se met en évidence la contribution positive de la religion dans les secteurs éducatif, culturel, social et charitable de votre société civile. J’ai eu un exemple de première main de cet espoir. Hier, j’ai été le témoin du travail renommé en matière d’éducation et de réhabilitation du Centre Notre Dame de la Paix, où chrétiens et musulmans transforment la vie de familles entières, en les assistant pour que leurs enfants handicapés puissent prendre leur juste place dans la société. Plus tôt ce matin, j’ai béni la première pierre de l’Université de Madaba où de jeunes adultes chrétiens et musulmans bénéficieront côte à côte d’un enseignement universitaire, les rendant aptes à contribuer de façon appropriée au développement économique et social de leur nation. Les nombreuses initiatives de dialogue interreligieux soutenues par la famille royale, par la communauté diplomatique, et parfois entrepris en coordination avec le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux sont aussi dignes d’éloge. Cela inclut le travail actuel accompli par l’Institut Royal pour les Etudes Interreligieuses et pour la Croyance Islamique, le Message d’Amman de 2004, le Message interreligieux d’Amman de 2005 et, plus récemment, la lettre Common Word (Parole commune) qui faisait écho à un thème consonnant à celui de ma première Encyclique : le lien indissoluble entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et la nature fondamentalement contradictoire de l’usage de la violence et de l’exclusion au nom de Dieu (cf. Deus caritas est, n.16).

De telles initiatives conduisent clairement à une meilleure connaissance réciproque, et elles favorisent un respect grandissant à la fois pour ce que nous avons en commun et pour ce que nous comprenons différemment. Ainsi, devraient-elles pousser les Chrétiens et les Musulmans à explorer toujours plus profondément la relation essentielle entre Dieu et ce monde de telle façon que nous puissions nous efforcer d’assurer que la société s’établisse en harmonie avec l’ordre divin. A cet égard, la coopération développée ici en Jordanie est une illustration exemplaire et encourageante pour la région, et même pour le monde, de la contribution positive et créatrice que la religion peut et doit apporter à la société civile.

Chers amis, je désire aujourd’hui mentionner une tâche dont j’ai parlé à de nombreuses reprises et dont je crois fermement que Chrétiens et Musulmans peuvent la prendre en charge, particulièrement à travers leurs contributions respectives à l’enseignement et à l’éducation ainsi qu’au service public. Il s’agit du défi de développer en vue du bien, en référence à la foi et à la vérité, le vaste potentiel de la raison humaine. Les Chrétiens parlent en effet de Dieu, parmi d’autres façons, en tant que Raison créatrice, qui ordonnes et gouverne le monde. Et Dieu nous rend capables de participer à sa raison et donc d’accomplir, en accord avec elle, ce qui est bon. Les Musulmans rendent un culte à Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui a parlé à l’humanité. En tant que croyants au Dieu unique, nous savons que la raison humaine est elle-même un don de Dieu et qu’elle s’élève sur les cimes les plus hautes quand elle est éclairée par la lumière de la vérité divine. En fait, quand la raison humaine accepte humblement d’être purifiée par la foi, elle est loin d’en être affaiblie ; mais elle en est plutôt renforcée pour résister à la présomption et pour dépasser ses propres limitations. De cette façon, la raison humaine est stimulée à poursuivre le noble but de servir le genre humain, en traduisant nos aspirations communes les plus profondes et en élargissant le débat public, plutôt qu’en le manipulant ou en le confinant. Ainsi, l’adhésion authentique à la religion – loin de rendre étroits nos esprits – élargit-elle l’horizon de la compréhension humaine. Elle protège la société civile des excès de l’égo débridé qui tend à absolutiser le fini et à éclipser l’infini, elle assure que la liberté s’exerce « main dans la main » avec la vérité, et elle enrichit la culture avec des vues relatives à tout ce qui est vrai, bon et beau.

Cette manière de concevoir la raison, qui pousse continuellement l’esprit humain au-delà de lui-même dans la quête de l’Absolu, constitue un défi ; elle oblige à la fois à l’espérance et à la prudence. Chrétiens et Musulmans sont poussés, ensemble, à rechercher tout ce qui est juste et vrai. Nous sommes liés pour dépasser nos propres intérêts et pour encourager les autres, les fonctionnaires et les responsables en particulier, à agir de même pour faire leur la profonde satisfaction de servir le bien commun, même s’il doit en coûter personnellement. N’oublions pas que parce que c’est notre commune dignité humaine qui donne naissance aux droits humains universels, ceux-ci valent également pour tout homme et toute femme, quelque soit sa religion et quelque soit le groupe ethnique ou social auquel il appartienne. À cet égard, nous devons noter que le droit à la liberté religieuse dépasse la seule question du culte et inclut le droit – spécialement pour les minorités – d’avoir accès au marché de l’emploi et aux autres sphères de la vie publique.

