L’ homme et la mouche

Que l’homme prenne la mouche ne surprend personne. Que l’homme et la mouche partagent des comportements peut étonner. C’est pourtant le cas si l’on se fie aux travaux du professeur Zars[1] de l’Université du Missouri, spécialiste en neurobiologie. Le professeur Zars a étudié le comportement des mouches à fruit males, Drosophila melanogaster, et a découvert que les males privés de sexe noient leur dépit dans l’alcool : parallèle évident avec le comportement des hommes !


[1] G. Shohat-Ophir, K. R. Kaun, R. Azanchi, U. Heberlein. Sexual Deprivation Increases Ethanol Intake in Drosophila. Science, 2012; 335 (6074): 1351 DOI: 10.1126/science.1215932

La santé :service public ?

L’ article de M. Ezra Klein « Why an MRI costs $1,080 in America and $280 in France ? » ( Washington Post 3 mars 2012 cliquez ici pour le lire) soulève des questions aussi fondamentales qu’intéressantes. Notant qu’en 2009, les dépenses de santé aux Etats-Unis se montaient à $ 7,960 par personne alors qu’en France elles n’étaient que de $ 3,978 par personne, au  Canada $4,808 et en Allemagne $4,218, il observe que si les dépense de santé américaines étaient au niveau des trois pays cités le déficit américain serait résorbé. Il attribue la différence aux prix pratiqués par les fournisseurs des services de santé qui cherchent à maximiser leur bénéfices.

Si l’analyse de M. Klein-et celles des économistes qu’il cite- est bonne, alors pourquoi ne devrait-on pas considérer que  la fourniture de services de santé est un service public qui devrait  rémunéré sur la base des coûts plu un profit garanti ? Vos commentaires seront les bienvenus.

Le temps et l’espace dans la culture japonaise

Si ces concepts vous intriguent, lisez la critique du livre de  Katô Shûichi    « Le temps et l’espace dans la culture japonaise » par Agnès Cousin de Ravel en cliquant sur son nom.

Trente œuvres « disparues ou volées » saisies à l’Institut Wildenstein

Pour en savoir plus sur la saga des tableaux disparus, lisez l’article du journal Le Monde en cliquant ici , l’article dans The Telegraph, »Affaire Wildenstein:une nouvelle veuve porte plainte » dans le Paris-Match du 16 .02.2011, « Affaire Widenstein:scandale en toile de fond » par Daniele Georget ,13.02.2011, et l’article de David Le Bailly – Paris Match « L’étau judiciaire se resserre autour de Guy Wildenstein ».

Where else but in New York?

Wednesday,walking through Central Park with my friend Nicholas D. chatting merrily,if somewhat loudly,in French about the role of France in the concert of Nations  a lady ,looking remakably like the New York Public Library librarian in Ghostbusters, and,like her ,a librarian ,stops us ,apologizing profusely for the interruption ,to ask us in very good French,if in current usage a word such as « église » when capitalized should be written »Eglise » or « Église »!

Only in New York!

La Saint-Valentin et l’appropriation des fêtes païennes par l’Église

La fête de la Saint-Valentin est pour nous l’occasion de réfléchir aux fêtes païennes que l’Église par la suite a transformées en fêtes chrétiennes. Traditionnellement, la Saint-Valentin, aujourd’hui symbole des amoureux et donc indirectement de la fertilité, commémore les actions du prêtre Valentin à Rome lorsque l’empereur Claudius II Le Cruel avait interdit les mariages au motif que les jeunes gens mariés ne s’enrôlaient plus dans l’armée romaine. Valentin avait désobéi au décret et avait continué à célébrer le mariage de jeunes gens. Arrêté, puis condamné par le préfet, il fut d’abord roué de coups et puis décapité. Cette sentence fut exécutée le 14 février de l’an 270 ou 278. En fait, selon la très sérieuse Catholic Encyclopedia, l’origine et l’identité de Saint-Valentin relèvent du mystère puisque selon les Vies des martyrs antiques, il y aurait eu au moins trois Saint-Valentin tous martyrisés le 14 février mais dans des lieux différents !

Dans la Rome antique, le 14 février se situait au milieu de la fête des Lupercales (13-15 février). Cette fête de la fin de l’année romaine était une fête de purification, de santé et de fertilité. Elle se célébrait près d’une grotte appelée le Lupercal, probablement située au pied du Mont Palatin, en l’honneur du dieu des troupeaux Faunus Lupercus. Le rituel de la fête prévoyait le sacrifice d’un bouc dans la grotte où selon la légende la louve avait allaité Romulus et Remus. Après le sacrifice, les deux jeunes patriciens qui assistaient uniquement vêtus d’une peau de bouc, se faisaient toucher le front par le prêtre sacrificateur avec le couteau sacrificateur puis celui-ci enlevait le sang et alors les jeunes gens avaient l’obligation de rire aux éclats. Ensuite, armés de lanières de peau de bouc, les jeunes gens se mettaient à courir nus dans Rome, fouettant les femmes qui souhaitaient avoir un enfant dans l’année.

La fête reprenait un rituel plus ancien encore de nettoyage de printemps appelé Februa d’où le nom du mois de février. Ainsi, outre la purification, le rituel est aussi un rituel de passage : le sacrifice dans la grotte est bien entendu symbolique de la mort, le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise la résurrection et le bouc la fertilité.

Malgré l’interdiction des fêtes païennes dans une Rome devenue largement chrétienne, la fête des Lupercales continua à coexister avec le christianisme pendant de nombreux siècles mais au cinquième siècle, le pape Gélase Ier (494-496) estimant que la fête des Lupercales n’était plus observée que par le bas peuple a décidé d’interdire celle-ci et de la remplacer formellement par la fête de la Saint-Valentin.

La fixation de la fête de Noel au 25 décembre est un autre exemple d’appropriation : la date a été fixée pour supplanter la fête du culte mithriaque du sol invictus ou du Natalis Invicti. Le culte mithriaque, très répandu à Rome et en Asie Mineure au troisième et quatrième siècles, célébrait par cette fête le retour du soleil qui triomphait de la nuit de l’hiver. Dans le monde chrétien, la fixation de Noël au 25 décembre ne s’est effectuée au cours du quatrième siècle. Le Pape Benoît XVI considère que la fixation au 25 décembre est naturelle : c’est 9 mois après l’Annonciation !Au vu des nombreux auteurs, Pères de l’Église, qui ont estimé la relation entre le sol invictus et Noel comme établie, on peut aussi se demander, si la date du 25 mars pour l’Annonciation n’est pas aussi une date de convenance plutôt qu’une date historiquement prouvée.

Comme le fait remarquer l’historienne Anne Morelli, la fête de la Saint-Valentin est loin d’être la seule fête païenne à avoir été reprise par l’église catholique. Dans son intéressant article « La réinterprétation chrétienne des fêtes antérieures au christianisme » (cliquez ici pour lire l’article), elle souligne que les rogations et les litanies sont à l’origine des fêtes romaines connues sous le nom d’ambarvalla. Les rogations sont des prières publiques pour attirer la bénédiction divine sur les récoltes. La grande rogation est célébrée le 25 avril, fête de la Saint Marc. À cette date, à Rome, il y avait une grande procession qui sortait de Rome et lorsque le la fête païenne fut supplantée par la grande rogation celle-ci a continué d’emprunter le même itinéraire ! Les petites rogations, ou litanies, avaient lieu les trois jours précédents l’Ascension et correspondent à l’époque des gelées tardives que redoutent tant les agriculteurs.

Anne Morelli ne se contente pas de répertorier les fêtes romaines ou mithriaques qui ont été appropriées par le christianisme mais souligne à en outre l’importance des fêtes païennes venant de la Scandinavie et, bien entendu, de l’héritage judaïque. C’est ainsi qu’elle rappelle que la fête du solstice d’été le 21 juin a très longtemps résisté avant d’être reprise par le christianisme devenu la fête des feux de la Saint-Jean.

Ainsi, réfléchir au symbolisme des fêtes païennes qui ont pu être supplantées par les fêtes chrétiennes est un exercice intéressant et enrichissant.

 

La fête de la Saint-Valentin est pour nous l’occasion de réfléchir aux fêtes païennes que l’Église par la suite a transformées en fêtes chrétiennes. Traditionnellement, la Saint-Valentin, aujourd’hui symbole des amoureux et donc indirectement de la fertilité, commémore les actions du prêtre Valentin à Rome lorsque l’empereur Claudius II Le Cruel avait interdit les mariages au motif que les jeunes gens mariés ne s’enrôlaient plus dans l’armée romaine. Valentin avait désobéi au décret et avait continué à célébrer le mariage de jeunes gens. Arrêté, puis condamné par le préfet, il fut d’abord roué de coups et puis décapité. Cette sentence fut exécutée le 14 février de l’an 270 ou 278. En fait, selon la très sérieuse Catholic Encyclopedia, l’origine et l’identité de Saint-Valentin relève du mystère puisque selon les Vies des martyrs antiques, il y aurait eu au moins trois Saint-Valentin tous martyrisés le 14 février mais dans des lieux différents !

Dans la Rome antique, le 14 février se situait au milieu de la fête des Lupercales (13-15 février). Cette fête de la fin de l’année romaine était une fête de purification, de santé et de fertilité. Elle se célébrait près d’une grotte appelée le Lupercal, probablement située au pied du Mont Palatin, en l’honneur du dieu des troupeaux Faunus Lupercus. Le rituel de la fête prévoyait le sacrifice d’un bouc dans la grotte où selon la légende la louve avait allaité Romulus et Remus. Après le sacrifice, les deux jeunes patriciens qui assistait uniquement vêtus d’une peau de bouc, se faisait toucher le front par le prêtre sacrificateur avec le couteau sacrificateur puis celui-ci enlevait le sang et alors les jeunes gens avait l’obligation de rire aux éclats. Ensuite, armés de lanières de peau de bouc, les jeunes gens se mettaient à courir nus dans Rome, fouettant les femmes qui souhaitaient avoir un enfant dans l’année.

