Sardonian or sardonic: a botanico-etymological inquiry

Searching for the origins of words leads one to interesting results. A case in point are the related words sardonian and sardonic.

According to Collins’ English dictionary, sardonian means “a person who flatters with harmful or deadly intent” while Webster’s (1913 Ed.) defines sardonic as:” Forced; unnatural; insincere; hence, derisive, mocking, malignant, or bitterly sarcastic; – applied only to a laugh, smile, or some facial semblance of gayety.” For Webster’s, sardonian is an older word, synonym of sardonic.

The word sardonic, attested in English first in 1638 in Sir Thomas Herbert’s Works, was borrowed from the French sardonique ( Chambers Dictionary of Etymology, sub nom. Sardonic 1988). The French word sardonien appeared first in 1579 in the book of poems Regrets by Joachin du Bellay and then in the works of the famous physician Ambroise Paré (1580 Œuvres, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 3, p. 334 et 385). Both authors used it in the expression ris sardonien (sardonian laughter). The word sardonien became sardonique shortly after.

The word was borrowed from the Latin sardonicus risus itself a Latinization of the Greek Σαρδόνιος (sardonios=bitter or scornful laughter). The Greek word designated originally someone from Sardinia, hence the surname Sardone (http://www.tuttiicognomi.com/cognomi-S.htm).How the word came to take the meaning of bitter or scornful goes back to Homer (Oxford Dictionary of Fables and Phrases). Homer knew of the plant called sardonion or herba sardonia in Latin, i.e., the sardonian herb , a species of ranunculus (ranunculus sceleratus or apium risus), which when eaten or drunk causes facial convulsions resembling those that accompany bitter or scornful laughter ( Chambers, supra,  A. Rey Dictionnaire historique de la langue française sub nom. sardonique).The original Greek comes from  the Indo-European root*sward=laughter found also in Celtic languages such as Cornish ( hwerthin) and Middle Breton ( huersin) meaning to laugh .

The cure for ingestion of sardonion was given thusly by the most important Greek physician of his day ( before 700 B.C.) Paulus Aegineta  : “[i]t will be proper to give honied water and milk, with embrocations and lubrications of the whole body, by calefacient remedies; and to have recourse to hot-baths of hot oil and water, and to anoint properly and rub them after the baths..”( The Seven Books of Paulus Aegineta translated from the Greek by Francis Adams, vol.2,p.235-6 London 1844). One can think of other pleasant uses of such a cure without having to deal with any sardonion or sardonian unpleasantness.

Glamour et grammaire

“Cocktail explosif, Marina a deux âmes, l’une radicale, l’autre glamour” (« Marina Abramovic, le gourou de la performance » Le Magazine du Monde 10 janvier 2014), “Que rêver de mieux pour la presse populaire qui trouve là des images, des récits et du glamour à tous les étages ? » (Le Point 10 janvier 2014 « Comment la presse people a déshabillé les politiques »). Que signifie ce mot « glamour » que l’on retrouve depuis le 1er janvier dans 4 articles du journal Le Monde, dans 5 articles de Libération et dans 6 articles dans le Point ?

C’est en vain que l’on peut chercher le mot dans la dernière édition du Dictionnaire de l’Académie française ou dans le Trésor de la langue française[1]. Selon Le Dictionnaire culturel en langue française (Alain Rey Ed. Robert) le mot est un emprunt à l’anglais datant de 1970 signifiant « charme (dans le domaine du spectacle, de la mode) ».Le Larousse version électronique nous informe que ce nom masculin vient de l’anglais (= séduction) et signifie « Type de sex-appeal sophistiqué, caractéristique de certaines stars hollywoodiennes  (Rita Hayworth, Lana Turner etc.,). De même, le Petit Robert informatique donne le sens de « Charme sophistiqué (dans le domaine du spectacle, de la mode) ».

En anglais moderne glamour  a le sens de «  qualité très excitante et attrayante, attirance romantique excitante et souvent illusoire » (Merriam-Webster).Ce sens moderne est récent : il date des années 1870.Au XVIIIème siècle les poètes écossais comme Allan Ramsay utilisaient le mot « glamour » dans le sens de « sortilège fascinant particulièrement pour tromper les yeux »[2] A cette époque, on jetait un glamour. C’est le grand auteur écossais Sir Walter Scott qui  a introduit le mot glamour dans la littérature anglaise dans son poème The Lay of the Last Minstrel (1805) .Le gobelin Page jette un sort : « It had much of glamour might »[3] le mot ayant ici le sens de « délusion induite par magie ».

Le mot  glamour provient de l’anglo-normand glomerie qui signifiait grammaire.

Pour comprendre comment on est passé de grammaire à enchantement ou sortilège il faut se reporter au sens du mot grammaire en ancien et en moyen français. Au XIIème siècle grammaire et grimoire orthographiés gramaire et gramoire étaient utilisés indifféremment [4] .Le premier usage attesté de gramaire comme livre savant est dans le Bestiaire écrit par le poète anglo-normand Philippe de Thaon vers 1125 à la cour d’Henri Ier  fils de Guillaume le Conquérant : « PHILIPPE de Taun en Franceise raisun Ad estrait Bestiaire, un livere de gramaire[5] ». Comme la grammaire latine était  inintelligible pour le commun des mortels le mot a acquis la connotation  d’ouvrage dont le sens paraissait secret relevant de la magie. Ainsi, un gramaire signifiait à la fois un grammairien, un savant et un magicien[6] . le  gramoire du XIIème siècle est devenu grymoire au XIIIème s. avec le sens de livre de sorcellerie[7].

Le gramaire de l’ancien français apparait aussi outre- Manche sous le nom de gramerye (prononcé grammerie). C’est par dissimilation que le  premier /r /de gramerye, consonne liquide, s’est transformé en / l /autre consonne liquide également voisée, de la même manière que le /r/ du latin peregrinus (= étranger) est devenu /l/ pour donner pèlerin  et pilgrim en anglais[8].On retrouve l’association glomerie/grammaire dans l’office de Magister Glomeriae qui figure dans la charte de l’université Cambridge[9]. Ce dernier avait pour fonction la supervision des « grammar schools » dont les élèves étaient des glomerelli. En Moyen Anglais (1154-1485) le mot gramerye[10], comme le mot grammaire en moyen français (1340-1611), signifie à la fois « grammaire » et  «  magie, sciences occultes »[11].Comme gramaire et grymoire  furent longtemps très proches, sinon interchangeables, le moyen français ajoutait au sens traditionnel d’  « ensemble de règles pour le bien parler et le bien écrire » la connotation  d’ouvrage dont la lecture permettait d’invoquer le diable.

S’il a fallu attendre 1840 pour que le mot glamour en anglais acquière le sens de beauté magique, charme séduisant, on peut supposer que les écoliers d’aujourd’hui, adeptes du style télégraphique en vogue dans les communications électroniques, pensent, comme leurs ancêtres moyenâgeux, que la grammaire a quelque chose de diabolique !


[1] Dans la définition de l’adjectif « équivalent »  une citation de 1928 indique que « « glamour » est sans équivalent dans notre langue », citation reprise dans la définition du mot « lexique ».

[2] The Poems of Allan Ramsay vol.2 Allan Ramsay, George Chalmers, Lord A. Woodhouselee (1877) glossaire p.xi, fable “The Monk and the Miller’s Wife”: “Lest glamour had beguil’d his een” p.365.Cf. aussi Stephen Gundle Glamour, a History Oxford University Press 2008

[3] Canto 3 vers 103

[4] Greimas Dictionnaire de l’ancien francais

[5] « Philippe de Thaun a traduit en français le Bestiaire un livre de grammaire”

[6] Godefroy Lexique de l’ancien francais

[7] Dubois, Mitterrand et Dauzat Dictionnaire d’étymologie, Larousse: « grimoire XIIe (gra-) ; XIIIe Fabliau (gri-) var. labialisée de grammaire »

[8]On est passé d’abord à pelegrin qui a donné pèlerin et  pilgrim. La forme latine se retrouve dans “pérégrin” et  «  faucon pérégrin »

[9] Hastings Rashdall The Universities of Europe in the Middle Ages: pt. 2 English Universities (1895) p.555 et n.3

[10] Concise Oxford Dictionary of Etymology

[11] Greimas et Keane Dictionnaire du moyen français Larousse

Le bon usage: “vicinité” ou “proximité”?

Dans un récent courriel, Antoine informait ses correspondants qu’il recherchait un restaurant « dans la vicinité des pistes de ski ».Si le mot vicinité évoque le mot anglais vicinity, est-il français ? Malheureusement il ne l’est plus mais ce mot, devenu un barbarisme, va nous permettre de découvrir les liens entre les mots vicinal, paroisse, ville, économie, œcuménique, vilain, et écologie !

En ancien français, c’est-à-dire, dans le français en usage entre la Chanson de Roland (1080) et 1340, le mot vicinité existait bel et bien, signifiant, depuis son apparition au XIIème siècle, « voisinage, proximité ».Le mot vient du latin uicinus qui signifiait « venant du même quartier ou du même village » .

L’emploi du mot vicinité est devenu de plus en plus rare en moyen français (1340-1611) pour disparaître complètement en français moderne. Il n’est pas dans la 1ère édition de 1694 du Dictionnaire de l’Académie française et le mot vicinal, qui désigne les chemins reliant les villages, n’apparaît la première fois que dans l’édition de 1835 ! C’est d’ailleurs le seul sens admis pour ce mot ! Auparavant, au XVIème siècle par exemple, c’était le mot voisinal qui était utilisé dans le même sens.

En anglais, le mot, emprunté à l’ancien français, fait son apparition vers 1560 pour signifier quartier, voisinage, sens qu’il a conservé encore aujourd’hui.

Le mot latin uicinus[i], dérivé de uicus =pâté de maisons qui venait lui-même du grec. οκος =maison .La racine proto-indo-européenne, u̯eik̂-, u̯ik̂-, u̯oik̂o- (*du̯ei- kṣayati) ,signifie maison, habitation elle-même dérivée de k̂Þei- racine reprenant l’idée de sédentarisation et même d’accession à la propriété ( racine kÞē(i)-, kÞǝ(i)-).C’est ce qui explique que dans les très vieilles langues dérivées du proto-indo-européen, comme le sanscrit ou le vieil hindou on retrouve des mots formés sur la racine vis dont certains signifient maisons ou habitation (víś-), d’autres citoyens (víśaḥ) ou encore propriétaire de maison (viś-páti-)[ii].