Avant de vous quitter, je voudrais ce matin mentionner de manière spéciale la présence parmi nous de Sa Béatitude Emmanuel III Delly, Patriarche de Bagdad, que je salue chaleureusement. Sa présence me conduit à faire mémoire du peuple voisin, celui d’Iraq, dont de nombreux membres ont trouvé refuge ici en Jordanie. Les efforts de la communauté internationale pour promouvoir la paix et la réconciliation, conjugués à ceux des responsables locaux, doivent continuer afin de porter des fruits dans la vie des Iraquiens. Je souhaite exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui sont engagés dans les efforts pour renouer la confiance et pour rebâtir les institutions et les infrastructures nécessaires au bien-être de ce pays. Et, une fois encore, j’invite avec insistance les diplomates et la communauté internationale qu’ils représentent, ainsi que les responsables politiques et religieux locaux, à faire tout ce qui est possible pour assurer à l’antique communauté chrétienne de cette noble terre ses droits fondamentaux à une coexistence pacifique avec l’ensemble des autres citoyens.

Chers amis, je crois que les sentiments que j’ai exprimés aujourd’hui nous donnent une espérance renouvelée face à l’avenir. Notre amour et notre service devant le Tout Puissant s’expriment non seulement dans notre culte mais aussi dans notre amour et notre préoccupation pour les enfants et les jeunes – vos familles – et tous les Jordaniens. C’est pour eux que vous travaillez et ce sont eux qui motivent votre exigence de placer le bien de toute personne humaine au cœur des institutions, des lois et des travaux de la société. Puisse la raison, humble et ennoblie par la grandeur de la vérité de Dieu, continuer à modeler la vie et les institutions de ce pays, de telle sorte que les familles puissent prospérer et que tous puissent vivre en paix, en contribuant à la culture qui donne son unité à ce grand royaume et en la faisant grandir !

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Tolerance and Islam:The Pope’s speech at the Al-Hussein bin Talal mosque in Amman

In my essay « Tolerance, reverence and dhimmitude » ,see below,I examined whether the Muslim world is capable of dealing with non-Muslims with « mutual respect ». The Pope’s speech today at the Al Hussein bin Talal mosque in Amman, Jordan, reproduced below, is brilliant and deeply perceptive in the points he makes. The ball is now squarely in the Muslim world’s camp.As  his Holiness, and we all, hope ,can the Muslim world abandon the idea that violence is an answer, that the manipulation of religion for political aims is wrong, that the reason with which we are endowed should allow us to widen horizons, that universal human rights dictate equality between men and women and freedom to practice one’s religion as well as equal employment opportunities irrespective of religion. Here is the Pope’s speech:

Your Royal Highness,

Your Excellencies,

Distinguished Ladies and Gentlemen,

It is a source of great joy for me to meet with you this morning in this magnificent setting. I wish to thank Prince Ghazi Bin Muhammed Bin Talal for his kind words of welcome. Your Royal Highness’s numerous initiatives to promote inter-religious and inter-cultural dialogue and exchanges are appreciated by the people of the Hashemite Kingdom and they are widely respected by the international community. I know that these efforts receive the active support of other members of the Royal Family as well as the nation’s government, and find ample resonance in the many initiatives of collaboration among Jordanians. For all this, I wish to express my own heartfelt admiration.

Places of worship, like this splendid Al-Hussein Bin Talal mosque named after the revered late King, stand out like jewels across the earth’s surface. From the ancient to the modern, the magnificent to the humble, they all point to the divine, to the Transcendent One, to the Almighty. And through the centuries these sanctuaries have drawn men and women into their sacred space to pause, to pray, to acknowledge the presence of the Almighty, and to recognize that we are all his creatures.

For this reason we cannot fail to be concerned that today, with increasing insistency, some maintain that religion fails in its claim to be, by nature, a builder of unity and harmony, an expression of communion between persons and with God. Indeed some assert that religion is necessarily a cause of division in our world; and so they argue that the less attention given to religion in the public sphere the better. Certainly, the contradiction of tensions and divisions between the followers of different religious traditions, sadly, cannot be denied. However, is it not also the case that often it is the ideological manipulation of religion, sometimes for political ends, that is the real catalyst for tension and division, and at times even violence in society? In the face of this situation, where the opponents of religion seek not simply to silence its voice but to replace it with their own, the need for believers to be true to their principles and beliefs is felt all the more keenly. Muslims and Christians, precisely because of the burden of our common history so often marked by misunderstanding, must today strive to be known and recognized as worshippers of God faithful to prayer, eager to uphold and live by the Almighty’s decrees, merciful and compassionate, consistent in bearing witness to all that is true and good, and ever mindful of the common origin and dignity of all human persons, who remain at the apex of God’s creative design for the world and for history.