La fête reprenait un rituel plus ancien encore de nettoyage de printemps appelé Februa d’où le nom du mois de février. Ainsi, outre la purification, le rituel est aussi un rituel de passage : le sacrifice dans la grotte est bien entendu symbolique de la mort, le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise la résurrection et le bouc la fertilité.

Malgré l’interdiction des fêtes païennes dans une Rome devenue largement chrétienne, la fête des Lupercales continua à coexister avec le christianisme pendant de nombreux siècles mais au cinquième siècle, le pape Gélase Ier (494-496) estimant que la fête des Lupercales n’était plus observée que par le bas peuple a décidé d’interdire celle-ci et de la remplacer formellement par la fête de la Saint-Valentin.

La fixation de la fête de Noel au 25 décembre est un autre exemple d’appropriation : la date a été fixée pour supplanter la fête du culte mithriaque du sol invictus ou du Natalis Invicti. Le culte mithriaque, très répandu à Rome et en Asie Mineure au troisième et quatrième siècle, célébrait par cette fête le retour du soleil qui triomphait de la nuit de l’hiver. Dans le monde chrétien, la fixation de Noël au 25 décembre ne s’est effectuée au cours du quatrième siècle. Le Pape Benoît XVI considère que la fixation au 25 décembre est naturelle : c’est 9 mois après l’Annonciation !Au vu des nombreux auteurs, Pères de l’Église, qui ont estimé la relation entre le sol invictus et Noel comme établie, on peut aussi se demander, si la date du 25 mars pour l’Annonciation n’est pas aussi une date de convenance plutôt qu’une date historiquement prouvée.

Comme le fait remarquer l’historienne Anne Morelli, la fête de la Saint-Valentin est loin d’être la seule fête païenne à avoir été reprise par l’église catholique. Dans son intéressant article « La réinterprétation chrétienne des fêtes antérieures au christianisme » (cliquez ici pour lire l’article), elle souligne que les rogations et les litanies sont à l’origine des fêtes romaines connues sous le nom d’ambarvalla. Les rogations sont des prières publiques pour attirer la bénédiction divine sur les récoltes. La grande rogation est célébrée le 25 avril, fête de la Saint Marc. À cette date, à Rome, il y avait une grande procession qui sortait de Rome et lorsque le la fête païenne fut supplantée par la grande rogation celle-ci a continué d’emprunter le même itinéraire ! Les petite rogations, ou litanies, avait lieu les trois jours précédents l’Ascension et correspondent à l’époque des gelées tardives que redoutent tant les agriculteurs.

Anne Morelli ne se contente pas de répertorier les fêtes romaines ou mithriaques qui ont été appropriées par le christianisme mais souligne à en outre l’importance des fêtes païennes venant de la Scandinavie et, bien entendu, de l’héritage judaïque. C’est ainsi qu’elle rappelle que la fête du solstice d’été le 21 juin à très longtemps résisté avant d’être reprise par le christianisme devenu la fête des feux de la Saint-Jean.

Ainsi, réfléchir au symbolisme des fêtes païennes qui ont pu être supplantées par les fêtes chrétiennes est un exercice intéressant et enrichissant.

L’élection qui gêne l’UMP

Tel est le titre d’un récent article paru dans L’Express sur lequel une aimable lectrice a bien voulu attirer notre attention.

Au moment où les Français de l’Est des Etats-Unis s’apprêtent à voter, la lecture de cet article –cliquez ici pour le lire—incite à la réflexion.

Temps des crises de Michel Serres

L’académicien Michel Serres, professeur à Stanford, vient de publier un nouveau livre,Temps des Crises, dont le sous-titre est : « Mais que révèle le séisme financier et boursier qui nous secoue aujourd’hui ? »

Canal Académie  nous propose d’écouter l’entretien de Michel Serres avec Jacques Paugam.

Dans celui-ci, le philosophe note que la proportion maintenant très réduite du nombre d’agriculteurs et des professions associées  (1,7% contre plus de 60% en 1900) à la fin du XXe siècle  marque la « la fin du néolithique ».

Il analyse ensuite les conséquences de la mobilité des personnes et des choses ainsi  que des progrès de la santé et de la révolution des pratiques médicales. Pour Michel Serres, les nouvelles technologies constituent sont aussi révolutionnaires que l’invention de l’écriture ou de l’imprimerie.

Pour lui, la crise financière doit être analysée comme la crise dans l’évolution d’une maladie, soit le point d’inflexion de la maladie où le malade meurt ou guérit. Pour lui, l’important n’est pas de revenir à l’état antérieur mais d’intégrer le nouvel état du malade dont l’organisme a lutté avec succès contre la maladie. Cette capacité d’adaptation est la définition même de la vie, « invention permanente de la nouveauté ».C’est ainsi nous suggère-t-il qu’il faut aborder la recherche de solutions aux crises économiques.

Cliquez ici pour l’écouter.

Expatriés: votre accent vous rend-il moins crédible?

Selon les recherches effectuées par Boaz Keysar, professeur de psychologie à l’Université de Chicago et par le chercheur  Shiri Lev-Ari de la même université la réponse est affirmative aux Etats-Unis. C’est ce qui ressort de l’article qu’ils viennent de publier dans le denier numéro du Journal of Experimental Social Psychology [1]intitulé « Why Don’t We Believe Non-Native Speakers? The influence of Accent on Credibility »

Pour découvrir cette conséquence insidieuse de l’accent, ils ont fait lire le même texte par des locuteurs de langue maternelle anglaise et par des locuteurs dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. Une des phrases utilisée était : »A giraffe can go without water longer than a camel can ».Bien que les américains évaluant la crédibilité des locuteurs aient été prévenus que l’information contenue dans la phrase ne reflétait par les connaissances personnelles des locuteurs, l’expérience a démontré que les américains évaluant la crédibilité des locuteurs ont estimé que plus l’accent était fort, moins le locuteur était crédible. Selon le professeur Keysar, plus l’accent est prononcé moins l’auditeur comprend et plus il a tendance à attribuer la difficulté de compréhension à un manque de crédibilité du locuteur.

Ne faut-il pas tirer des leçons de ces recherches pour la composition des jurys, au pénal comme au civil, en fonction de la sévérité de l’accent des témoins? L’appréciation de telles recherches ne devrait-elle pas faire partie de la formation des juges?

Il serait intéressant de savoir si les résultats obtenus par MM. Keysar et  Lev-Ari avec des évaluateurs américains seraient les mêmes si l’expérience était menée d’abord entre américains parlant avec un fort accent régional-un locuteur avec un fort accent du Tennessee ou de l’Alabama est-il perçu comme moins crédible par un auditeur du Maine et vice versa- et ensuite avec des personnes de langue française devant évaluer la crédibilité de locuteurs dont le français n’est pas la langue maternelle[2]. Selon les résultats, on peut envisager un vaste chantier de réflexion sur la façon dont les  sociétés perçoivent et traitent les immigrants.


[1] Journal of Experimental Social Psychology,2010;DOI:10.1016/j.esp.2010.05.025

[2] Le lecteur pourra également consulter les travaux des professeurs Rafiq Ibrahim, Mark Leikin et Zohar Eviatar de l’Université de Haïfa Ibrahim, R., Eviatar, E., & Leikin, M. (2008). » Speaking Hebrew with an accent: Empathic capacity or other non-personal factors. » International Journal of Bilingualism, 12(3), 195-207 et Leikin, M., Ibrahim, R., Eviatar, Z., & Sapir, S. (2009). « Listening with an accent: Speech perception in a second language by late bilinguals ». Journal of Psycholinguistic Research, 38, 447-457.

Le plan de relance américain:bilan après un an

Mercredi 17 fevrier 2010, l’émission quotidienne ,L’heure des comptes,de Radio Canada m’a interrogé sur le bilan du plan de relance américain après une année. Pour écouter cette entrevue cliquez ici.



Did Alan Greenspan err?

Many, especially on Capitol Hill, find it convenient to blame Greenspan for the financial crisis from which we are barely emerging. The argument runs thusly: the combination of very cheap money policies and of deregulation so fervently adopted by Geenspan brought about the housing bubble, the subprime mess and assorted financial debacles. Is this line of thinking correct? Mr. Taylor, a friend of Mr.Greenspan thinks so, others, including, not surprisingly, Mr. Greenspan remain unconvinced by Mr. Taylor’s criticism of Mr. Greenspan’s policies. CNNMoney’s Geoff Colvin penned an interesting article (click here to read it) that summarizes the arguments on both sides of the debate in a cogent and articulate manner

Par contre ou en revanche?

Hier soir nous dînions avec des amis en Périgord. L’une des convives commence une phrase en disant « Par contre » et se fait reprendre par notre ami belge Yves au motif qu’il s’agit d’une expression provenant du français belge  et non pas du bon français. Interloqué ,je lui demande de préciser et il nous dit que lui-même s’était fait gourmander par Maurice Druon, académicien, qui lui avait soutenu que « par contre  » était une expression belge et qu’il fallait, en bon français dire « en revanche ».

Qu’en est-il?

Selon le Trésor de la langue française (Tlf), « par contre » est une locution adverbiale marquant l’opposition à un énoncé antérieur citant ,entre autres, Guy de Maupassant : »Si le jardin se trouvait à l’ombre ,la maison, par contre, était en plein soleil » (Contes et Nouvelles t.1Dimanches bourgeois, Paris 1880,p.297).Selon Grévisse ,les expressions « en revanche » ou « en compensation » « ajoutent à l’idée d’opposition une idée particulière d’équilibre heureusement rétablie » alors que ‘par contre » exprime « d’une façon toute générale l’idée d’opposition et a le sens nu de mais d’autre part, mais d’un autre côté ».