Du grec οκος est venu le mot p£roikoj = celui qui habite près de d’où paroisse et le mot anglais parochial =qui a trait à une paroisse, ainsi que les mots économie, œcuménique et écologie !

Du latin uicus est dérivé le mot latin villa qui signifiait d’abord maison de campagne puis village et ville sans oublier vilain !


[i] Rappelons à nos jeunes lecteurs qu’en latin la lettre “v” était prononcée “w” :c’est pourquoi les dictionnaires étymologiques du latin, et des langues qui le précédèrent, souvent substituent un « u » à la place du « v ».

[ii] A Proto-Indo-European Language Lexicon, and an Etymological Dictionary of Early Indo-European Languages,http://dnghu.org/indoeuropean.html ,une banque de données établie à partir de J. Pokorny “Indogermanisches Etymologisches Wörterbuch”, corrigé par George Starostin (Moscow), A. Lubotsky sub nomine u̯eik̂-, u̯ik̂-, u̯oik̂o- (*du̯ei- kṣayati)

Valentine’s Day and the takeover of pagan festivals by the Church

The celebration of Valentine’s Day on February 14 provides us with an opportunity to think about the symbolism of the pagan festivals that were taken over by the Church.

Today, Valentine’s Day is the symbol of lovers, thus, indirectly, the symbol of fertility. According to tradition, Roman Emperor Claudius the Cruel had banned marriages amongst young people on the grounds that married young men were reluctant to enlist in the Roman army. Valentine, a Catholic priest, disobeyed the ban and continued to perform marriages amongst young people. Caught, and condemned by the prefect, he was sentenced to be beaten and beheaded. According to tradition, the sentence was carried out on February 14 of either year 270 or 278. In fact, the very serious Catholic Encyclopedia tells us that there were at least three St. Valentines all martyred on February 14 but in three different places!

 

In ancient Rome February 14 was right in the middle of the festival of the Lupercalia (February 13 – 15). This festival, marking the end of the Roman year, was a celebration of purification, health and fertility. It was celebrated in a cave, most likely situated at the foot of Palatine Hill, called the Lupercal in honor of Lupercus, god of shepherds. The ritual involved the sacrifice of a he-goat by priests clad in goatskins who then anointed two young men, of patrician families, by daubing them with the blood of the sacrificed goat whose skin was then cut up in strips. Upon washing away the sacrificial blood, the youths were to burst out laughing, dress in goatskins and then run, more or less naked, through the streets of Rome using the strips of goatskin to flagellate any woman desiring to bear child within the year!

 

The festival harked back to an even older ritual, one of spring cleaning called Februa, hence the name of the month of February. Thus, beyond purification, the ritual is also a rite of passage: the sacrifice in the cave is of course a symbol of death (remember the initiation rites in the Magic Flute) and the laughter outburst a symbol of resurrection while the he-goat symbolizes fertility.

 

In spite of the ban on pagan festivals in a Rome that had become largely Christian, the festival of Lupercalia continued to coexist with Christianity during several centuries. However, in the fifth century, Pope Gelasius the first (494 – 496) thought that, since the Lupercalia was at that time only observed by the rabble, the original purpose no longer warranted its continued existence. So, he decided to ban the Lupercalia, ordering its replacement by the feast of St. Valentine.

 

The setting of Christmas on December 25th is another example of appropriation of a pagan festival by the Church. The date was chosen to supplant the most important feast of the mithraic cult, that of sol invictus or Natalis invicti. The mithraic cult, widespread in Rome and in Asia Minor in the third and fourth centuries, celebrated by that festival the return of the sun triumphing over the winter night. In the Christian world, the setting of Christmas on December 25 occurred sometime during the fourth century. Pope Benedict XVI considers that it was natural to set Christmas on December 25 since it occurs nine months after the Annunciation! Given the number of Church Fathers who have thought that the relation between sol invictus and Christmas is established, we may wonder whether the date of March 25 for the Annunciation is itself either an arbitrary date or an exercise in bootstrapping: after having set Christmas at December 25 why not set the date of the Annunciation at March 25, nine months before!

 

Valentine’s Day and Christmas on not the only two Christian feasts that have supplanted pagan festivals. While there are numerous other examples, let us examine only two additional ones: Rogation Days and the feast of San John the Baptist.

The Rogation Days where instituted by the Church to appease God’s anger at man’s transgressions and to obtain bountiful harvests. In England, these days where known as “Gang Days » and “Cross Week », and in Germany as it Bittage, Bittwoche, Kreuzwoche. There were two Rogation Days: the Major Rogation Day on April 25 and the Minor Rogation Days which occurred during the three days preceding the feast of the Ascension. According to the Catholic Encyclopedia, the Rogation Days « have been introduced to counteract the ancient Robigalia, on which the heathens held processions and supplications to their gods » for bountiful harvests and, in the case of Minor Rogation Days, for the avoidance of late frosts. In Rome, the Robigalia were held on the same days as the Major and Minor Rogations and the Major Rogation Day procession used the same itinerary in the city of Rome as did the supplanted pagan festival!

 

As a last example of appropriation, let us examine the one pagan festival that resisted for a very long time its supplantation by a Christian feast: the Scandinavian feast of the summer solstice on June 21. Today, the feast of St. John the Baptist on the same day has replaced it.

 

It is interesting, as well as enriching, to think back on the symbolism of the pagan festivals that have been supplanted by Christian feasts.

 

La Saint-Valentin et l’appropriation des fêtes païennes par l’Église

La fête de la Saint-Valentin est pour nous l’occasion de réfléchir aux fêtes païennes que l’Église par la suite a transformées en fêtes chrétiennes. Traditionnellement, la Saint-Valentin, aujourd’hui symbole des amoureux et donc indirectement de la fertilité, commémore les actions du prêtre Valentin à Rome lorsque l’empereur Claudius II Le Cruel avait interdit les mariages au motif que les jeunes gens mariés ne s’enrôlaient plus dans l’armée romaine. Valentin avait désobéi au décret et avait continué à célébrer le mariage de jeunes gens. Arrêté, puis condamné par le préfet, il fut d’abord roué de coups et puis décapité. Cette sentence fut exécutée le 14 février de l’an 270 ou 278. En fait, selon la très sérieuse Catholic Encyclopedia, l’origine et l’identité de Saint-Valentin relèvent du mystère puisque selon les Vies des martyrs antiques, il y aurait eu au moins trois Saint-Valentin tous martyrisés le 14 février mais dans des lieux différents !

Dans la Rome antique, le 14 février se situait au milieu de la fête des Lupercales (13-15 février). Cette fête de la fin de l’année romaine était une fête de purification, de santé et de fertilité. Elle se célébrait près d’une grotte appelée le Lupercal, probablement située au pied du Mont Palatin, en l’honneur du dieu des troupeaux Faunus Lupercus. Le rituel de la fête prévoyait le sacrifice d’un bouc dans la grotte où selon la légende la louve avait allaité Romulus et Remus. Après le sacrifice, les deux jeunes patriciens qui assistaient uniquement vêtus d’une peau de bouc, se faisaient toucher le front par le prêtre sacrificateur avec le couteau sacrificateur puis celui-ci enlevait le sang et alors les jeunes gens avaient l’obligation de rire aux éclats. Ensuite, armés de lanières de peau de bouc, les jeunes gens se mettaient à courir nus dans Rome, fouettant les femmes qui souhaitaient avoir un enfant dans l’année.

La fête reprenait un rituel plus ancien encore de nettoyage de printemps appelé Februa d’où le nom du mois de février. Ainsi, outre la purification, le rituel est aussi un rituel de passage : le sacrifice dans la grotte est bien entendu symbolique de la mort, le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise la résurrection et le bouc la fertilité.

Malgré l’interdiction des fêtes païennes dans une Rome devenue largement chrétienne, la fête des Lupercales continua à coexister avec le christianisme pendant de nombreux siècles mais au cinquième siècle, le pape Gélase Ier (494-496) estimant que la fête des Lupercales n’était plus observée que par le bas peuple a décidé d’interdire celle-ci et de la remplacer formellement par la fête de la Saint-Valentin.

La fixation de la fête de Noel au 25 décembre est un autre exemple d’appropriation : la date a été fixée pour supplanter la fête du culte mithriaque du sol invictus ou du Natalis Invicti. Le culte mithriaque, très répandu à Rome et en Asie Mineure au troisième et quatrième siècles, célébrait par cette fête le retour du soleil qui triomphait de la nuit de l’hiver. Dans le monde chrétien, la fixation de Noël au 25 décembre ne s’est effectuée au cours du quatrième siècle. Le Pape Benoît XVI considère que la fixation au 25 décembre est naturelle : c’est 9 mois après l’Annonciation !Au vu des nombreux auteurs, Pères de l’Église, qui ont estimé la relation entre le sol invictus et Noel comme établie, on peut aussi se demander, si la date du 25 mars pour l’Annonciation n’est pas aussi une date de convenance plutôt qu’une date historiquement prouvée.

Comme le fait remarquer l’historienne Anne Morelli, la fête de la Saint-Valentin est loin d’être la seule fête païenne à avoir été reprise par l’église catholique. Dans son intéressant article « La réinterprétation chrétienne des fêtes antérieures au christianisme » (cliquez ici pour lire l’article), elle souligne que les rogations et les litanies sont à l’origine des fêtes romaines connues sous le nom d’ambarvalla. Les rogations sont des prières publiques pour attirer la bénédiction divine sur les récoltes. La grande rogation est célébrée le 25 avril, fête de la Saint Marc. À cette date, à Rome, il y avait une grande procession qui sortait de Rome et lorsque le la fête païenne fut supplantée par la grande rogation celle-ci a continué d’emprunter le même itinéraire ! Les petites rogations, ou litanies, avaient lieu les trois jours précédents l’Ascension et correspondent à l’époque des gelées tardives que redoutent tant les agriculteurs.

Anne Morelli ne se contente pas de répertorier les fêtes romaines ou mithriaques qui ont été appropriées par le christianisme mais souligne à en outre l’importance des fêtes païennes venant de la Scandinavie et, bien entendu, de l’héritage judaïque. C’est ainsi qu’elle rappelle que la fête du solstice d’été le 21 juin a très longtemps résisté avant d’être reprise par le christianisme devenu la fête des feux de la Saint-Jean.

Ainsi, réfléchir au symbolisme des fêtes païennes qui ont pu être supplantées par les fêtes chrétiennes est un exercice intéressant et enrichissant.