The resolve of Jordanian educators and religious and civic leaders to ensure that the public face of religion reflects its true nature is praiseworthy. The example of individuals and communities, together with the provision of courses and programs, manifest the constructive contribution of religion to the educational, cultural, social and other charitable sectors of your civic society. Some of this spirit I have been able to sample at first hand. Yesterday, I experienced the renowned educational and rehabilitation work of the Our Lady of Peace Centre where Christians and Muslims are transforming the lives of entire families, by assisting them to ensure that their disabled children take up their rightful place in society. Earlier this morning, I blessed the foundation stone of Madaba University where young Muslim and Christian adults will side by side receive the benefits of a tertiary education, enabling them to contribute justly to the social and economic development of their nation. Of great merit too are the numerous initiatives of inter-religious dialogue supported by the Royal Family and the diplomatic community and sometimes undertaken in conjunction with the Pontifical Council for Inter-religious Dialogue. These include the ongoing work of the Royal Institutes for Inter-faith studies and for Islamic Thought, the Amman Message of 2004, the Amman Interfaith Message of 2005, and the more recent Common Word letter which echoed a theme consonant with my first encyclical: the unbreakable bond between love of God and love of neighbor, and the fundamental contradiction of resorting to violence or exclusion in the name of God (cf. Deus Caritas Est, 16).

Such initiatives clearly lead to greater reciprocal knowledge, and they foster a growing respect both for what we hold in common and for what we understand differently. Thus, they should prompt Christians and Muslims to probe even more deeply the essential relationship between God and his world so that together we may strive to ensure that society resonates in harmony with the divine order. In this regard, the co-operation found here in Jordan sets an encouraging and persuasive example for the region, and indeed the world, of the positive, creative contribution which religion can and must make to civic society.

Distinguished friends, today I wish to refer to a task which I have addressed on a number of occasions and which I firmly believe Christians and Muslims can embrace, particularly through our respective contributions to learning and scholarship, and public service. That task is the challenge to cultivate for the good, in the context of faith and truth, the vast potential of human reason. Christians in fact describe God, among other ways, as creative Reason, which orders and guides the world. And God endows us with the capacity to participate in his reason and thus to act in accordance with what is good. Muslims worship God, the Creator of Heaven and Earth, who has spoken to humanity. And as believers in the one God we know that human reason is itself God’s gift and that it soars to its highest plane when suffused with the light of God’s truth. In fact, when human reason humbly allows itself to be purified by faith, it is far from weakened; rather, it is strengthened to resist presumption and to reach beyond its own limitations. In this way, human reason is emboldened to pursue its noble purpose of serving mankind, giving expression to our deepest common aspirations and extending, rather than manipulating or confining, public debate. Thus, genuine adherence to religion – far from narrowing our minds – widens the horizon of human understanding. It protects civil society from the excesses of the unbridled ego which tend to absolutize the finite and eclipse the infinite; it ensures that freedom is exercised hand in hand with truth, and it adorns culture with insights concerning all that is true, good and beautiful.

This understanding of reason, which continually draws the human mind beyond itself in the quest for the Absolute, poses a challenge; it contains a sense of both hope and caution. Together, Christians and Muslims are impelled to seek all that is just and right. We are bound to step beyond our particular interests and to encourage others, civil servants and leaders in particular, to do likewise in order to embrace the profound satisfaction of serving the common good, even at personal cost. And we are reminded that because it is our common human dignity which gives rise to universal human rights, they hold equally for every man and woman, irrespective of his or her religious, social or ethnic group. In this regard, we must note that the right of religious freedom extends beyond the question of worship and includes the right – especially of minorities – to fair access to the employment market and other spheres of civic life.

Before I leave you this morning I would like to acknowledge in a special way the presence among us of His Beatitude Emmanuel III Delly, Patriarch of Baghdad, whom I greet most warmly. His presence brings to mind the people of neighboring Iraq many of whom have found welcome refuge here in Jordan. The international community’s efforts to promote peace and reconciliation, together with those of the local leaders, must continue in order to bear fruit in the lives of Iraqis. I wish to express my appreciation for all those who are assisting in the endeavors to deepen trust and to rebuild the institutions and infrastructure essential to the well-being of that society. And once again, I urge diplomats and the international community they represent together with local political and religious leaders to do everything possible to ensure the ancient Christian community of that noble land its fundamental right to peaceful coexistence with their fellow citizens.

Distinguished friends, I trust that the sentiments I have expressed today will leave us with renewed hope for the future. Our love and duty before the Almighty is expressed not only in our worship but also in our love and concern for children and young people – your families – and for all Jordanians. It is for them that you labor and it is they who motivate you to place the good of every human person at the heart of institutions, laws and the workings of society. May reason, ennobled and humbled by the grandeur of God’s truth, continue to shape the life and institutions of this nation, in order that families may flourish and that all may live in peace, contributing to and drawing upon the culture that unifies this great Kingdom! Thank you very much!