La locution adverbiale  « par contre » est une apparition récente dans le Dictionnaire de l’Académie française : elle figure à la  sixième et à la  septièmeédition (1835 et 1878) avec le sens : »Dans le style commercial, Par Contre, en compensation ». Dans la neuvième  édition, en cours de parution, l’Académie fait allusion à la controverse sur « par contre » et tranche ainsi:

 » Par contre, en revanche, d’un autre côté, en contrepartie, en compensation, à l’inverse.  Condamnée par Littré d’après une remarque de Voltaire, la locution adverbiale Par contre a été utilisée par d’excellents auteurs français, de Stendhal à Montherlant, en passant par Anatole France, Henri de Régnier, André Gide, Marcel Proust, Jean Giraudoux, Georges Duhamel, Georges Bernanos, Paul Morand, Antoine de Saint-Exupéry, etc. Elle ne peut donc être considérée comme fautive, mais l’usage s’est établi de la déconseiller, chaque fois que l’emploi d’un autre adverbe est possible. »

Laissons la parole à André Gide, cité par le Dictionnaire culturel en langue française (Robert 2005), qui justifie ainsi son emploi de « par contre »:

« Je sais bien que Voltaire et Littré proscrivent cette locution mais « en revanche » et « en compensation », formules de remplacement que Littré propose, ne me paraissent pas toujours convenables […] Trouveriez –vous décent qu’une femme vous dise: » Oui, mon frère et mon mari sont revenus saufs de la guerre; en revanche, jy ai perdu mes deux fils »? ou « la moisson n’a pas été mauvaise, mais « en compensation » toutes les pommes de terre ont pourri »? [….] « Par contre » m’est nécessaire, et, me pardonne Littré, je m’y tiens » Attendu que.. p 89

Notons, que le Larousse tient « par contre  » et « en revanche » pour synonymes et  que le Tlf indique   dans la rubrique « Revanche » que l’expression en revanche » a pour synonyme « par contre”

N’en déplaise à MM Voltaire et Littré ( et à leurs épigones), la langue a évolué !

A table, tous s’accordèrent  à dénoncer les périls auxquels s’exposent ceux qui, ayant acquis la notoriété dans un domaine, utilisent celle-ci pour faire des déclarations, souvent ô combien dogmatiques, sur des sujets ne relevant pas de leur spécialité.

Paul Krugman on Andrew Hall

Paul Krugman,ever the populist,has now jumped into the Hall fray ( read Rewarding Bad Actors NYT Aug.2,2009 ).In his editorial,Professor Krugman fires a broadside against Goldman Sachs’high frequency derived profits and against Mr.Hall.Arguendo,one might  find  high frequency trading to be reprehensible because those with higher speed computers are said to have an unfair advantage over the Lumpenproletariat whose computers dawdle along at much lower speeds.To condemn Mr.Hall,Professor Krugman then argues: »What about Mr. Hall? The Times report suggests that he makes money mainly by outsmarting other investors, rather than by directing resources to where they’re needed. Again, it’s hard to see the social value of what he does. »Does Professor Krugman really think there is something wrong about being smarter than others?Is this an indication of a belief that « equality » really means dumbing down to the lowest common denominator?His linking  outsmarting other investors and not directing ressources where they are needed is not mentionned in the article he cites as a source ( see David Segal ) nor is there a logical link between the proposition that Mr. Hall outsmarts others and the alleged lack of social value in what a Mr. Hall does with his greater smarts unless one were to hold the belief,as Professor Krugman implicitly appears to hold,that being smarter is unfair and has no social value.More’s the pity that such a leading economist should show such a bias.

James Madison and Hall’s $ 100M bonus

On July 27,2009,I posted a note  ( below: Rémunération des cadres bancaires : les $100 millions d’Andrew Hall ) on the  debate raging around Andrew Hall’s right to a $ 100 million bonus,the  topic now of David Segal’s  front page article in Sunday’s New York Times ( August 2,2009) .In my note I  stated that while there were sound reasons to reform the remuneration of traders to avoid excessive risk-taking and to adjust it to account for risks spread over a long period ( the classic problem of long tailed distributions such as Pareto or Lévy ones) there are even sounder reasons for the provision in the U.S. Constitution  prohibiting the  passing laws that affect contract rights retroactively. These reasons were best articulated by James Madison, writing as Publius, in 1788 ,No44 The Federalist Papers:

“Bills of attainder, ex post facto laws, and laws impairing the obligation of contracts, are contrary to the first principles of the social compact, and to every principle of sound legislation. The two former are expressly prohibited by the declarations prefixed to some of the State constitutions, and all of them are prohibited by the spirit and scope of these fundamental charters. Our own experience has taught us, nevertheless, that additional fences against these dangers ought not to be omitted. Very properly, therefore, have the convention added this constitutional bulwark in favor of personal security and private rights; and I am much deceived if they have not, in so doing, as faithfully consulted the genuine sentiments as the undoubted interests of their constituents. The sober people of America are weary of the fluctuating policy which has directed the public councils. They have seen with regret and indignation that sudden changes and legislative interferences, in cases affecting personal rights, become jobs in the hands of enterprising and influential speculators, and snares to the more-industrious and less informed part of the community. They have seen, too, that one legislative interference is but the first link of a long chain of repetitions, every subsequent interference being naturally produced by the effects of the preceding. “

President Madison’s wise observations deserve to be heeded by those who now seek to retroactively modify contract rights.

Où courrent-ils?

Les vacances sont pour nos compatriotes l’occasion de souffler un peu,de décompresser,en un mot de ne plus courrir comme ils se sentent obligés de le faire chaque jour  durant le reste de l’anné.Courrir, comme l’a si bien fait ressortir Raymond Devos avec son humour habituel,suscite des questions dont la moindre n’est pas :où courrent-ils? Délectez vous en attendant cette rentrée qui signale le redémarrage de la course!

Rémunération des cadres bancaires : les $100 millions d’Andrew Hall

Le débat continue de faire rage.Cette fois, il s’agit de la rémunération d’Andrew Hall, patron de la division Phibro de Citigroup.Celui-ci, contractuellement devrait toucher $100 millions au titre de l’exercice 2009.Cette perspective n’est pas au goût de Ken Feinberg, le tsar des traitements de cadres de sociétés aidées par le gouvernement. D’ou la relance du débat sur le droit à la modification ex post facto unilatérale d’un contrat. Comme l’explique Stephen Grocer dans le Wall Street Journal, la division Phibro a gagné beaucoup d’argent pour Citigroup et continue d’engranger des bénéfices plus que coquets et sera un facteur primordial du remboursement des aides gouvernementales par Citigroup.S’il est nécessaire de réformer le mode de rémunération  des opérateurs sur les marchés ( les fameux « traders ») pour prendre en compte l’étalement dans le temps des risques découlant des opérations (le problème de la longue traine des distributions de type Pareto ou de Lévy par exemple),il convient de le faire sans pour autant battre en brèche la disposition de la constitution américaine interdisant la modification unilatérale rétroactive des contrats. James Madison, commentant  cette disposition en 1788 dans le No 44 des Federalist Papers  en démontre la nécessité:

“Bills of attainder, ex post facto laws, and laws impairing the obligation of contracts, are contrary to the first principles of the social compact, and to every principle of sound legislation. The two former are expressly prohibited by the declarations prefixed to some of the State constitutions, and all of them are prohibited by the spirit and scope of these fundamental charters. Our own experience has taught us, nevertheless, that additional fences against these dangers ought not to be omitted. Very properly, therefore, have the convention added this constitutional bulwark in favor of personal security and private rights; and I am much deceived if they have not, in so doing, as faithfully consulted the genuine sentiments as the undoubted interests of their constituents. The sober people of America are weary of the fluctuating policy which has directed the public councils. They have seen with regret and indignation that sudden changes and legislative interferences, in cases affecting personal rights, become jobs in the hands of enterprising and influential speculators, and snares to the more-industrious and less informed part of the community. They have seen, too, that one legislative interference is but the first link of a long chain of repetitions, every subsequent interference being naturally produced by the effects of the preceding. “

Ces observations du père de la constitution méritent toutes l’attention de ceux qui aujourd’hui veulent remettre en cause les droits contractuels.

Health Care Reform

As Congress starts debating the Obama health care plan, an incursion into history may be in order. Years ago, in 1961,the Democrats proposed a form of socialized medicine. Concerned citizens mounted  Operation Coffee Cup Campaign against Socialized Medicine and then private citizen Ronald Reagan spoke out ( here) against socialized medicine in terms that all intellectually honest persons should ponder .Some years later,in 1978,in a speech at the Mayo Clinic, Milton Friedman provided a lucid,and still valid ,analysis of the consequences of socialized medicine on patients and the care to which one might think they are entitled but for socialized medicine see video here.

Clearly,those who do no study history are condemned to repeating history’s mistakes.

Les secrets du Vatican

Bernard Lecomte ancien journaliste à La Croix, auteur d’une excellente biographie de Jean-Paul II, spécialiste des questions religieuses, offre à notre délectation un ouvrage intitulé « Les secrets du Vatican » (Perrin 2009).Lecomte est un fin connaisseur des intrigues nouées dans les couloirs du Vatican.

Son point de départ est Benoît XV dont l’ambition était de redonner à la papauté un rôle dans le concert des nations et il termine avec le Panzerkardinal, Benoît XVI. Pour chacun de ces huit papes il nous propose de dévoiler  un « secret ». Les amateurs de complots liront avec intérêt pourquoi l’Eglise ne voit aucun profit à tirer de la preuve de l’authenticité du suaire de Turin mais seront déçus par la révélation du troisième secret de Fatima, par l’explication donnée par Lecomte de la mort de Jean Paul Ier, le pape au sourire, par son analyse de l’affaire Calvi ( Msgr Marcinkus n’était pas foncièrement malhonnête, mais son incompétence en finance faisait de lui la proie des aigrefins de tous poils, dont Calvi, qui selon Lecomte devait beaucoup à la Cosa Nostra et fini par payer ses dettes avec sa vie) et par sa conviction que la filière bulgare évoquée pour la tentative d’assassinat de Jean-Paul II relève de l’imagination débordante des amateurs de complots.

Par contre, les connaisseurs de procédure parlementaire apprécieront à sa juste valeur le duel entre Jean XXIII et le Saint Office pour le contrôle des comités ( et surtout de leur ordre du jour!) pour la préparation de Vatican II, le compte-rendu des luttes au sein de la toute puissante Commission  Théologique entre l’arrière-garde de Mgr Ottaviani qui défendait ,en minorité, une conception dogmatico-juridique de la doctrine et la majorité qui voulait réinstaurer une conception biblico-pastorale de la doctrine. In fine, les hésitations de Jean XXIII sur la politique à adopter en face des camps ennemis furent balayées  par la découverte qu’il souffrait d’une maladie sans espoir qui lui empêcherait de voir la conclusion du concile d’où son célèbre discours d’inauguration du concile Gaudet mater ecclesia.