 

La fête de la Saint-Valentin est pour nous l’occasion de réfléchir aux fêtes païennes que l’Église par la suite a transformées en fêtes chrétiennes. Traditionnellement, la Saint-Valentin, aujourd’hui symbole des amoureux et donc indirectement de la fertilité, commémore les actions du prêtre Valentin à Rome lorsque l’empereur Claudius II Le Cruel avait interdit les mariages au motif que les jeunes gens mariés ne s’enrôlaient plus dans l’armée romaine. Valentin avait désobéi au décret et avait continué à célébrer le mariage de jeunes gens. Arrêté, puis condamné par le préfet, il fut d’abord roué de coups et puis décapité. Cette sentence fut exécutée le 14 février de l’an 270 ou 278. En fait, selon la très sérieuse Catholic Encyclopedia, l’origine et l’identité de Saint-Valentin relève du mystère puisque selon les Vies des martyrs antiques, il y aurait eu au moins trois Saint-Valentin tous martyrisés le 14 février mais dans des lieux différents !

Dans la Rome antique, le 14 février se situait au milieu de la fête des Lupercales (13-15 février). Cette fête de la fin de l’année romaine était une fête de purification, de santé et de fertilité. Elle se célébrait près d’une grotte appelée le Lupercal, probablement située au pied du Mont Palatin, en l’honneur du dieu des troupeaux Faunus Lupercus. Le rituel de la fête prévoyait le sacrifice d’un bouc dans la grotte où selon la légende la louve avait allaité Romulus et Remus. Après le sacrifice, les deux jeunes patriciens qui assistait uniquement vêtus d’une peau de bouc, se faisait toucher le front par le prêtre sacrificateur avec le couteau sacrificateur puis celui-ci enlevait le sang et alors les jeunes gens avait l’obligation de rire aux éclats. Ensuite, armés de lanières de peau de bouc, les jeunes gens se mettaient à courir nus dans Rome, fouettant les femmes qui souhaitaient avoir un enfant dans l’année.

La fête reprenait un rituel plus ancien encore de nettoyage de printemps appelé Februa d’où le nom du mois de février. Ainsi, outre la purification, le rituel est aussi un rituel de passage : le sacrifice dans la grotte est bien entendu symbolique de la mort, le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise la résurrection et le bouc la fertilité.

Malgré l’interdiction des fêtes païennes dans une Rome devenue largement chrétienne, la fête des Lupercales continua à coexister avec le christianisme pendant de nombreux siècles mais au cinquième siècle, le pape Gélase Ier (494-496) estimant que la fête des Lupercales n’était plus observée que par le bas peuple a décidé d’interdire celle-ci et de la remplacer formellement par la fête de la Saint-Valentin.

La fixation de la fête de Noel au 25 décembre est un autre exemple d’appropriation : la date a été fixée pour supplanter la fête du culte mithriaque du sol invictus ou du Natalis Invicti. Le culte mithriaque, très répandu à Rome et en Asie Mineure au troisième et quatrième siècle, célébrait par cette fête le retour du soleil qui triomphait de la nuit de l’hiver. Dans le monde chrétien, la fixation de Noël au 25 décembre ne s’est effectuée au cours du quatrième siècle. Le Pape Benoît XVI considère que la fixation au 25 décembre est naturelle : c’est 9 mois après l’Annonciation !Au vu des nombreux auteurs, Pères de l’Église, qui ont estimé la relation entre le sol invictus et Noel comme établie, on peut aussi se demander, si la date du 25 mars pour l’Annonciation n’est pas aussi une date de convenance plutôt qu’une date historiquement prouvée.

Comme le fait remarquer l’historienne Anne Morelli, la fête de la Saint-Valentin est loin d’être la seule fête païenne à avoir été reprise par l’église catholique. Dans son intéressant article « La réinterprétation chrétienne des fêtes antérieures au christianisme » (cliquez ici pour lire l’article), elle souligne que les rogations et les litanies sont à l’origine des fêtes romaines connues sous le nom d’ambarvalla. Les rogations sont des prières publiques pour attirer la bénédiction divine sur les récoltes. La grande rogation est célébrée le 25 avril, fête de la Saint Marc. À cette date, à Rome, il y avait une grande procession qui sortait de Rome et lorsque le la fête païenne fut supplantée par la grande rogation celle-ci a continué d’emprunter le même itinéraire ! Les petite rogations, ou litanies, avait lieu les trois jours précédents l’Ascension et correspondent à l’époque des gelées tardives que redoutent tant les agriculteurs.

Anne Morelli ne se contente pas de répertorier les fêtes romaines ou mithriaques qui ont été appropriées par le christianisme mais souligne à en outre l’importance des fêtes païennes venant de la Scandinavie et, bien entendu, de l’héritage judaïque. C’est ainsi qu’elle rappelle que la fête du solstice d’été le 21 juin à très longtemps résisté avant d’être reprise par le christianisme devenu la fête des feux de la Saint-Jean.

Ainsi, réfléchir au symbolisme des fêtes païennes qui ont pu être supplantées par les fêtes chrétiennes est un exercice intéressant et enrichissant.

Temps des crises de Michel Serres

L’académicien Michel Serres, professeur à Stanford, vient de publier un nouveau livre,Temps des Crises, dont le sous-titre est : « Mais que révèle le séisme financier et boursier qui nous secoue aujourd’hui ? »

Canal Académie  nous propose d’écouter l’entretien de Michel Serres avec Jacques Paugam.

Dans celui-ci, le philosophe note que la proportion maintenant très réduite du nombre d’agriculteurs et des professions associées  (1,7% contre plus de 60% en 1900) à la fin du XXe siècle  marque la « la fin du néolithique ».

Il analyse ensuite les conséquences de la mobilité des personnes et des choses ainsi  que des progrès de la santé et de la révolution des pratiques médicales. Pour Michel Serres, les nouvelles technologies constituent sont aussi révolutionnaires que l’invention de l’écriture ou de l’imprimerie.

Pour lui, la crise financière doit être analysée comme la crise dans l’évolution d’une maladie, soit le point d’inflexion de la maladie où le malade meurt ou guérit. Pour lui, l’important n’est pas de revenir à l’état antérieur mais d’intégrer le nouvel état du malade dont l’organisme a lutté avec succès contre la maladie. Cette capacité d’adaptation est la définition même de la vie, « invention permanente de la nouveauté ».C’est ainsi nous suggère-t-il qu’il faut aborder la recherche de solutions aux crises économiques.

Cliquez ici pour l’écouter.

Le fabuleux trésor de Pouilly-sur-Meuse

Qui n’a jamais rêvé de découvrir un trésor enfoui dans sa propriété? Ce rêve devint réalité pour un propriétaire de Pouilly-sur-Meuse .Lors de travaux pour la construction d’un puits ,il découvrit  un ensemble belles pièces de vaisselle datant de la Renaissance : aiguières, cuillères en vermeil et argent, et deux timbales de Théodore de Bry (Dietrich Bey), orfèvre et graveur.

Que pouvait faire l’heureux propriétaire ? Vendre discrètement ?publiquement ? Lui fallait-il redouter une éventuelle préemption des musées nationaux ? Ce sont toutes ces questions qu’analyse Thibault de Ravel d’Esclapon que vous pouvez lire en cliquant ici.

Un cheval, des chevaux : pourquoi?

Vous êtes vous jamais posé la question :pourquoi le pluriel de cheval est-il chevaux ou celui de travail travaux?Peut-être avez-vous été en panne d’idées lorsqu’un enfant vous posait la question quand vous le repreniez pour avoir dit chevals ? Cliquez ici pour l’explication.


From Oppression to Freedom:John Jay’s Huguenot Heritage

The John Jay Homestead opened a new special exhibit,From Oppression to Freedom:John Jay’s Huguenot Heritage on December 4,2009.John Jay,one of the founders of the United States,served as the first Chief Justice of the United States,drafted the New York Constitution,was Governor of New York and negotiated the Treaty of Paris as well as the Jay Treaty with Great Britain.The text of my remarks for the opening is available here:From Oppression to Freedom:John Jay’s Huguenot Heritage.

Retour sur l’histoire du Courrier

M.Anthony Grolleau-Fricard attire notre attention sur la thèse de doctorat qu’il a soutenue en Sorbonne sur l’histoire du Courrier des Etats-Unis.Voici le lien qu’il nous a gentiment fait parvenir http://www.agf-consultant.ca/docs/THESEcorpus.pdf.Nous l’en remercions vivement et en recommandons la lecture.Nous eussions été fort aise d’en avoir eu connaissance lorsque nous rédigeâmes la notice sur l’histoire du Courrier des Etats-Unis!

La fête Roch Hachana:la tête de l’année

Si vous voulez comprendre les aspects à la fois festifs et rigoureux de cette grande fête juive , écoutez l’explication qu’en fait le grand Rabbin Haïm Korsia, aumônier général israélite de l’armée française , sur Canal Académie.Comme lui,souhaitons Shana Tovah à tous nos amis juifs.

James Madison and Hall’s $ 100M bonus

On July 27,2009,I posted a note  ( below: Rémunération des cadres bancaires : les $100 millions d’Andrew Hall ) on the  debate raging around Andrew Hall’s right to a $ 100 million bonus,the  topic now of David Segal’s  front page article in Sunday’s New York Times ( August 2,2009) .In my note I  stated that while there were sound reasons to reform the remuneration of traders to avoid excessive risk-taking and to adjust it to account for risks spread over a long period ( the classic problem of long tailed distributions such as Pareto or Lévy ones) there are even sounder reasons for the provision in the U.S. Constitution  prohibiting the  passing laws that affect contract rights retroactively. These reasons were best articulated by James Madison, writing as Publius, in 1788 ,No44 The Federalist Papers:

“Bills of attainder, ex post facto laws, and laws impairing the obligation of contracts, are contrary to the first principles of the social compact, and to every principle of sound legislation. The two former are expressly prohibited by the declarations prefixed to some of the State constitutions, and all of them are prohibited by the spirit and scope of these fundamental charters. Our own experience has taught us, nevertheless, that additional fences against these dangers ought not to be omitted. Very properly, therefore, have the convention added this constitutional bulwark in favor of personal security and private rights; and I am much deceived if they have not, in so doing, as faithfully consulted the genuine sentiments as the undoubted interests of their constituents. The sober people of America are weary of the fluctuating policy which has directed the public councils. They have seen with regret and indignation that sudden changes and legislative interferences, in cases affecting personal rights, become jobs in the hands of enterprising and influential speculators, and snares to the more-industrious and less informed part of the community. They have seen, too, that one legislative interference is but the first link of a long chain of repetitions, every subsequent interference being naturally produced by the effects of the preceding. “

President Madison’s wise observations deserve to be heeded by those who now seek to retroactively modify contract rights.

Les secrets du Vatican

Bernard Lecomte ancien journaliste à La Croix, auteur d’une excellente biographie de Jean-Paul II, spécialiste des questions religieuses, offre à notre délectation un ouvrage intitulé « Les secrets du Vatican » (Perrin 2009).Lecomte est un fin connaisseur des intrigues nouées dans les couloirs du Vatican.

Son point de départ est Benoît XV dont l’ambition était de redonner à la papauté un rôle dans le concert des nations et il termine avec le Panzerkardinal, Benoît XVI. Pour chacun de ces huit papes il nous propose de dévoiler  un « secret ». Les amateurs de complots liront avec intérêt pourquoi l’Eglise ne voit aucun profit à tirer de la preuve de l’authenticité du suaire de Turin mais seront déçus par la révélation du troisième secret de Fatima, par l’explication donnée par Lecomte de la mort de Jean Paul Ier, le pape au sourire, par son analyse de l’affaire Calvi ( Msgr Marcinkus n’était pas foncièrement malhonnête, mais son incompétence en finance faisait de lui la proie des aigrefins de tous poils, dont Calvi, qui selon Lecomte devait beaucoup à la Cosa Nostra et fini par payer ses dettes avec sa vie) et par sa conviction que la filière bulgare évoquée pour la tentative d’assassinat de Jean-Paul II relève de l’imagination débordante des amateurs de complots.

Par contre, les connaisseurs de procédure parlementaire apprécieront à sa juste valeur le duel entre Jean XXIII et le Saint Office pour le contrôle des comités ( et surtout de leur ordre du jour!) pour la préparation de Vatican II, le compte-rendu des luttes au sein de la toute puissante Commission  Théologique entre l’arrière-garde de Mgr Ottaviani qui défendait ,en minorité, une conception dogmatico-juridique de la doctrine et la majorité qui voulait réinstaurer une conception biblico-pastorale de la doctrine. In fine, les hésitations de Jean XXIII sur la politique à adopter en face des camps ennemis furent balayées  par la découverte qu’il souffrait d’une maladie sans espoir qui lui empêcherait de voir la conclusion du concile d’où son célèbre discours d’inauguration du concile Gaudet mater ecclesia.

Les amateurs de politique ne resteront pas sur leur faim  à la lecture de la description des relations entre Mussolini et Pie XI dont le résultat fût les Accords du Latran donnant l’indépendance juridique à la Cité du Vatican. Ils apprécieront aussi comment le sens politique de Jean Paul II (et la justesse de ses renseignements!) lui permirent de contrer Jaruslski dans l’affaire Solidarnósć de Lech Walesa parce qu’il avait correctement anticipé les réactions du grand frère soviétique alors incarné par Gorbatchev. L’habile manœuvre de Jean-Paul II pour contre l’Opus Dei en canonisant son fondateur José Maria Escriva de Balaguer en 2002 ne manquera pas de les faire béer d’admiration.

Ceci étant, ce qui m’a le plus frappé dans l’ouvrage de Lecomte c’est ce qu’il n’a pas fait ressortir autrement que peut-être en filigrane: combien certains hommes d’église se trouvèrent  à des points d’inflexion historiques et, de par leurs actions ou leurs inactions, furent ensuite choisis pour siéger sur le trône de Saint Pierre.

Pour Benoît XV, comme pour les prêtres catholiques en Russie tsariste, la révolution russe était l’occasion de contrer l’église orthodoxe. Pour ce faire et pour rétablir le rôle du Saint Siège dans la diplomatie internationale, Benoît XV avait deux nonces apostoliques sur qui il pouvait s’appuyer: Achille Ratti à Varsovie et Eugenio Pacelli à Berlin. Le nouveau régime soviétique souhaitait la reconnaissance par la papauté d’où le jeu joué par Benoît XV: nous reconnaîtrons Lénine si les catholiques russes obtiennent  la permission de pratiquer la religion catholique –distinction  par rapport aux russes orthodoxes  perçus comme tsaristes.

Benoît XV meurt et le 6 février 1922 Achille Ratti lui succède sous le nom de Pie XI. Celui-ci continue la stratégie de son prédécesseur et ,en 1924, envoye le Nonce Pacelli négocier directement avec Lénine .En 1925 ,il demande à Pacelli d’ordonner en secret à Berlin un jésuite de 46 ans ,Mgr Michel d’Herbigny ,comme évêque de toutes les Russies!

De tous les récents papes aucun n’a été plus contesté que Pie XII.Lui, qui alors  Mgr Pacelli, passa 12 ans comme nonce apostolique à Berlin,succéda à Pie XI, le pape qui voyait « loin et clair ». Pie XI, pape courageux, n’hésita pas à condamner l’Action française (1926), le fascisme (« Non abbiamo bisogno » 1931), le nazisme (« Mit brennender Sorge » 1937) et le communisme (« Divini redemptoris » 1937).

Pie XII était issu d’une lignée de proches du Saint Siège: son grand-père fonda l’Osservatore Romano et son père, doyen des avocats du Saint Siège, fût le négociateur des Accords du Latran. Pie XII était un négociateur chevronné de concordats: Serbie, 1914, Bavière 1924, Prusse 1929 et Bade 1929.Il pensait  après 12 ans comme nonce apostolique à Berlin qu’il pourrait négocier un concordat avec Hitler.

Sa formation de juriste, d’après Lecomte, explique le silence assourdissant de Pie XII sur les camps de concentration .Selon Lecomte, le 18 décembre 1942 M. Osborne, Ambassadeur du Royaume-Uni remis en mains propres un dossier complet sur les camps de concentration à Mgr Tardini en l’informant que les gouvernements américains et britanniques souhaitaient que Sa Sainteté utilise l’information pour son message de Noël au monde. Pie XII  refusa de prendre parti croyant, tel un juge, qu’il lui incombait de maintenir un devoir de réserve! Ceci ne l’a pas, heureusement, empêché d’abriter quelque 5000 juifs romains dans les immeubles relevant du Pape à Rome pour les mettre à l’abri des rafles nazies.

La triste affaire Finaly illustre bien comment certains prélats sont acteurs historiques. Cette affaire concernait un enfant juif baptisé dans sa plus tendre enfance pour le faire échapper à la déportation qui fut ensuite enlevé par des nonnes qui voulaient l’empêcher de redevenir juif avec ses parents naturels émigrés en Israël. Dans cette affaire, le nonce à Paris ,Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, soutînt les nonnes égarées alors que l’adjoint du Pape, Montini, le futur Paul VI calma les esprits et tenta de trouver une solution négociée.

C’est ainsi que l’on retrouve la patte des futurs princes de l’Eglise  dans le cas des prêtres-ouvriers .Qui alors nota la visite à Marseille d’un jeune
prêtre polonais venu pour étudier ce que le père Loew mettait en place pour combattre la montée du communisme dans le milieu ouvrier. Ce prêtre polonais s’appelait Karol Wojtyla! Au même moment, à Rome, le futur Paul VI approuve la publication en italien de l’ouvrage du père Loew sur les prêtres-ouvriers!

C’est toujours le même Paul VI qui en 1968 était confronté au problème de la pilule pour les catholiques. En 1930, Pie XI dans l’encyclique Casti Connubii avait autorisé la méthode Ogino. La question était de savoir si une méthode chimique, la pilule, devait être approuvée. Paul Vi nomma une commission constituée de théologiens, de médecins, et-innovation-de deux couples.au bout de près de 5 ans de délibérations, cette commission, sans doute influencée par Mme Colette Poitvin, qui osa demander aux augustes théologiens si, à leur avis, lorsqu’une femme se présente devant Dieu, celui va lui demander » as-tu aimé » ou « as-tu bien pris ta température? » recommanda au Pape d’autoriser la pilule. Cependant, Paul VI hésitait et finalement se rallia à l’opinion du jeune évêque de Cracovie Karol Wojtyla, auteur d’un traité « Amour et responsabilité » et, ainsi, promulgua Humanae vitae condamnant le recours à la pilule contre l’avis de ses experts!

Si la déception est au rendez-vous des amateurs de scandales ,les historiens sauront rendre hommage à Bernard Lecomte pour avoir  soulevé le voile du secret qui cachait  les problèmes spirituels et temporels qui confrontèrent nos huit  derniers papes.

Secrets of the Vatican

Bernard Lecomte,former journalist with the influential catholic daily newspaper La Croix, author of a well regarded biography of Pope Jean-Paul II has just published an interesting book : »Les secrets du Vatican »(Perrin 2009).Lecomte is a fine connoisseur of Vatican intrigue and whispered secrets.

Starting with Pope Benedict XV’s desire to have the papacy regain a role in international affairs and ending with Pope Benedict XVI,the former Panzerkardinal, the author highlights « secrets » from the reigns of each of these eight popes. Conspiracy buffs will delight in reading why the Holy See has no interest in proving the authenticity of the Shroud of Turin but will be disappointed by the revelation of the Third Secret of Fatima, by Lecomte’s explanation of Pope John Paul I’s death ,by his views on the Roberto Calvi affair ( Msgr Marcinkus was not dishonest, merely stupefyingly incompetent in financial matters  and Calvi was likely in the clutches of the Cosa Nostra) and by his belief that the Bulgarian connection in the case of Ali Agça’s attempted assassination of John Paul II is a figment of conspiracy theorists’ imagination.

Students of parliamentary procedure will appreciate how John XXIII and the Congregation for the Doctrine of the Faith battled for control of the committees (and their agendas!) for the preparation of Vatican II, how in the discussions within the all-important Theology Committee the high prelates pushing for the adoption of dogmatic-legalistic view of the Doctrine tried to thwart the biblico-pastoral views of the majority and how ,in fine,the Pope’s discovery of his terminal illness decided him to boldly go where no Pope had gone before in his famous opening speech Gaudet mater ecclesia.

Students of politics will delight in the description of the relationship between Mussolini and Pius XI that resulted in the Lateran Accords granting the independent legal status to Vatican City, in how John Paul II’ s political skills ( and accurate intelligence) allowed him to box in Jaruleski  in the matter of Walesa’s Solidarnórsć having correctly anticipated Gorbatchev’s reactions and will truly appreciate the beauty of John Paul II’s move to neutralize the Opus Dei by canonizing its founder José Maria Escriva de Balaguer in 2002.

That being said what struck me most is what the stories told by the author showed without expressly making the point: how at various critical junctures in history one finds men on the front lines of history and one finds those same men later ascending to the throne of Saint Peter.