Les amateurs de politique ne resteront pas sur leur faim  à la lecture de la description des relations entre Mussolini et Pie XI dont le résultat fût les Accords du Latran donnant l’indépendance juridique à la Cité du Vatican. Ils apprécieront aussi comment le sens politique de Jean Paul II (et la justesse de ses renseignements!) lui permirent de contrer Jaruslski dans l’affaire Solidarnósć de Lech Walesa parce qu’il avait correctement anticipé les réactions du grand frère soviétique alors incarné par Gorbatchev. L’habile manœuvre de Jean-Paul II pour contre l’Opus Dei en canonisant son fondateur José Maria Escriva de Balaguer en 2002 ne manquera pas de les faire béer d’admiration.

Ceci étant, ce qui m’a le plus frappé dans l’ouvrage de Lecomte c’est ce qu’il n’a pas fait ressortir autrement que peut-être en filigrane: combien certains hommes d’église se trouvèrent  à des points d’inflexion historiques et, de par leurs actions ou leurs inactions, furent ensuite choisis pour siéger sur le trône de Saint Pierre.

Pour Benoît XV, comme pour les prêtres catholiques en Russie tsariste, la révolution russe était l’occasion de contrer l’église orthodoxe. Pour ce faire et pour rétablir le rôle du Saint Siège dans la diplomatie internationale, Benoît XV avait deux nonces apostoliques sur qui il pouvait s’appuyer: Achille Ratti à Varsovie et Eugenio Pacelli à Berlin. Le nouveau régime soviétique souhaitait la reconnaissance par la papauté d’où le jeu joué par Benoît XV: nous reconnaîtrons Lénine si les catholiques russes obtiennent  la permission de pratiquer la religion catholique –distinction  par rapport aux russes orthodoxes  perçus comme tsaristes.

Benoît XV meurt et le 6 février 1922 Achille Ratti lui succède sous le nom de Pie XI. Celui-ci continue la stratégie de son prédécesseur et ,en 1924, envoye le Nonce Pacelli négocier directement avec Lénine .En 1925 ,il demande à Pacelli d’ordonner en secret à Berlin un jésuite de 46 ans ,Mgr Michel d’Herbigny ,comme évêque de toutes les Russies!

De tous les récents papes aucun n’a été plus contesté que Pie XII.Lui, qui alors  Mgr Pacelli, passa 12 ans comme nonce apostolique à Berlin,succéda à Pie XI, le pape qui voyait « loin et clair ». Pie XI, pape courageux, n’hésita pas à condamner l’Action française (1926), le fascisme (« Non abbiamo bisogno » 1931), le nazisme (« Mit brennender Sorge » 1937) et le communisme (« Divini redemptoris » 1937).

Pie XII était issu d’une lignée de proches du Saint Siège: son grand-père fonda l’Osservatore Romano et son père, doyen des avocats du Saint Siège, fût le négociateur des Accords du Latran. Pie XII était un négociateur chevronné de concordats: Serbie, 1914, Bavière 1924, Prusse 1929 et Bade 1929.Il pensait  après 12 ans comme nonce apostolique à Berlin qu’il pourrait négocier un concordat avec Hitler.

Sa formation de juriste, d’après Lecomte, explique le silence assourdissant de Pie XII sur les camps de concentration .Selon Lecomte, le 18 décembre 1942 M. Osborne, Ambassadeur du Royaume-Uni remis en mains propres un dossier complet sur les camps de concentration à Mgr Tardini en l’informant que les gouvernements américains et britanniques souhaitaient que Sa Sainteté utilise l’information pour son message de Noël au monde. Pie XII  refusa de prendre parti croyant, tel un juge, qu’il lui incombait de maintenir un devoir de réserve! Ceci ne l’a pas, heureusement, empêché d’abriter quelque 5000 juifs romains dans les immeubles relevant du Pape à Rome pour les mettre à l’abri des rafles nazies.

La triste affaire Finaly illustre bien comment certains prélats sont acteurs historiques. Cette affaire concernait un enfant juif baptisé dans sa plus tendre enfance pour le faire échapper à la déportation qui fut ensuite enlevé par des nonnes qui voulaient l’empêcher de redevenir juif avec ses parents naturels émigrés en Israël. Dans cette affaire, le nonce à Paris ,Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, soutînt les nonnes égarées alors que l’adjoint du Pape, Montini, le futur Paul VI calma les esprits et tenta de trouver une solution négociée.

C’est ainsi que l’on retrouve la patte des futurs princes de l’Eglise  dans le cas des prêtres-ouvriers .Qui alors nota la visite à Marseille d’un jeune
prêtre polonais venu pour étudier ce que le père Loew mettait en place pour combattre la montée du communisme dans le milieu ouvrier. Ce prêtre polonais s’appelait Karol Wojtyla! Au même moment, à Rome, le futur Paul VI approuve la publication en italien de l’ouvrage du père Loew sur les prêtres-ouvriers!

C’est toujours le même Paul VI qui en 1968 était confronté au problème de la pilule pour les catholiques. En 1930, Pie XI dans l’encyclique Casti Connubii avait autorisé la méthode Ogino. La question était de savoir si une méthode chimique, la pilule, devait être approuvée. Paul Vi nomma une commission constituée de théologiens, de médecins, et-innovation-de deux couples.au bout de près de 5 ans de délibérations, cette commission, sans doute influencée par Mme Colette Poitvin, qui osa demander aux augustes théologiens si, à leur avis, lorsqu’une femme se présente devant Dieu, celui va lui demander » as-tu aimé » ou « as-tu bien pris ta température? » recommanda au Pape d’autoriser la pilule. Cependant, Paul VI hésitait et finalement se rallia à l’opinion du jeune évêque de Cracovie Karol Wojtyla, auteur d’un traité « Amour et responsabilité » et, ainsi, promulgua Humanae vitae condamnant le recours à la pilule contre l’avis de ses experts!

Si la déception est au rendez-vous des amateurs de scandales ,les historiens sauront rendre hommage à Bernard Lecomte pour avoir  soulevé le voile du secret qui cachait  les problèmes spirituels et temporels qui confrontèrent nos huit  derniers papes.

Secrets of the Vatican

Bernard Lecomte,former journalist with the influential catholic daily newspaper La Croix, author of a well regarded biography of Pope Jean-Paul II has just published an interesting book : »Les secrets du Vatican »(Perrin 2009).Lecomte is a fine connoisseur of Vatican intrigue and whispered secrets.

Starting with Pope Benedict XV’s desire to have the papacy regain a role in international affairs and ending with Pope Benedict XVI,the former Panzerkardinal, the author highlights « secrets » from the reigns of each of these eight popes. Conspiracy buffs will delight in reading why the Holy See has no interest in proving the authenticity of the Shroud of Turin but will be disappointed by the revelation of the Third Secret of Fatima, by Lecomte’s explanation of Pope John Paul I’s death ,by his views on the Roberto Calvi affair ( Msgr Marcinkus was not dishonest, merely stupefyingly incompetent in financial matters  and Calvi was likely in the clutches of the Cosa Nostra) and by his belief that the Bulgarian connection in the case of Ali Agça’s attempted assassination of John Paul II is a figment of conspiracy theorists’ imagination.

Students of parliamentary procedure will appreciate how John XXIII and the Congregation for the Doctrine of the Faith battled for control of the committees (and their agendas!) for the preparation of Vatican II, how in the discussions within the all-important Theology Committee the high prelates pushing for the adoption of dogmatic-legalistic view of the Doctrine tried to thwart the biblico-pastoral views of the majority and how ,in fine,the Pope’s discovery of his terminal illness decided him to boldly go where no Pope had gone before in his famous opening speech Gaudet mater ecclesia.

Students of politics will delight in the description of the relationship between Mussolini and Pius XI that resulted in the Lateran Accords granting the independent legal status to Vatican City, in how John Paul II’ s political skills ( and accurate intelligence) allowed him to box in Jaruleski  in the matter of Walesa’s Solidarnórsć having correctly anticipated Gorbatchev’s reactions and will truly appreciate the beauty of John Paul II’s move to neutralize the Opus Dei by canonizing its founder José Maria Escriva de Balaguer in 2002.

That being said what struck me most is what the stories told by the author showed without expressly making the point: how at various critical junctures in history one finds men on the front lines of history and one finds those same men later ascending to the throne of Saint Peter.

For Benedict XV the Russian revolution presented an opportunity. For him, the elimination of the tsars, historical supporters of the Orthodox Church meant that there was an opening to help the Russian Catholics. To help him accomplish his goals of helping Russian Catholics and of restoring the papacy’s role in international affairs, Benedict XV relied on two nuncios Achille Ratti ( Pius XI) in Poland and Eugenio Pacelli (Pius XII) in Berlin. The new Soviet regime was anxious to gain recognition and Benedict XV hoped to dangle the recognition card to secure the future of Catholics in the new Soviet State.

Benedict XV died and on February 6, 1922 Achille Ratti is elected as his successor taking the name Pius XI.In 1924, Pius XI continues the strategy of Benedict XV and sends Nuncio Pacelli, the future Pius XII, to negotiate secretly with Lenin and in 1925 Pius XI secretly reestablishes a catholic hierarchy in the USSR asking Nuncio Pacelli  to secretly ordain 46-year old Jesuit Michel d’Herbigny as a bishop for all the USSR at a secret ceremony in Berlin.

Of all the recent popes none has been more controversial than the erstwhile nuncio to Berlin, Eugenio Pacelli elected in 1939 as Pius XII,following Pius XI « who could see clearly and far » .Pius XI  had the courage to promulgate  encyclicals  condemning the « Action française » (1926),fascism (« Non abbiamo bisogno« 1931 ) ,Nazism (« Mit brennender Sorge » 1937),and communism ( « Divini Redemptoris » 1937).