For Benedict XV the Russian revolution presented an opportunity. For him, the elimination of the tsars, historical supporters of the Orthodox Church meant that there was an opening to help the Russian Catholics. To help him accomplish his goals of helping Russian Catholics and of restoring the papacy’s role in international affairs, Benedict XV relied on two nuncios Achille Ratti ( Pius XI) in Poland and Eugenio Pacelli (Pius XII) in Berlin. The new Soviet regime was anxious to gain recognition and Benedict XV hoped to dangle the recognition card to secure the future of Catholics in the new Soviet State.

Benedict XV died and on February 6, 1922 Achille Ratti is elected as his successor taking the name Pius XI.In 1924, Pius XI continues the strategy of Benedict XV and sends Nuncio Pacelli, the future Pius XII, to negotiate secretly with Lenin and in 1925 Pius XI secretly reestablishes a catholic hierarchy in the USSR asking Nuncio Pacelli  to secretly ordain 46-year old Jesuit Michel d’Herbigny as a bishop for all the USSR at a secret ceremony in Berlin.

Of all the recent popes none has been more controversial than the erstwhile nuncio to Berlin, Eugenio Pacelli elected in 1939 as Pius XII,following Pius XI « who could see clearly and far » .Pius XI  had the courage to promulgate  encyclicals  condemning the « Action française » (1926),fascism (« Non abbiamo bisogno« 1931 ) ,Nazism (« Mit brennender Sorge » 1937),and communism ( « Divini Redemptoris » 1937).

Pius XII came from a long line of people close to the Holy See: his grandfather founded the Osservatore Romano and his father as dean of the Holy See lawyers negotiated the Lateran Accords. Pius XII was himself an experienced negotiator of concordats (Serbia 1914, Baveria 1924, Prussia 1929, Baden 1929) who after 12 years as nuncio to Berlin thought he could get to some form of concordat with Hitler.

The legalistic training of Pius XII is, according to Lecomte, the reason underlying Pius XII’s silence on the death camps.Lecomte recounts how UK ambassador Osborne gave a complete dossier on the death camps to Msgr Tardini on December 18, 1942 with the message that the UK and US governments suggest the Pope should use it for his Christmas message to the world. Pius XII refused to take sides not wanting to provoke Hitler any further and believed that he, like a judge, had a duty of reserve. Yet, he was not afraid to use the Church’s buildings throughout Rome to shelter the some 5000 Roman Jews threatened by the Nazis.

The infamous Finaly affair-Jewish child baptized as toddler to protect against Nazi extermination kidnapped by nuns to prevent return to natural Jewish parents and relapse into Judaism- saw the nuncio to Paris Angelo Roncalli ,the future John XXIII siding with the errant nuns while the Pope’s assistant Montini ,the future Paul VI tried to find a negotiated solution.

Similarly, the influence of those titans of the Church can be discerned in the experiment with worker-priests in France. None other than Karol Wojtyla, the future John Paul II, visits Marseille in 1947 to study the experiment of Father Loew: to regain traction with the proletariat more and more taken by the Marxist gospel, priests were sent to work as ordinary factory workers without cassock and collar. The future Paul VI approves the publication of an Italian translation of father Loew’s book on the worker-priests experiment.

The very same Paul VI wrestled in 1968 with the problem of contraceptive pills for Catholics. In 1930, Pius XI had authorized the natural Ogino method in Casti Connubii.The issue was whether a chemical method should be approved by the Church. Paul VI appointed a blue-ribbon panel of experts,theologians,medical researchers and –innovation-two catholic couples .The panel recommended the approval of the Pill, no doubt in part influenced by the Canadian wife, Colette Poitvin, who asked the panel’s theologians whether they thought God was more likely to ask a woman « did you love » or « did you take your temperature » ?Yet Paul VI hesitated and was finally swayed by the up-and-coming bishop of Kracow he quickly promoted to cardinal, Karol Wojtyla who had written a book “Love and Responsibility” on the meaning of Christian love. And so Paul VI went against his experts’ advice and issued Humanae vitae condemning the Pill.

Scandalmongers will no doubt be disappointed by Lecomte’s book but historians will be grateful for his lifting the veil of secrecy over many temporal/spiritual issues that confronted those eight most recent Popes.

In vino sanitas :le paradoxe français

Le Français boit du vin et mange des aliments riches ,foie gras, ris de veau ,rognons etc., et cependant  souffre moins de maladies cardiaques que ceux qui ne boivent pas du tout :c’est ce que les médecins appellent le paradoxe français. La consommation de vin rouge par les Français en est l’explication. Depuis plusieurs années, il est reconnu que la molécule responsable du paradoxe français est le resvératrol .Cette molécule ,naturellement présente dans le vin, a des vertus anti-oxydantes bien établies[1]. Elle a été identifiée dès 1940  par le professeur  Takoaka dans l’hellébore blanche, comme quoi La Fontaine avait eu la bonne intuition !

Les chercheurs de l’Université du Pays Basque viennent d’allonger la liste des bienfaits du resvératrol en démontrant son action positive pour la réduction des accumulations de graisses dans le foie pour des raisons autres que l’alcoolisme[2].On savait déjà que la consommation de vin rouge réduit le risque de cancer du poumon[3],protège la prostate ( ceux qui boivent  4 à 7 verres de vin rouge par semaine ont la moitié moins de chance d’avoir un cancer de la prostate que ceux qui ne boivent pas du tout)[4],et, du moins pour les hommes (en remerciement à Noé pour avoir « planté les vignes »[5] ?) peut allonger l’espérance de vie de 5 ans ( un demi verre par jour par rapport à un régime sans alcool)[6] et que selon une étude de chercheurs de la Yale School of Public Health les patients buveurs de vin souffrant de lymphome de type non- Hodgkin  ont un bien meilleur taux de survie après 5 ans que ceux qui ne boivent pas  et que ceux qui ont bu du vin pendant au moins 25 ans avant le diagnostic ont un risque de rechute ,de décès ou de cancer secondaire réduit  de 25 et 35 %  et  réduit de 60% s’il s’agit de lymphome de cellules B[7].Une étude récente de la Faculté de Médecine de l’Université Cornell  démontre que cette magnifique molécule réduit considérablement la formation de ces plaques accusées de causer la maladie d’Alzheimer dans les cervaux des animaux testés[8].On peut supposer que c’est par une chélation du cuivre que le resvératrol agit sur les plaques.Cette molécule ,dans sa forme acétylée,selon le professeur Greenberger ,patron du service de Radiation Oncology de la Faculté de Médecine de l’Université de Pittsburgh, pourrait aussi offrir  une protection contre l’exposition aux radiations[9].

Une étude publiée[10] dans le British Medical Journal ,se basant sur des analyses de comportements de consommateurs au Danemark, aux Etats-Unis et en France ,montre que les buveurs de vin ont une alimentation plus saine que les buveurs de bière :ils mangent plus de fruits, de légumes, d’olives ( très utile pour la confection des martinis dry sans doute ?) de viande blanche et utilisent moins de graisses dans la cuisson alors que les buveurs de bière achètent des plats préparés, des pommes chips[11], des cochonailles, des saucisses, du beurre ,de la margarine et des sodas !

Resveratrol  laudamus te !


[1] Certains pensent que l’action de la molécule provient de l’activation du gène Sirtuin 1: Lagouge M, Argmann C, Gerhart-Hines Z, et al (December 2006). « Resveratrol improves mitochondrial function and protects against metabolic disease by activating SIRT1 and PGC-1α« . Cell 127 (6): 1109–22.

[2] Basque Research (2009, May 13). Two Glasses Of Wine A Day Helps To Reduce Quantity Of Fat In Liver. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2009/05/090512111157.htm.Les expériences de Melle Elizabeth Hijona Muruamendiaraz ont porté sur des souris souffrant d’estéatose hépatique non-alcoolique.Pour l’action bénéfique du vin rouge sur le foie cf. : University of California, San Diego Health Sciences (2008, May 22). Daily Glass Of Wine Could Improve Liver Health. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/05/080520162239.htm

[3] American Association for Cancer Research (2008, October 7). Red Wine May Lower Lung Cancer Risk. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/10/081007073922.htm

[4] Harvard Men’s Health Watch (2007, May 26). Red Wine Protects The Prostate, Research Suggests. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com/releases/2007/05/070525215203.htm ; University of Alabama at Birmingham (2007, September 1). Red Wine Compound Shown To Prevent Prostate Cancer. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2007/08/070831131320.htm

[5] Gen.9:20

[6] BMJ-British Medical Journal (2009, April 30). Half A Glass Of Wine A Day May Boost Life Expectancy By Five Years. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2009/04/090429205609.htm

[7] American Association for Cancer Research (2009, April 24). Drinking Wine May Increase Survival Among Non-Hodgkin’s Lymphoma Patients. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2009/04/090421154322.htm

[8] Karuppagounder SS, Pinto JT, Xu H, Chen HL, Beal MF, Gibson GE (November 2008). « Dietary supplementation with resveratrol reduces plaque pathology in a transgenic model of Alzheimer’s disease ». Neurochem Int. 54: 111.

[9] University of Pittsburgh Schools of the Health Sciences (2008, September 24). Plant Antioxidant May Protect Against Radiation Exposure. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/09/080923181110.htm

[10] BMJ-British Medical Journal (2006, January 20). Wine Drinkers Have Healthier Diets Than Beer Drinkers. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2006/01/060119232848.htm

[11] Le mot figure bien dans le Larousse !

L’obsédante préoccupation du faux chez Giorgio de Chirico

L’exposition Giorgio di Chirico au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris donne l’occasion de passer en revue la carrière si contrasté de ce peintre :adulé pour sa première période (1910-1920) et vilipendé pour sa seconde. Notant « l’obsédante préoccupation du faux » du peintre, Thibault de Ravel d’Esclapon analyse les trois grands procès que Chirico intenta contre des collectionneurs au motif que les tableaux en question n’étaient pas de sa main, et parfois quand bien même ils l’étaient!

Tolerance,reverence and dhimmitude

During his trip to Europe,President Obama stated on several occasions [1]that his policy towards the Muslim world was going to be based on « mutual respect » going so far as to state in his speech to the European Parliament that he was going to show respect by « changing our language and our tone  » in our relations to the Muslim world.

At the G-20 meeting in London,Mr Obama put his money where his mouth is:he bowed deeply the  King of Saudi Arabia (see video )  while he only slightly inclined his head towards the Queen of England ( see video ) whom he met on the same occasion.

Is the Muslim world capable of treating with « mutual respect  » the non-Muslim world?

Daniel Henninger,the Wall Street Journal Assistant Editor-in-chief of the Editorial page raises the question underscoring the persecutions suffered by the Christian populations living in the Muslim world,arguing in conclusion that Mr. Obama should make tolerance vis-à-vis religious minorities the basis for « mutual respect ».