Pius XII came from a long line of people close to the Holy See: his grandfather founded the Osservatore Romano and his father as dean of the Holy See lawyers negotiated the Lateran Accords. Pius XII was himself an experienced negotiator of concordats (Serbia 1914, Baveria 1924, Prussia 1929, Baden 1929) who after 12 years as nuncio to Berlin thought he could get to some form of concordat with Hitler.

The legalistic training of Pius XII is, according to Lecomte, the reason underlying Pius XII’s silence on the death camps.Lecomte recounts how UK ambassador Osborne gave a complete dossier on the death camps to Msgr Tardini on December 18, 1942 with the message that the UK and US governments suggest the Pope should use it for his Christmas message to the world. Pius XII refused to take sides not wanting to provoke Hitler any further and believed that he, like a judge, had a duty of reserve. Yet, he was not afraid to use the Church’s buildings throughout Rome to shelter the some 5000 Roman Jews threatened by the Nazis.

The infamous Finaly affair-Jewish child baptized as toddler to protect against Nazi extermination kidnapped by nuns to prevent return to natural Jewish parents and relapse into Judaism- saw the nuncio to Paris Angelo Roncalli ,the future John XXIII siding with the errant nuns while the Pope’s assistant Montini ,the future Paul VI tried to find a negotiated solution.

Similarly, the influence of those titans of the Church can be discerned in the experiment with worker-priests in France. None other than Karol Wojtyla, the future John Paul II, visits Marseille in 1947 to study the experiment of Father Loew: to regain traction with the proletariat more and more taken by the Marxist gospel, priests were sent to work as ordinary factory workers without cassock and collar. The future Paul VI approves the publication of an Italian translation of father Loew’s book on the worker-priests experiment.

The very same Paul VI wrestled in 1968 with the problem of contraceptive pills for Catholics. In 1930, Pius XI had authorized the natural Ogino method in Casti Connubii.The issue was whether a chemical method should be approved by the Church. Paul VI appointed a blue-ribbon panel of experts,theologians,medical researchers and –innovation-two catholic couples .The panel recommended the approval of the Pill, no doubt in part influenced by the Canadian wife, Colette Poitvin, who asked the panel’s theologians whether they thought God was more likely to ask a woman « did you love » or « did you take your temperature » ?Yet Paul VI hesitated and was finally swayed by the up-and-coming bishop of Kracow he quickly promoted to cardinal, Karol Wojtyla who had written a book “Love and Responsibility” on the meaning of Christian love. And so Paul VI went against his experts’ advice and issued Humanae vitae condemning the Pill.

Scandalmongers will no doubt be disappointed by Lecomte’s book but historians will be grateful for his lifting the veil of secrecy over many temporal/spiritual issues that confronted those eight most recent Popes.

In vino sanitas :le paradoxe français

Le Français boit du vin et mange des aliments riches ,foie gras, ris de veau ,rognons etc., et cependant  souffre moins de maladies cardiaques que ceux qui ne boivent pas du tout :c’est ce que les médecins appellent le paradoxe français. La consommation de vin rouge par les Français en est l’explication. Depuis plusieurs années, il est reconnu que la molécule responsable du paradoxe français est le resvératrol .Cette molécule ,naturellement présente dans le vin, a des vertus anti-oxydantes bien établies[1]. Elle a été identifiée dès 1940  par le professeur  Takoaka dans l’hellébore blanche, comme quoi La Fontaine avait eu la bonne intuition !

Les chercheurs de l’Université du Pays Basque viennent d’allonger la liste des bienfaits du resvératrol en démontrant son action positive pour la réduction des accumulations de graisses dans le foie pour des raisons autres que l’alcoolisme[2].On savait déjà que la consommation de vin rouge réduit le risque de cancer du poumon[3],protège la prostate ( ceux qui boivent  4 à 7 verres de vin rouge par semaine ont la moitié moins de chance d’avoir un cancer de la prostate que ceux qui ne boivent pas du tout)[4],et, du moins pour les hommes (en remerciement à Noé pour avoir « planté les vignes »[5] ?) peut allonger l’espérance de vie de 5 ans ( un demi verre par jour par rapport à un régime sans alcool)[6] et que selon une étude de chercheurs de la Yale School of Public Health les patients buveurs de vin souffrant de lymphome de type non- Hodgkin  ont un bien meilleur taux de survie après 5 ans que ceux qui ne boivent pas  et que ceux qui ont bu du vin pendant au moins 25 ans avant le diagnostic ont un risque de rechute ,de décès ou de cancer secondaire réduit  de 25 et 35 %  et  réduit de 60% s’il s’agit de lymphome de cellules B[7].Une étude récente de la Faculté de Médecine de l’Université Cornell  démontre que cette magnifique molécule réduit considérablement la formation de ces plaques accusées de causer la maladie d’Alzheimer dans les cervaux des animaux testés[8].On peut supposer que c’est par une chélation du cuivre que le resvératrol agit sur les plaques.Cette molécule ,dans sa forme acétylée,selon le professeur Greenberger ,patron du service de Radiation Oncology de la Faculté de Médecine de l’Université de Pittsburgh, pourrait aussi offrir  une protection contre l’exposition aux radiations[9].

Une étude publiée[10] dans le British Medical Journal ,se basant sur des analyses de comportements de consommateurs au Danemark, aux Etats-Unis et en France ,montre que les buveurs de vin ont une alimentation plus saine que les buveurs de bière :ils mangent plus de fruits, de légumes, d’olives ( très utile pour la confection des martinis dry sans doute ?) de viande blanche et utilisent moins de graisses dans la cuisson alors que les buveurs de bière achètent des plats préparés, des pommes chips[11], des cochonailles, des saucisses, du beurre ,de la margarine et des sodas !

Resveratrol  laudamus te !


[1] Certains pensent que l’action de la molécule provient de l’activation du gène Sirtuin 1: Lagouge M, Argmann C, Gerhart-Hines Z, et al (December 2006). « Resveratrol improves mitochondrial function and protects against metabolic disease by activating SIRT1 and PGC-1α« . Cell 127 (6): 1109–22.

[2] Basque Research (2009, May 13). Two Glasses Of Wine A Day Helps To Reduce Quantity Of Fat In Liver. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2009/05/090512111157.htm.Les expériences de Melle Elizabeth Hijona Muruamendiaraz ont porté sur des souris souffrant d’estéatose hépatique non-alcoolique.Pour l’action bénéfique du vin rouge sur le foie cf. : University of California, San Diego Health Sciences (2008, May 22). Daily Glass Of Wine Could Improve Liver Health. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/05/080520162239.htm

[3] American Association for Cancer Research (2008, October 7). Red Wine May Lower Lung Cancer Risk. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/10/081007073922.htm

[4] Harvard Men’s Health Watch (2007, May 26). Red Wine Protects The Prostate, Research Suggests. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com/releases/2007/05/070525215203.htm ; University of Alabama at Birmingham (2007, September 1). Red Wine Compound Shown To Prevent Prostate Cancer. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2007/08/070831131320.htm

[5] Gen.9:20

[6] BMJ-British Medical Journal (2009, April 30). Half A Glass Of Wine A Day May Boost Life Expectancy By Five Years. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2009/04/090429205609.htm

[7] American Association for Cancer Research (2009, April 24). Drinking Wine May Increase Survival Among Non-Hodgkin’s Lymphoma Patients. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2009/04/090421154322.htm

[8] Karuppagounder SS, Pinto JT, Xu H, Chen HL, Beal MF, Gibson GE (November 2008). « Dietary supplementation with resveratrol reduces plaque pathology in a transgenic model of Alzheimer’s disease ». Neurochem Int. 54: 111.

[9] University of Pittsburgh Schools of the Health Sciences (2008, September 24). Plant Antioxidant May Protect Against Radiation Exposure. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/09/080923181110.htm

[10] BMJ-British Medical Journal (2006, January 20). Wine Drinkers Have Healthier Diets Than Beer Drinkers. ScienceDaily. Retrieved May 13, 2009, from http://www.sciencedaily.com­ /releases/2006/01/060119232848.htm

[11] Le mot figure bien dans le Larousse !

Islam et tolérance:Discours du Pape Benoît XVI aux Chefs religieux musulmans à la mosquée Al-Hussein bin Talal

Dans l’essai « Tolérance, révérence et dhimmitude »,que vous trouverez dans la section Op Ed de ce journal, j’ai tenté´de répondre à la question : le monde musulman est-il capable de traiter le monde non-musulman avec un respect mutuel. Le discours prononcé à la mosquée Al-Hussein bin Talal d’Amman le 9mai par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI  brille par sa construction et  par la profondeur des questions abordées par le Souverain Pontife dont  le regard acéré et pénétrant impressionne. Espérons, comme Sa Sainteté, que le monde musulman pourra  abandonner le recours à la violence, éviter la « manipulation idéologique de la religion « ,reconnaître que la raison humaine doit être utilisée pour élargir nos horizons ,admettre que les droits humains universels signifient égalité entre les hommes et les femmes, que « le droit à la liberté religieuse dépasse la seule question du culte et inclut le droit – spécialement pour les minorités – d’avoir accès au marché de l’emploi et aux autres sphères de la vie publique »? Le Pape a fort bien posé le problème et clairement tracé la voie mettant en exergue  la coopération et le respect des droits humains universels. La balle est dans le camp musulman.

Discours du Pape Benoît XVI aux Chefs religieux musulmans, au Corps diplomatique et aux Recteurs d’Université.

Altesse Royale,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est une source de grande joie pour moi de vous rencontrer ce matin dans ce lieu magnifique. Je souhaite remercier le Prince Ghazi Ben Mohammed Ben Talal pour ses aimables paroles de bienvenue. Les nombreuses initiatives de Votre Altesse Royale en vue de promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel sont appréciées par le peuple du Royaume hachémite et sont très largement reconnues par la communauté internationale. Je sais que ces efforts reçoivent le soutien actif des autres membres de la famille royale comme du Gouvernement de la Nation, et qu’elles trouvent un large écho à travers de nombreuses initiatives de collaboration parmi les Jordaniens. Pour tout cela, je désire exprimer ma sincère admiration.