However laudable that goal may be,is it attainable from the Muslim side? An examination of Koranic doctrine and jurisprudence impels one to doubt it.

For Muslims,the world is traditionally divided in two: the dar al-Islam[2],the land where the Shari’a is the governing law and the dar al-harb,the land of the infidels ( mushrikun) [3] against whom the Muslims have a duty to wage war ( jihad) [4].As the great Muslim scholar and theologian ,Ibn Khaldun (1332-1406) wrote : »For Muslims,the Holy War ( jihad) is a religious duty because of the universality of the mission of the Muslims and of [the obligation ] to convert all non-Muslims to Islam either by persuasion or by force. »[5].The inhabitants of the dar al harb ,the harbis, have neither  legal existence nor  legal rights to anything: they and their possessions may be taken by any Muslim without compensation as the harbis are not « persons » entitled to any legal protections.This doctrine explains why the two Washington Post journalists ,Valerie Strauss and Emily Wax,investigating the teachings in Islamic schools in the greater Washington ,D.C. area,found that in some schools, 7-year olds were taught that stealing from a non-Muslim was not a theft.[6]

Within Muslim lands,the people of the Book -Christians and Jews-have a special status: they are dhimmis.Since they are people of the Book,they are not to be exterminated on sight but may be allowed to live provided ,as dhimmis,they pay an annual poll tax ( jizyia) [7] and ,as stated the the standard commentary on the Koran, the Tafsir Ibn Kathir  ( 701-744) accept to be  inferiors to the Muslims and treated by the Muslims as inferiors and humiliated as such[8].The historian Bat Ye’or has written the authoritative books on the history of the dhimmis from the Muslim conquests of the VIIth century to the XXth century[9].From her research,it is established that dhimmis were barred from building houses that were higher than those of Muslims[10],from wearing green clothing,green being the color of Islam[11],from riding horses or camels with a saddle[12],from bearing arms[13],from ringing church bells[14],from building new churches[15].If the church was located in lands that had capitulated  then it was permitted to repair and maintain the interior of the church but not the exterior.If,however,the church was located in lands that had been subjugated then even the church’s interior could not be maintained.[16]

To live as a dhimmi has given rise to a neologism attibutted to Bat Ye’or, dhimmitude that was used by the then President of Lebanon Bashir Gemayel in a speech on 14 September 1982 at Dayr al Salib.In that speech,President Gemayel refused all attempts by the Muslim majority to subjugate the maronite Christians stating : »We reject any dhimmitude« [17]

Some will argue that the great Muslim theologians who articulated the rules of behavior of the dhimmis towards the Muslims and of the Muslims towards the dhimmis ,such as the Tafsir Ibn Kathir [18] Abu’l Hasan al-Mawardi[19] ou Abu Yusuf[20] are no longer representative of Muslim thinking and that in all event the dhimmi status was abrogated in Muslim lands.

On the first point suffice it to observe that the Tafsir Ibn Kathir is still taught today and that the great Islamic theologians ,Mawardi,Abu Yusuf or Ibn Khaldun are still authoritative today[21] as can be seen from the writings of Sayyid Abul A’la Mawdudi [22]or of Ayatollah Khomeini[23].

On the second point,suffice it to observe ,as Mr Henninger and Professor Bat Ye’or have,the disappearance of the Copts in Egypt,of the Christians in Sudan whose children are forcibly converted[24],of the Syriac-Orthodox church in Turkey,the great peril now facing the Christians in the Swat Valley of Pakistan after the government ceded control of the valley to the Talibans,the prohibition for Christian foreign workers in Saudi Arabia to practice their religion.Those example from among far too many others prove that the traditional teachings of Islam[25] are still followed today.After all,the prohibition against practicing any religion other than Islam in Saudi Arabia or in other countries ruled by the Shari’a is found in the Tafsir Ibn Kathir,in the writings of Ibn Khaldun and of Abd El Wahhab.The fate of the Christians  in Muslim lands is preoccupying in the extreme: even if governments pay lip service to the idea of religious tolerance,the exactions perpetrated by private Muslims against Christians are continuing in the avowed goal of either converting the « infidels  » or driving them away.

Numerous modern day Islamic thinkers  cite the early Muslim thinkers as authorities[26].The 1200-year old Islamic doctrine is clear on the rule governing the behavior of Muslims towards non-Muslims.Accordingly,is it realistic to think that traditional Muslims can truly treat non-Muslims with « mutual respect »?

Considering the age old Islamic doctrine,when the West parades its tolerance,doesn’t the West ignore a fundamental question,i.e.,how should a society espousing tolerance as a cardinal virtue deal with another society whose raison d’ être is to destroy it or to subjugate it[27] because that society- ours- is a society of « infidels »?

That tolerance should be a cardinal virtue cannot be debated by any person of good will but ,then, how can one reconcile the ideal of tolerance with the realization that many, following the teachings of the early Islamic thinkers and theologians discussed above[28],think that « infidels » must be converted by persuasion or by force and that all lands of the dar al-harb must either accept Shari’a or be subjugated?This is the yardstick derived from Islamic jurisprudence that must used to measure tolerance.

Dear readers: do you not think that the first duty of any society founded on principles of tolerance is  to take such steps as may be required -even if those might be viewed as contravening the principles of tolerance- to insure its survival as a tolerant society?If you accept those premises then a tolerant society is justified in adopting measures otherwise viewed as intolerant  because the obligation to insure survival as a tolerant society has a higher priority than the obligation to be tolerant.

Even though the road to hell may be paved with good intentions,let us give Mr Obama the benefit of the doubt in the relations he is trying to forge with the Muslim world and let us hope that he will have the will and desire to encourage it to evolve and be brought into the XXIst century.Let us further hope that Mr Obama,despite the protocol gaffe will not in so doing emulate the far too many Europeans,who ,because of a perceived need to be politically correct,have become dhimmis and refuse to criticize others,especially when the others are Muslims[29].


[1] Speech before the European Parliament in Strasburg on April 3,2009,Speech before the Turkish Parliament April 6,2009.

[2] For the distinctions between Ummah and dar al-Islam cf. Leon Brown Religion and State :the Muslim approach to Politics ( 2000) p.85

[3] For the  nuances between mushrikun ,who committed the sin of shirk and the kuffar(kufr=to conceal) he who denies God is a kafir ( a concealer) for he hides his disbelief  cf.,inter alia, Bat Ye’or, Islam and Dhimmitude,p.197 and Jacques Waardenberg Muslims and Others (2003) p.192

[4] Peter Mandeville, Transnational Muslim Politics p.13

[5] [5] Ibn Khaldun The Muqudimmah,An introduction to history,transl.F.Rosenthal ( 1958) I,473

[6] Where Two Worlds Collide: Muslim Schools Face Tensions of Islamic, U.S. Views, Washington Post 25 February 2002 p.A01

[7] The source is Sura 9 verse 29 of the Koran which lays out that obligation in return for the permission,not the right,to live.

[8]

Paying Jizyah is a Sign of Kufr and Disgrace

Allah said,[حَتَّى يُعْطُواْ الْجِزْيَةَ]

(until they pay the Jizyah), if they do not choose to embrace Islam,[عَن يَدٍ]

(with willing submission), in defeat and subservience,[وَهُمْ صَـغِرُونَ] (and feel themselves subdued.), disgraced, humiliated and belittled. Therefore, Muslims are not allowed to honor the people of Dhimmah or elevate them above Muslims, for they are miserable, disgraced and humiliated. Muslim recorded from Abu Hurayrah that the Prophet said,«لَا تَبْدَءُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَى بِالسَّلَامِ، وَإِذَا لَقِيتُمْ أَحَدَهُمْ فِي طَرِيقٍ فَاضْطَرُّوهُ إِلَى أَضْيَقِه»(Do not initiate the Salam to the Jews and Christians, and if you meet any of them in a road, force them to its narrowest alley.) This is why the Leader of the faithful ‘Umar bin Al-Khattab, may Allah be pleased with him, demanded his well-known conditions be met by the Christians, these conditions that ensured their continued humiliation, degradation and disgrace.Commentary on Sura 9:29 in the Tafsir Ibn Kathir: http://www.tafsir.com/default.asp?sid=9&tid=20986

[9] The Dhimmi:Jews and Christians Under Islam (2003) Islam and Dhimmitude:Where Civilizations Collide (2001),;Le Dhimmi:profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe ( 1980),Les chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude,VII-XX siècle(1991) , »Dhimmitude past and present:an invented or real history »Starr Foundation Lecture,Brown University 10 October 2002 http://dhimmitude.org/archive/by_lecture_10oct2002.htm.

[10] The Dhimmi p.62

[11] Id.203,215

[12] Pact of Umar citd by Norman Stillman ,The Jews of Arab Lands: A History and Source Book ( 1979) p.157-158

[13] [13] David B.Kopel Dhimmitude and Disarmement 18 George Mason University Civil Rights Law Journal 2008.This prohibition explains why the Christian and Jewish populations living in Muslim lands were so easily the subject of vexations and worse throughout history,as they were not allowed to defend themselves under pain of being declared blasphemers,an accusation carrying a penalty of death:cf.Majid Khadduri War and Peace in the Law of Islam (2006) p.193-195

[14] Id.59-60,196,341

[15] Id.57-58

[16] Pact of Umar ,Stillman ibd.p.99

[17] Lebanon News 8 No 18 14 Sept 1985 p.1-2

[18] Supra n.8

[19] Al-Ahkam as -Sultaniyyah.The Laws of Islamic Governance trad.Dr.Asadullah Yate (1996)

[20] Livre de l’impôt foncier Kitab el-Kharadj tranl. Fagnan Paris 1921 p.189

[21] Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[22] A Short History of the Revivalist Movement in Islam (2002); »Political Theory of Islam »in Mansoor et al. Contemporary Debates in Islam:An Anthology of Modernist and Fundamentalist Thought(2000);

[23] Pour un gouvernement islamique (Paris, 1979), pp. 31ff.

[24] One cannot help but be reminded of the devshirme ,the enslavement practice of Christian children in the Ottoman Empire: Ye’or Islam and Dhimmitude,23,48,204-207

[25] Cf the teachings of the Tasfir Ibn Kathir or the writings of Ibn Khaldun

[26] Cf.inter alia,the reactions of Sheik Yousef Al-Qaradawi, spiritual leader of the Muslim Brotherhood in Egypt on the meeting betweenthe  Grand Rabi of Israel I.Lau and Sheikh Tantawi d’ Al Hazar: http://www.memri.org/bin/articles.cgi?Area=sr&ID=SR00398 et  Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[27] Cf.Ibn Khuldun supra n.4

[28] Ibn Khaldun ,Tafsir Ibn Kathir  or Muhammad ibn Abd-al-Wahhab for par example

[29] Cf.the criticism levelled at Wim Wenders the Dutch parliamentarian for his documentary or at the Danish cartoonist.

Tolérance,Révérence et Dhimmitude

Au cours de son voyage en Europe, le président Obama a déclaré à plusieurs reprises [1] que sa politique vis-à-vis du monde musulman allait dorénavant être fondée sur un « respect mutuel » allant même à Strasbourg jusqu’à dire qu’il fallait pour  montrer ce respect « changer notre langage et notre ton » à l’égard du monde musulman.

M.Obama a joint le geste à la parole lors de la réunion du G-20 à Londres: il fit la révérence au roi d’Arabie saoudite (voyez la vidéo ici )alors qu’il ne fit qu’une petite inclinaison de la tête à la reine d’Angleterre (vidéo).

Le monde musulman peut-il accorder un « respect mutuel » au monde non musulman?

Daniel Henninger,, éditorialiste au Wall Street Journal, examine la question en soulignant que les populations chrétiennes vivant dans le monde musulman sont persécutées et conclut en recommandant à M.Obama de faire de la tolérance envers les minorités religieuses la pierre angulaire du respect mutuel.

Aussi louable que puisse être ce but, est-il possible du côté musulman? Une analyse de la doctrine coranique et de la jurisprudence permet d’en douter.

Pour les musulmans, le monde est divisé en deux: d’un côté il y a le dar al-Islam [2]-les territoires gouvernés par la Shari’a et de l’autre le dar al-harb -pays des non-musulmans ( mushrikun)[3] contre lesquels les musulmans ont l’obligation de faire la guerre [4]Comme l’écrivait le grand penseur Ibn Khaldun : »Pour les musulmans la guerre sainte ( jihad) est un devoir religieux en raison de l’universalité de la mission des musulmans et [ de l’obligation ] de convertir toutes les personnes à l’Islam par la persuasion ou par la force » [5]Les habitants du dar al-harb -les harbis- n’ont aucun droit: leur personnes et leurs biens peuvent être pris par n’importe quel musulman. Cette doctrine explique la découverte par deux journalistes du Washington Post, Valerie Strauss et Emily Wax, que des écoles islamiques de la banlieue de Washington, D.C. enseignent aux enfants de 7 ans que voler à un non-musulman n’est pas un vol![6]

A l’intérieur des territoires musulmans ,les peuples du Livre ( juifs et chrétiens ) ont un statut spécial celui de dhimmis. Les dhimmis doivent payer un tribut annuel ( jizya ) pour avoir la permission de vivre [7]conditionnée par la  reconnaissance de leur infériorité comme dhimmi par rapport aux musulmans et de leur vocation à être humiliés par les musulmans[8].L’historienne Bat Ye’or a consacré plusieurs ouvrages à l’histoire des dhimmis depuis les conquêtes musulmanes du VIIème siècle jusqu’à nos jours [9].De ses analyses historiques ,il ressort que les dhimmis ont interdiction de construire des maisons plus hautes que celles des musulmans[10],interdiction de porter des vêtements de couleur verte ( couleur de l’Islam) [11],interdiction de port d’armes [12],interdiction de monter à cheval ou à chameau avec une selle [13]interdiction de sonner les cloches des églises[14],interdiction de construire de nouvelles églises[15].Si l’église est située dans un pays ayant capitulé devant les conquérants musulmans son intérieur  peut être entretenu mais pas son extérieur!. Par contre si l’église est sise dans un pays conquis par la force des armes alors l’église ne peut pas être entretenue[16].Vivre comme dhimmi a donné lieu à dhimmitude-la condition d’être un dhimmi dans un pays musulman-un néologisme attribué à Mme Bat Ye’or et  utilisé par Bachir Gemayel,alors président du Liban, dans un discours prononcé le 14 septembre 1982 à Dayr-al -Salib dans lequel il refusait toutes les tentatives de la majorité musulmane de subjuguer les chrétiens maronites et  déclarait: « Nous refusons toute dhimmitude« [17]

Certains diront que les grands penseurs islamiques qui ont énoncé les règles de comportement des  dhimmis envers les musulmans et des musulmans envers les dhimmis, comme le Tafsir Ibn Kathir[18] ,Abu’l Hasan al-Mawardi[19] ou Abu Yousouf[20]ne sont plus d’actualité et que, de toute façon, la dhimmitude a été abrogée dans les pays islamiques.

Sur le premier point, observons que le Tafsir Ibn Kathir est toujours enseigné et que les grands penseurs comme  Mawardi, Abou Yousouf ou Ibn Khaldun font autorité encore aujourd’hui[21] comme en témoignent les écrits de Sayyid Abul A’la Mawdudi [22]ou de l’Ayatollah Khomeini[23].

Sur le second point, bornons nous à observer ,comme M.Henninger  et Mme Bat Ye’or l’ont fait, que  disparaissent  les communauté coptes en Egypte, les chrétiens au Soudan dont  les enfants subissent des conversions forcées, l’église orthodoxe syriaque en Turquie, que le patriarche chaldéo-assyrien de Mossoul est  enlevé et assassiné ,que grand est  le péril auquel sont confrontés les chrétiens de la vallée Swat au Pakistan suite à la trêve conclue entre le gouvernement du Pakistan et les talibans qui contrôlent cette vallée, ou encore qu’interdiction est faite aux travailleurs immigrés chrétiens  en Arabie saoudite  de pratiquer le christianisme .Ces exemples parmi tant d’autres prouvent  que la doctrine traditionnelle [24] est bien suivie aujourd’hui.  L’interdiction de pratiquer toute religion autre que l’Islam en Arabie saoudite ou dans les autres pays qui ont adopté la Shari’a se retrouve  dans les textes comme le Tafsir Ibn Kathir ou les écrits d’Ibn Khaldun ou  d’Abd El Whahab. Manifestement le sort des communautés chrétiennes en territoires islamiques est plus que préoccuppant: même si publiquement les gouvernements prétendent que la tolérance est de mise,les exactions perpétrées par les personnes privées musulmanes contres les populations chrétiennes continuent dans le but avoué de convertir ou de faire partir les « infidèles ».

Un courant non négligeable de pensée islamiste moderne se réclame des penseurs /juristes des premiers siècles de l’Islam [25]La doctrine  islamiste millénaire étant claire sur les rapports que les musulmans peuvent avoir avec les non-musulmans est-il réaliste de penser que les musulmans traditionalistes peuvent réellement accorder un respect mutuel aux chrétiens (et aux juifs)?

Eu égard à la doctrine islamiste , lorsque l’Occident se complait à faire étalage de sa tolérance n’ ignore-t-il pas une question fondamentale: comment une société tolérante doit- elle traiter avec une société dont la raison d’être est de la détruire ou de la subjuguer [26]parce que cette société est une société d’infidèles?

Que la tolérance soit une vertu ne peut être remis en cause par nulle personne de bonne volonté mais alors comment réconcilier l’idéal de tolérance avec la constatation que certains pensent encore ,à l’instar des penseurs musulmans traditionnels mentionnés ci-dessus[27] qu’il faut convertir de gré ou de force les infidèles et que tout pays du dar al-harb doit soit accepter la Shari’a soit être subjugué? Voilà donc dans la jurisprudence islamique l’aune à laquelle nous pouvons mesurer la tolérance.

Lectrices et lecteurs ne pensez vous pas qu’une société fondée sur la tolérance a comme premier devoir d’assurer sa survie ès-qualité de société tolérante? Si ces prémices sont acceptées, il s’en suit alors que ladite société est en droit de prendre des mesures de défense pouvant être autrement taxées d’intolérance parce qu’il faut assurer la pérennité d’une société fondée sur la tolérance.

Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, accordons néanmoins le bénéfice du doute à M.Obama dans ses relations avec le monde musulman et espérons que qu’il saura encourager celui-ci à évoluer  et à se mettre au diapason du XXIème siècle sans pour autant, comme l’ont fait trop d’européens, devenir des dhimmis parce qu’il faut être politiquement correct et ne jamais élever la moindre critique contre l’autre[28] surtout s’il est musulman.


[1] Discours devant le Parlement européen à Strasbourg le 3 avril 2009 et devant le parlement turc le 6 avril 2009.

[2] Pour des distinctions entre Oumah et dar al-Islam cf.Leon Brown Religion and State :the Muslim approach to Politics ( 2000) p.85

[3] Pour les nuances entre mushrikun ,coupables du péché de shirk et les kuffar cf.,inter alia,Jacques Waardenberg Muslims and Others (2003) p.192

[4] Peter Mandeville, Transnational Muslim Politics p.13

[5] Ibn Khaldun The Muqudimmah,An introduction to history,trad.F.Rosenthal ( 1958) I,473

[6] Where Two Worlds Collide:Muslim Schools Face Tensions of Islamic,U.S.Views,Washington Post 25 février 2002 p.A01

[7] La source en est la sourate 9 verset 29.

[8] Cf.commentaire de Tafsir Ibn Kathir sur la sourate 9:les dhimmis doivent « être en disgrace,humiliés et rabaissés »: وَهُمْ صَـغِرُونَ.Sur les règles de comportement des musulmans par rapport aux dhimmis cf.: http://www.qtafsir.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2566&Itemid=64: »Therefore, Muslims are not allowed to honor the people of Dhimmah or elevate them above Muslims, for they are miserable, disgraced and humiliated. Muslim recorded from Abu Hurayrah that the Prophet said,«لَا تَبْدَءُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَى بِالسَّلَامِ، وَإِذَا لَقِيتُمْ أَحَدَهُمْ فِي طَرِيقٍ فَاضْطَرُّوهُ إِلَى أَضْيَقِه»(Do not initiate the Salam to the Jews and Christians, and if you meet any of them in a road, force them to its narrowest alley.) This is why the Leader of the faithful ‘Umar bin Al-Khattab, may Allah be pleased with him, demanded his well-known conditions be met by the Christians, these conditions that ensured their continued humiliation, degradation and disgrace. »Commentaire du Tafsir sur la sourate 9:29.

[9] The Dhimmi:Jews and Christians Under Islam (2003) Islam and Dhimmitude:Where Civilizations Collide (2001),;Le Dhimmi:profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe ( 1980),Les chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude,VII-XX siècle(1991) , »Dhimmitude past and present:an invented or real history »Starr Foundation Lecture,Brown University 10 October 2002 http://dhimmitude.org/archive/by_lecture_10oct2002.htm.