Des lieux de culte, comme cette splendide Mosquée Al-Hussein Ben Talal du nom du révéré Roi défunt, se dressent comme des joyaux sur la surface de la terre. Les anciens comme les modernes, les plus splendides comme les plus humbles, tous ces édifices nous orientent vers le Divin, l’Unique transcendant, le Tout-Puissant. A travers les siècles, ces sanctuaires ont attiré des hommes et des femmes dans leur espace sacré pour qu’ils s’arrêtent, qu’ils prient, pour qu’ils reconnaissent la présence du Tout-Puissant et pour qu’ils confessent que nous sommes tous ses créatures.

Pour cette raison, nous ne pouvons pas manquer d’être interpelés par le fait qu’aujourd’hui, avec une insistance croissante, certains affirment que la religion faillit dans son ambition à être, par nature, constructrice d’unité et d’harmonie, à être une expression de la communion entre les personnes et avec Dieu. Certains soutiennent même que la religion est nécessairement une cause de division dans notre monde ; et ils prétendent que moins d’attention est prêtée à la religion dans la sphère publique, mieux cela est. Certainement et malheureusement, l’existence de tensions et de divisions entre les membres des différentes traditions religieuses, ne peut être niée. Cependant, ne convient-il pas de reconnaître aussi que c’est souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions et, parfois même, des violences dans la société ? Face à cette situation, où les opposants à la religion cherchent non seulement à réduire sa voix au silence, mais à la remplacer par la leur, la nécessité pour les croyants d’être cohérents avec leurs principes et leurs croyances est ressentie toujours plus vivement. Musulmans et chrétiens, précisément à cause du poids de leur histoire commune si souvent marquée par les incompréhensions, doivent aujourd’hui s’efforcer d’être connus et reconnus comme des adorateurs de Dieu fidèles à la prière, fermement décidés à observer et à vivre les commandements du Très Haut, miséricordieux et compatissant, cohérents dans le témoignage qu’ils rendent à tout ce qui est vrai et bon, et toujours conscients de l’origine commune et de la dignité de toute personne humaine, qui se trouve au sommet du dessein créateur de Dieu à l’égard du monde et de l’histoire.

La détermination des éducateurs et des responsables civils et religieux jordaniens à s’assurer que le versant public de la religion reflète sa véritable nature, est digne d’éloge. Par l’exemple donné par des individus et des communautés, et par la prévision des cours et des programmes de formation, se met en évidence la contribution positive de la religion dans les secteurs éducatif, culturel, social et charitable de votre société civile. J’ai eu un exemple de première main de cet espoir. Hier, j’ai été le témoin du travail renommé en matière d’éducation et de réhabilitation du Centre Notre Dame de la Paix, où chrétiens et musulmans transforment la vie de familles entières, en les assistant pour que leurs enfants handicapés puissent prendre leur juste place dans la société. Plus tôt ce matin, j’ai béni la première pierre de l’Université de Madaba où de jeunes adultes chrétiens et musulmans bénéficieront côte à côte d’un enseignement universitaire, les rendant aptes à contribuer de façon appropriée au développement économique et social de leur nation. Les nombreuses initiatives de dialogue interreligieux soutenues par la famille royale, par la communauté diplomatique, et parfois entrepris en coordination avec le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux sont aussi dignes d’éloge. Cela inclut le travail actuel accompli par l’Institut Royal pour les Etudes Interreligieuses et pour la Croyance Islamique, le Message d’Amman de 2004, le Message interreligieux d’Amman de 2005 et, plus récemment, la lettre Common Word (Parole commune) qui faisait écho à un thème consonnant à celui de ma première Encyclique : le lien indissoluble entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et la nature fondamentalement contradictoire de l’usage de la violence et de l’exclusion au nom de Dieu (cf. Deus caritas est, n.16).

De telles initiatives conduisent clairement à une meilleure connaissance réciproque, et elles favorisent un respect grandissant à la fois pour ce que nous avons en commun et pour ce que nous comprenons différemment. Ainsi, devraient-elles pousser les Chrétiens et les Musulmans à explorer toujours plus profondément la relation essentielle entre Dieu et ce monde de telle façon que nous puissions nous efforcer d’assurer que la société s’établisse en harmonie avec l’ordre divin. A cet égard, la coopération développée ici en Jordanie est une illustration exemplaire et encourageante pour la région, et même pour le monde, de la contribution positive et créatrice que la religion peut et doit apporter à la société civile.

Chers amis, je désire aujourd’hui mentionner une tâche dont j’ai parlé à de nombreuses reprises et dont je crois fermement que Chrétiens et Musulmans peuvent la prendre en charge, particulièrement à travers leurs contributions respectives à l’enseignement et à l’éducation ainsi qu’au service public. Il s’agit du défi de développer en vue du bien, en référence à la foi et à la vérité, le vaste potentiel de la raison humaine. Les Chrétiens parlent en effet de Dieu, parmi d’autres façons, en tant que Raison créatrice, qui ordonnes et gouverne le monde. Et Dieu nous rend capables de participer à sa raison et donc d’accomplir, en accord avec elle, ce qui est bon. Les Musulmans rendent un culte à Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui a parlé à l’humanité. En tant que croyants au Dieu unique, nous savons que la raison humaine est elle-même un don de Dieu et qu’elle s’élève sur les cimes les plus hautes quand elle est éclairée par la lumière de la vérité divine. En fait, quand la raison humaine accepte humblement d’être purifiée par la foi, elle est loin d’en être affaiblie ; mais elle en est plutôt renforcée pour résister à la présomption et pour dépasser ses propres limitations. De cette façon, la raison humaine est stimulée à poursuivre le noble but de servir le genre humain, en traduisant nos aspirations communes les plus profondes et en élargissant le débat public, plutôt qu’en le manipulant ou en le confinant. Ainsi, l’adhésion authentique à la religion – loin de rendre étroits nos esprits – élargit-elle l’horizon de la compréhension humaine. Elle protège la société civile des excès de l’égo débridé qui tend à absolutiser le fini et à éclipser l’infini, elle assure que la liberté s’exerce « main dans la main » avec la vérité, et elle enrichit la culture avec des vues relatives à tout ce qui est vrai, bon et beau.

Cette manière de concevoir la raison, qui pousse continuellement l’esprit humain au-delà de lui-même dans la quête de l’Absolu, constitue un défi ; elle oblige à la fois à l’espérance et à la prudence. Chrétiens et Musulmans sont poussés, ensemble, à rechercher tout ce qui est juste et vrai. Nous sommes liés pour dépasser nos propres intérêts et pour encourager les autres, les fonctionnaires et les responsables en particulier, à agir de même pour faire leur la profonde satisfaction de servir le bien commun, même s’il doit en coûter personnellement. N’oublions pas que parce que c’est notre commune dignité humaine qui donne naissance aux droits humains universels, ceux-ci valent également pour tout homme et toute femme, quelque soit sa religion et quelque soit le groupe ethnique ou social auquel il appartienne. À cet égard, nous devons noter que le droit à la liberté religieuse dépasse la seule question du culte et inclut le droit – spécialement pour les minorités – d’avoir accès au marché de l’emploi et aux autres sphères de la vie publique.

Avant de vous quitter, je voudrais ce matin mentionner de manière spéciale la présence parmi nous de Sa Béatitude Emmanuel III Delly, Patriarche de Bagdad, que je salue chaleureusement. Sa présence me conduit à faire mémoire du peuple voisin, celui d’Iraq, dont de nombreux membres ont trouvé refuge ici en Jordanie. Les efforts de la communauté internationale pour promouvoir la paix et la réconciliation, conjugués à ceux des responsables locaux, doivent continuer afin de porter des fruits dans la vie des Iraquiens. Je souhaite exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui sont engagés dans les efforts pour renouer la confiance et pour rebâtir les institutions et les infrastructures nécessaires au bien-être de ce pays. Et, une fois encore, j’invite avec insistance les diplomates et la communauté internationale qu’ils représentent, ainsi que les responsables politiques et religieux locaux, à faire tout ce qui est possible pour assurer à l’antique communauté chrétienne de cette noble terre ses droits fondamentaux à une coexistence pacifique avec l’ensemble des autres citoyens.

Chers amis, je crois que les sentiments que j’ai exprimés aujourd’hui nous donnent une espérance renouvelée face à l’avenir. Notre amour et notre service devant le Tout Puissant s’expriment non seulement dans notre culte mais aussi dans notre amour et notre préoccupation pour les enfants et les jeunes – vos familles – et tous les Jordaniens. C’est pour eux que vous travaillez et ce sont eux qui motivent votre exigence de placer le bien de toute personne humaine au cœur des institutions, des lois et des travaux de la société. Puisse la raison, humble et ennoblie par la grandeur de la vérité de Dieu, continuer à modeler la vie et les institutions de ce pays, de telle sorte que les familles puissent prospérer et que tous puissent vivre en paix, en contribuant à la culture qui donne son unité à ce grand royaume et en la faisant grandir !

Tolerance and Islam:The Pope’s speech at the Al-Hussein bin Talal mosque in Amman

In my essay « Tolerance, reverence and dhimmitude » ,see below,I examined whether the Muslim world is capable of dealing with non-Muslims with « mutual respect ». The Pope’s speech today at the Al Hussein bin Talal mosque in Amman, Jordan, reproduced below, is brilliant and deeply perceptive in the points he makes. The ball is now squarely in the Muslim world’s camp.As  his Holiness, and we all, hope ,can the Muslim world abandon the idea that violence is an answer, that the manipulation of religion for political aims is wrong, that the reason with which we are endowed should allow us to widen horizons, that universal human rights dictate equality between men and women and freedom to practice one’s religion as well as equal employment opportunities irrespective of religion. Here is the Pope’s speech:

Your Royal Highness,

Your Excellencies,

Distinguished Ladies and Gentlemen,

It is a source of great joy for me to meet with you this morning in this magnificent setting. I wish to thank Prince Ghazi Bin Muhammed Bin Talal for his kind words of welcome. Your Royal Highness’s numerous initiatives to promote inter-religious and inter-cultural dialogue and exchanges are appreciated by the people of the Hashemite Kingdom and they are widely respected by the international community. I know that these efforts receive the active support of other members of the Royal Family as well as the nation’s government, and find ample resonance in the many initiatives of collaboration among Jordanians. For all this, I wish to express my own heartfelt admiration.

Places of worship, like this splendid Al-Hussein Bin Talal mosque named after the revered late King, stand out like jewels across the earth’s surface. From the ancient to the modern, the magnificent to the humble, they all point to the divine, to the Transcendent One, to the Almighty. And through the centuries these sanctuaries have drawn men and women into their sacred space to pause, to pray, to acknowledge the presence of the Almighty, and to recognize that we are all his creatures.

For this reason we cannot fail to be concerned that today, with increasing insistency, some maintain that religion fails in its claim to be, by nature, a builder of unity and harmony, an expression of communion between persons and with God. Indeed some assert that religion is necessarily a cause of division in our world; and so they argue that the less attention given to religion in the public sphere the better. Certainly, the contradiction of tensions and divisions between the followers of different religious traditions, sadly, cannot be denied. However, is it not also the case that often it is the ideological manipulation of religion, sometimes for political ends, that is the real catalyst for tension and division, and at times even violence in society? In the face of this situation, where the opponents of religion seek not simply to silence its voice but to replace it with their own, the need for believers to be true to their principles and beliefs is felt all the more keenly. Muslims and Christians, precisely because of the burden of our common history so often marked by misunderstanding, must today strive to be known and recognized as worshippers of God faithful to prayer, eager to uphold and live by the Almighty’s decrees, merciful and compassionate, consistent in bearing witness to all that is true and good, and ever mindful of the common origin and dignity of all human persons, who remain at the apex of God’s creative design for the world and for history.

The resolve of Jordanian educators and religious and civic leaders to ensure that the public face of religion reflects its true nature is praiseworthy. The example of individuals and communities, together with the provision of courses and programs, manifest the constructive contribution of religion to the educational, cultural, social and other charitable sectors of your civic society. Some of this spirit I have been able to sample at first hand. Yesterday, I experienced the renowned educational and rehabilitation work of the Our Lady of Peace Centre where Christians and Muslims are transforming the lives of entire families, by assisting them to ensure that their disabled children take up their rightful place in society. Earlier this morning, I blessed the foundation stone of Madaba University where young Muslim and Christian adults will side by side receive the benefits of a tertiary education, enabling them to contribute justly to the social and economic development of their nation. Of great merit too are the numerous initiatives of inter-religious dialogue supported by the Royal Family and the diplomatic community and sometimes undertaken in conjunction with the Pontifical Council for Inter-religious Dialogue. These include the ongoing work of the Royal Institutes for Inter-faith studies and for Islamic Thought, the Amman Message of 2004, the Amman Interfaith Message of 2005, and the more recent Common Word letter which echoed a theme consonant with my first encyclical: the unbreakable bond between love of God and love of neighbor, and the fundamental contradiction of resorting to violence or exclusion in the name of God (cf. Deus Caritas Est, 16).

Such initiatives clearly lead to greater reciprocal knowledge, and they foster a growing respect both for what we hold in common and for what we understand differently. Thus, they should prompt Christians and Muslims to probe even more deeply the essential relationship between God and his world so that together we may strive to ensure that society resonates in harmony with the divine order. In this regard, the co-operation found here in Jordan sets an encouraging and persuasive example for the region, and indeed the world, of the positive, creative contribution which religion can and must make to civic society.

Distinguished friends, today I wish to refer to a task which I have addressed on a number of occasions and which I firmly believe Christians and Muslims can embrace, particularly through our respective contributions to learning and scholarship, and public service. That task is the challenge to cultivate for the good, in the context of faith and truth, the vast potential of human reason. Christians in fact describe God, among other ways, as creative Reason, which orders and guides the world. And God endows us with the capacity to participate in his reason and thus to act in accordance with what is good. Muslims worship God, the Creator of Heaven and Earth, who has spoken to humanity. And as believers in the one God we know that human reason is itself God’s gift and that it soars to its highest plane when suffused with the light of God’s truth. In fact, when human reason humbly allows itself to be purified by faith, it is far from weakened; rather, it is strengthened to resist presumption and to reach beyond its own limitations. In this way, human reason is emboldened to pursue its noble purpose of serving mankind, giving expression to our deepest common aspirations and extending, rather than manipulating or confining, public debate. Thus, genuine adherence to religion – far from narrowing our minds – widens the horizon of human understanding. It protects civil society from the excesses of the unbridled ego which tend to absolutize the finite and eclipse the infinite; it ensures that freedom is exercised hand in hand with truth, and it adorns culture with insights concerning all that is true, good and beautiful.

This understanding of reason, which continually draws the human mind beyond itself in the quest for the Absolute, poses a challenge; it contains a sense of both hope and caution. Together, Christians and Muslims are impelled to seek all that is just and right. We are bound to step beyond our particular interests and to encourage others, civil servants and leaders in particular, to do likewise in order to embrace the profound satisfaction of serving the common good, even at personal cost. And we are reminded that because it is our common human dignity which gives rise to universal human rights, they hold equally for every man and woman, irrespective of his or her religious, social or ethnic group. In this regard, we must note that the right of religious freedom extends beyond the question of worship and includes the right – especially of minorities – to fair access to the employment market and other spheres of civic life.

Before I leave you this morning I would like to acknowledge in a special way the presence among us of His Beatitude Emmanuel III Delly, Patriarch of Baghdad, whom I greet most warmly. His presence brings to mind the people of neighboring Iraq many of whom have found welcome refuge here in Jordan. The international community’s efforts to promote peace and reconciliation, together with those of the local leaders, must continue in order to bear fruit in the lives of Iraqis. I wish to express my appreciation for all those who are assisting in the endeavors to deepen trust and to rebuild the institutions and infrastructure essential to the well-being of that society. And once again, I urge diplomats and the international community they represent together with local political and religious leaders to do everything possible to ensure the ancient Christian community of that noble land its fundamental right to peaceful coexistence with their fellow citizens.

Distinguished friends, I trust that the sentiments I have expressed today will leave us with renewed hope for the future. Our love and duty before the Almighty is expressed not only in our worship but also in our love and concern for children and young people – your families – and for all Jordanians. It is for them that you labor and it is they who motivate you to place the good of every human person at the heart of institutions, laws and the workings of society. May reason, ennobled and humbled by the grandeur of God’s truth, continue to shape the life and institutions of this nation, in order that families may flourish and that all may live in peace, contributing to and drawing upon the culture that unifies this great Kingdom! Thank you very much!

BBC Forum: Chaos theory, money and patients

On Sunday May 9, 2009 the BBC Forum (listen here) convened Lord Robert May, former scientific adviser to the British government, Gillian Tett, financial analyst and social anthropologist, and Abraham Verghese, doctor and author. Lord May showed how a very simple equation can be used to create a situation of chaos. His analysis, applicable to ecological changes as well as to epidemics, showed very clearly how a small change in initial conditions can create vastly different results. Gillian Tett, using her dual background presented a fascinating view of the lure of money and Dr.Verghese showed how the ritual of personal examination of a patient by the doctor fulfills an important therapeutic role-an observation worth pondering in this age of medicine by machines and of doctors who, pressured by costs and by greed, hardly spend any time with their patients preferring to rely on test results in lieu of personal observation.

Tolerance,reverence and dhimmitude

During his trip to Europe,President Obama stated on several occasions [1]that his policy towards the Muslim world was going to be based on « mutual respect » going so far as to state in his speech to the European Parliament that he was going to show respect by « changing our language and our tone  » in our relations to the Muslim world.

At the G-20 meeting in London,Mr Obama put his money where his mouth is:he bowed deeply the  King of Saudi Arabia (see video )  while he only slightly inclined his head towards the Queen of England ( see video ) whom he met on the same occasion.

Is the Muslim world capable of treating with « mutual respect  » the non-Muslim world?

Daniel Henninger,the Wall Street Journal Assistant Editor-in-chief of the Editorial page raises the question underscoring the persecutions suffered by the Christian populations living in the Muslim world,arguing in conclusion that Mr. Obama should make tolerance vis-à-vis religious minorities the basis for « mutual respect ».

However laudable that goal may be,is it attainable from the Muslim side? An examination of Koranic doctrine and jurisprudence impels one to doubt it.

For Muslims,the world is traditionally divided in two: the dar al-Islam[2],the land where the Shari’a is the governing law and the dar al-harb,the land of the infidels ( mushrikun) [3] against whom the Muslims have a duty to wage war ( jihad) [4].As the great Muslim scholar and theologian ,Ibn Khaldun (1332-1406) wrote : »For Muslims,the Holy War ( jihad) is a religious duty because of the universality of the mission of the Muslims and of [the obligation ] to convert all non-Muslims to Islam either by persuasion or by force. »[5].The inhabitants of the dar al harb ,the harbis, have neither  legal existence nor  legal rights to anything: they and their possessions may be taken by any Muslim without compensation as the harbis are not « persons » entitled to any legal protections.This doctrine explains why the two Washington Post journalists ,Valerie Strauss and Emily Wax,investigating the teachings in Islamic schools in the greater Washington ,D.C. area,found that in some schools, 7-year olds were taught that stealing from a non-Muslim was not a theft.[6]

Within Muslim lands,the people of the Book -Christians and Jews-have a special status: they are dhimmis.Since they are people of the Book,they are not to be exterminated on sight but may be allowed to live provided ,as dhimmis,they pay an annual poll tax ( jizyia) [7] and ,as stated the the standard commentary on the Koran, the Tafsir Ibn Kathir  ( 701-744) accept to be  inferiors to the Muslims and treated by the Muslims as inferiors and humiliated as such[8].The historian Bat Ye’or has written the authoritative books on the history of the dhimmis from the Muslim conquests of the VIIth century to the XXth century[9].From her research,it is established that dhimmis were barred from building houses that were higher than those of Muslims[10],from wearing green clothing,green being the color of Islam[11],from riding horses or camels with a saddle[12],from bearing arms[13],from ringing church bells[14],from building new churches[15].If the church was located in lands that had capitulated  then it was permitted to repair and maintain the interior of the church but not the exterior.If,however,the church was located in lands that had been subjugated then even the church’s interior could not be maintained.[16]

To live as a dhimmi has given rise to a neologism attibutted to Bat Ye’or, dhimmitude that was used by the then President of Lebanon Bashir Gemayel in a speech on 14 September 1982 at Dayr al Salib.In that speech,President Gemayel refused all attempts by the Muslim majority to subjugate the maronite Christians stating : »We reject any dhimmitude« [17]

Some will argue that the great Muslim theologians who articulated the rules of behavior of the dhimmis towards the Muslims and of the Muslims towards the dhimmis ,such as the Tafsir Ibn Kathir [18] Abu’l Hasan al-Mawardi[19] ou Abu Yusuf[20] are no longer representative of Muslim thinking and that in all event the dhimmi status was abrogated in Muslim lands.