[10] The Dhimmi p.62

[11] Id.203,215

[12] David B.Kopel Dhimmitude and Disarmement 18 George Mason University Civil Rights Law Journal 2008.Cette interdiction explique les exactions dont furent victimes au cours des siècles les communautés juives et chrétiennes vivant dans les territoires islamiques:cf.Majid Khadduri War and Peace in the Law of Islam (2006) p.193-195

[13] Pacte d’Umar cité par Norman Stillman ,The Jews of Arab Lands: A History and Source Book ( 1979) p.157-158

[14] Id.59-60,196,341

[15] Id.57-58

[16] Pacte d’Ummar Stillman ibd.p.99

[17] Lebanon News 8 No 18 14 Sept 1985 p.1-2

[18] Supra n.8

[19] Al-Ahkam as -Sultaniyyah.The Laws of Islamic Governance trad.Dr.Asadullah Yate (1996)

[20] Livre de l’impôt foncier Kitab el-Kharadj trad.Fagnan Paris 1921 p.189

[21] Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[22] A Short History of the Revivalist Movement in Islam (2002); »Political Theory of Islam »in Mansoor et al. Contemporary Debates in Islam:An Anthology of Modernist and Fundamentalist Thought(2000);

[23] Pour un gouvernement islamique (Paris, 1979), pp. 31ff.

[24] Doctrine exprimée dans le Tafsir Ibn Kathir ou dans les écrits d’Ibn Khaldun par exemple.

[25] Cf.inter alia,les réactions du Sheik Yousef Al-Qaradawi, chef spirituel des Frères Musulmans en Egypte sur la rencontre entre le Grand Rabin d’Israel I.Lau et le Sheikh Tantawi d’ Al Hazar: http://www.memri.org/bin/articles.cgi?Area=sr&ID=SR00398 et  Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[26] Cf.Ibn Khuldun supra n.4

[27]Ibn Khaldun ,Tafsir Ibn Kathir  ou Muhammad ibn Abd-al-Wahhab par exemple.

[28] Cf.les critiques adressées à Wim Wenders pour son documentaire ou encore les réactions aux dessins danois.

L’affaire Peytel: « Une ténébreuse affaire »

Comme l’explique Thibault de Ravel d’Esclapon, Peytel notaire est accusé de meurtre dans des circonstances que l’on pourrait trouver exagérées sous la plume d’un romancier :

 » Nuit du 1er novembre 1838, une nuit pluvieuse, vers 23h00, sur la route de Mâcon à Belley, dans l’Ain, la calèche du notaire Peytel file droit, au sortir d’un rendez-vous. Peytel est accompagné de son épouse, Félicité, et de son domestique, Louis Rey. Ce qu’il advint ensuite relève du mystère. Mais ce qui est certain, c’est que plus tard dans la soirée, le notaire frappait à la porte d’un médecin de Belley. Le corps de son épouse était à l’arrière de sa voiture. Visiblement choqué, il affirmait que son domestique avait tenté, près du pont d’Andert, de subtiliser l’argent qu’il rapportait. Sa femme avait été touchée par un tir de pistolet et le notaire avait couru après son employé, lui assénant, une fois rattrapé, plusieurs coups de marteau. La mort du domestique s’ensuivit. »

Pour en savoir plus sur cette affaire-erreur judiciaire ou non?- qui a en son temps mobilisé Balzac et Thackeray lisez Thibault de Ravel d’Esclapon .

French influence in Korea?

The recent publication of Robert Cohen’s book « Turning Around a Bank in Korea: A Business and Cultural Challenge » got me thinking. Here was a Frenchman, who after a distinguished 25-year career at the old Credit Lyonnais (now Calyon after some Executive Life troubles that got it absorbed by France’s « Green Bank », Caisse Nationale du Crédit Agricole), including 10 years as CEO of Crédit Lyonnais -Americas and a 3-year stint as vice-chairman of Republic National Bank under the late Mr. Safra took on the challenge of becoming the CEO of Korea’s largest bank, Korea First Bank with a mandate to turn it around. His slim volume is interesting on several levels: what  cultural and business challenges did he face, and how did he meet them, running a bank when you do not speak the language, a bank where women with PhD’s in economics are bank tellers ,a society in which seniority and age are possibly even more important than in Japan, a country where unions demonstrate by banging on drums for hours on end in the outer office of the CEO, a culture where his wife was expected to address him in Korean as Your Excellency ( I suspect he did not object too strenuously, when in Seoul…),a country where 15-or 30-year fixed rate mortgages were unknown because people only took out 3-to 5- year floating rate mortgages, where people spend fortunes on credit cards and do not use cheques. Such were his challenges and meet them well and truly he did. Not only was he able to turn around the bank and make a big pile for the private equity fund that had bought the basically bankrupt bank from the Korean Government after the 1997 Asian crisis by reselling the bank to Standard Chartered but he was the first to break the glass ceiling for Korean women when he promoted a woman to the post of senior vice president, something that had never been done before in Korea. Not at all a bad record for 4 years in Korea.

Was Robert Cohen the first Frenchman to exert such an influence in Korea? Important though his accomplishments may be, another Frenchman, General Legendre, blazed the trail 100 years before him. While Mr. Cohen fought with unions, General Legendre fought for the Union. Charles Legendre, born in 1830, was educated at the College Royal at Rheims and graduated from the Sorbonne. He met the daughter of a New York lawyer, Clara Mulock, married her in Brussels, moved to the United States and became a citizen. When the War Between the States started in 1861 he enlisted in the 51st NY Volunteers, Infantry. He served with distinction , was badly wounded at the battle of New Bern, North Carolina on 14 March 1862, « a ball injuring both the corner of the jaw and the spinal process. » Legendre was cited for displaying « most conspicuous courage until he fell wounded. »Later, serving under General Grant at the Second Battle of Wilderness he lost his left eye and the bridge of his nose. That did not prevent him from directing the defense of Annapolis from his hospital bed against Robert E. Lee’s last raid. He was given the title of brevet brigadier-general upon being honorably discharged and was soon appointed US consul to Amoy in China (1866-1872).

After a difference of opinions with the American minister in Beijing, Legendre resigned from the US Foreign Service to enter the Foreign Service of the Emperor of Japan. For his role in averting a war between Japan and China over Formosa, the Emperor made him the first recipient of the newly created Order of the Rising Sun. After spending 18 years in Japan, Legendre was called by the King of Korea in 1890 to become Vice President of the Home Office of Korea and adviser to the Household Department of the King. He died of apoplexy in 1899.It is hard for us today, used as we are to living and working in a global village, what it must have represented for such a man as General Legendre to go to Korea, a country about which not much was known at the time, and become one of the most influential people after the King!

Two very different destinies for two men of French origin who, 100 years apart, by happenstance, found themselves exerting a significant influence over Korean affairs. History: plus ça change plus c’est la même chose.

François Guizot (1787-1874)

Canal Académie nous propose une émission sur François Guizot par l’historien Laurent Theis ,auteur d’une biographie de Guizot .Dans cette émission ,il fait ressortir les trois passions , l’enseignement, l’histoire et la religion,d’un homme ayant vécu de la Révolution à la Troisième République et qui  était membre de trois académies : française, des inscriptions et belles-lettres, des sciences morales et politiques.Pour écouter cette émission cliquez sur le lien: http://www.canalacademie.com/Francois-Guizot.html

islamIslam needs to prove it’s a religion of peace

The editorial by Tawfik Hamid in the Wall Street Journal deserves serious consideration for the questions it raises.Like Mr Hamid one cannot help but be disappointed by the British denial of an entry visa to Mr Geert Wilders,the member of the Dutch parliament whose film « Fitna » caused an uproar in circles where criticism of Islam is not regarded as politically correct.This uproar reminds me of that met by Sylvain Gouguenheim ,the highly respected professor of medieval history at Ecole Normale superieure -Lyon,for his book  « Aristote au Mont Saint Michel.Les racines grecques de l’Europe chretienne » a remarkable piece of scholarship .

Interested readers will find much to think about in Christoph Luxenberg’s The Syro-Aramaic Reading Of The Koran: a contribution to the decoding of the language of the Qur’an (2007).Luxenberg,a German philologist specializing in semitic languages took to writing under a pseudonym because he was afraid of suffering from the same fate as Suleiman Bashear a scholar at Al-Nadja University in Nablus who was thrown out of a window by Muslim extremists for professing the same theories as Professor Luxenberg.

Similarly,Hellenism in Byzantium (2008) by Anthony Kaldellis  ,Dimitri Gutas’Greek Wisdom Literature in Arabic Translation (1975 ) and Hellenic Philosophy:Origin and Character (2006) by Christos Evangeliou,are « musts ».

Chronique d’un pharaon en justice : dernier acte pour Sésostris III

Pour comprendre les  difficultés de provenance et d’authenticité que peuvent rencontrer les collectionneurs, particulièrement lorsqu’il s’agit d’œuvres de la Haute Egypte lisez :Thibault de Ravel d’Esclapon

Légion étrangère

For my friend Ullrich who,as a German believed in a certain idea of France and acted upon it by enlisting in the French Foreign Legion,I post this UTube clip ( just click on the arrow in the image) that will bring back memories for him.

The French in New York

Talk at the New York Historical Society -Causerie a la New York Historical Societ 30 janvier 2008: https://www.nyhistory.org/web/images/Public_Programs/FallWntrBro56.pdf

Pour une « reponse » wallonne voir: http://smooz.4your.net/diplomatic-world/files/WALLSTREET.pdf

Wallon « reponse »

HEC Visions of Leadership 2007

Speaker at HEC Visions of Leadership : http://appli7.hec.fr/vol/events.php?PHPSESSID=f1a37c616043f9c8130ef171acb9a5cc

Grant and Lee:the French in the Civil War

https://www.nyhistory.org/web/default.php?section=public_programs&page=detail&program=8719519

Treaty of Paris 1783

Speech given at the John Jay Homestead ,December 12,2008,on the occasion of the opening of the special exhibition « John Jay and the Treaty of Paris » : Treaty of Paris

see also:http://johnjayhomestead.org/ and photos at http://johnjayhomestead.org/events/2008eventphotos.html

La nuit la plus longue, Sade et Portalis au pied de l’échafaud

Si vous souhaitez lire une critique de la piece du professeur Ost « La nuit la plus longue,Sade et Portalis au pied de l’echafaud » suivez le lien :Thibault de Ravel d’Esclapon