On the first point suffice it to observe that the Tafsir Ibn Kathir is still taught today and that the great Islamic theologians ,Mawardi,Abu Yusuf or Ibn Khaldun are still authoritative today[21] as can be seen from the writings of Sayyid Abul A’la Mawdudi [22]or of Ayatollah Khomeini[23].

On the second point,suffice it to observe ,as Mr Henninger and Professor Bat Ye’or have,the disappearance of the Copts in Egypt,of the Christians in Sudan whose children are forcibly converted[24],of the Syriac-Orthodox church in Turkey,the great peril now facing the Christians in the Swat Valley of Pakistan after the government ceded control of the valley to the Talibans,the prohibition for Christian foreign workers in Saudi Arabia to practice their religion.Those example from among far too many others prove that the traditional teachings of Islam[25] are still followed today.After all,the prohibition against practicing any religion other than Islam in Saudi Arabia or in other countries ruled by the Shari’a is found in the Tafsir Ibn Kathir,in the writings of Ibn Khaldun and of Abd El Wahhab.The fate of the Christians  in Muslim lands is preoccupying in the extreme: even if governments pay lip service to the idea of religious tolerance,the exactions perpetrated by private Muslims against Christians are continuing in the avowed goal of either converting the « infidels  » or driving them away.

Numerous modern day Islamic thinkers  cite the early Muslim thinkers as authorities[26].The 1200-year old Islamic doctrine is clear on the rule governing the behavior of Muslims towards non-Muslims.Accordingly,is it realistic to think that traditional Muslims can truly treat non-Muslims with « mutual respect »?

Considering the age old Islamic doctrine,when the West parades its tolerance,doesn’t the West ignore a fundamental question,i.e.,how should a society espousing tolerance as a cardinal virtue deal with another society whose raison d’ être is to destroy it or to subjugate it[27] because that society- ours- is a society of « infidels »?

That tolerance should be a cardinal virtue cannot be debated by any person of good will but ,then, how can one reconcile the ideal of tolerance with the realization that many, following the teachings of the early Islamic thinkers and theologians discussed above[28],think that « infidels » must be converted by persuasion or by force and that all lands of the dar al-harb must either accept Shari’a or be subjugated?This is the yardstick derived from Islamic jurisprudence that must used to measure tolerance.

Dear readers: do you not think that the first duty of any society founded on principles of tolerance is  to take such steps as may be required -even if those might be viewed as contravening the principles of tolerance- to insure its survival as a tolerant society?If you accept those premises then a tolerant society is justified in adopting measures otherwise viewed as intolerant  because the obligation to insure survival as a tolerant society has a higher priority than the obligation to be tolerant.

Even though the road to hell may be paved with good intentions,let us give Mr Obama the benefit of the doubt in the relations he is trying to forge with the Muslim world and let us hope that he will have the will and desire to encourage it to evolve and be brought into the XXIst century.Let us further hope that Mr Obama,despite the protocol gaffe will not in so doing emulate the far too many Europeans,who ,because of a perceived need to be politically correct,have become dhimmis and refuse to criticize others,especially when the others are Muslims[29].


[1] Speech before the European Parliament in Strasburg on April 3,2009,Speech before the Turkish Parliament April 6,2009.

[2] For the distinctions between Ummah and dar al-Islam cf. Leon Brown Religion and State :the Muslim approach to Politics ( 2000) p.85

[3] For the  nuances between mushrikun ,who committed the sin of shirk and the kuffar(kufr=to conceal) he who denies God is a kafir ( a concealer) for he hides his disbelief  cf.,inter alia, Bat Ye’or, Islam and Dhimmitude,p.197 and Jacques Waardenberg Muslims and Others (2003) p.192

[4] Peter Mandeville, Transnational Muslim Politics p.13

[5] [5] Ibn Khaldun The Muqudimmah,An introduction to history,transl.F.Rosenthal ( 1958) I,473

[6] Where Two Worlds Collide: Muslim Schools Face Tensions of Islamic, U.S. Views, Washington Post 25 February 2002 p.A01

[7] The source is Sura 9 verse 29 of the Koran which lays out that obligation in return for the permission,not the right,to live.

[8]

Paying Jizyah is a Sign of Kufr and Disgrace

Allah said,[حَتَّى يُعْطُواْ الْجِزْيَةَ]

(until they pay the Jizyah), if they do not choose to embrace Islam,[عَن يَدٍ]

(with willing submission), in defeat and subservience,[وَهُمْ صَـغِرُونَ] (and feel themselves subdued.), disgraced, humiliated and belittled. Therefore, Muslims are not allowed to honor the people of Dhimmah or elevate them above Muslims, for they are miserable, disgraced and humiliated. Muslim recorded from Abu Hurayrah that the Prophet said,«لَا تَبْدَءُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَى بِالسَّلَامِ، وَإِذَا لَقِيتُمْ أَحَدَهُمْ فِي طَرِيقٍ فَاضْطَرُّوهُ إِلَى أَضْيَقِه»(Do not initiate the Salam to the Jews and Christians, and if you meet any of them in a road, force them to its narrowest alley.) This is why the Leader of the faithful ‘Umar bin Al-Khattab, may Allah be pleased with him, demanded his well-known conditions be met by the Christians, these conditions that ensured their continued humiliation, degradation and disgrace.Commentary on Sura 9:29 in the Tafsir Ibn Kathir: http://www.tafsir.com/default.asp?sid=9&tid=20986

[9] The Dhimmi:Jews and Christians Under Islam (2003) Islam and Dhimmitude:Where Civilizations Collide (2001),;Le Dhimmi:profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe ( 1980),Les chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude,VII-XX siècle(1991) , »Dhimmitude past and present:an invented or real history »Starr Foundation Lecture,Brown University 10 October 2002 http://dhimmitude.org/archive/by_lecture_10oct2002.htm.

[10] The Dhimmi p.62

[11] Id.203,215

[12] Pact of Umar citd by Norman Stillman ,The Jews of Arab Lands: A History and Source Book ( 1979) p.157-158

[13] [13] David B.Kopel Dhimmitude and Disarmement 18 George Mason University Civil Rights Law Journal 2008.This prohibition explains why the Christian and Jewish populations living in Muslim lands were so easily the subject of vexations and worse throughout history,as they were not allowed to defend themselves under pain of being declared blasphemers,an accusation carrying a penalty of death:cf.Majid Khadduri War and Peace in the Law of Islam (2006) p.193-195

[14] Id.59-60,196,341

[15] Id.57-58

[16] Pact of Umar ,Stillman ibd.p.99

[17] Lebanon News 8 No 18 14 Sept 1985 p.1-2

[18] Supra n.8

[19] Al-Ahkam as -Sultaniyyah.The Laws of Islamic Governance trad.Dr.Asadullah Yate (1996)

[20] Livre de l’impôt foncier Kitab el-Kharadj tranl. Fagnan Paris 1921 p.189

[21] Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[22] A Short History of the Revivalist Movement in Islam (2002); »Political Theory of Islam »in Mansoor et al. Contemporary Debates in Islam:An Anthology of Modernist and Fundamentalist Thought(2000);

[23] Pour un gouvernement islamique (Paris, 1979), pp. 31ff.

[24] One cannot help but be reminded of the devshirme ,the enslavement practice of Christian children in the Ottoman Empire: Ye’or Islam and Dhimmitude,23,48,204-207

[25] Cf the teachings of the Tasfir Ibn Kathir or the writings of Ibn Khaldun

[26] Cf.inter alia,the reactions of Sheik Yousef Al-Qaradawi, spiritual leader of the Muslim Brotherhood in Egypt on the meeting betweenthe  Grand Rabi of Israel I.Lau and Sheikh Tantawi d’ Al Hazar: http://www.memri.org/bin/articles.cgi?Area=sr&ID=SR00398 et  Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[27] Cf.Ibn Khuldun supra n.4

[28] Ibn Khaldun ,Tafsir Ibn Kathir  or Muhammad ibn Abd-al-Wahhab for par example

[29] Cf.the criticism levelled at Wim Wenders the Dutch parliamentarian for his documentary or at the Danish cartoonist.

Tolérance,Révérence et Dhimmitude

Au cours de son voyage en Europe, le président Obama a déclaré à plusieurs reprises [1] que sa politique vis-à-vis du monde musulman allait dorénavant être fondée sur un « respect mutuel » allant même à Strasbourg jusqu’à dire qu’il fallait pour  montrer ce respect « changer notre langage et notre ton » à l’égard du monde musulman.

M.Obama a joint le geste à la parole lors de la réunion du G-20 à Londres: il fit la révérence au roi d’Arabie saoudite (voyez la vidéo ici )alors qu’il ne fit qu’une petite inclinaison de la tête à la reine d’Angleterre (vidéo).

Le monde musulman peut-il accorder un « respect mutuel » au monde non musulman?

Daniel Henninger,, éditorialiste au Wall Street Journal, examine la question en soulignant que les populations chrétiennes vivant dans le monde musulman sont persécutées et conclut en recommandant à M.Obama de faire de la tolérance envers les minorités religieuses la pierre angulaire du respect mutuel.

Aussi louable que puisse être ce but, est-il possible du côté musulman? Une analyse de la doctrine coranique et de la jurisprudence permet d’en douter.

Pour les musulmans, le monde est divisé en deux: d’un côté il y a le dar al-Islam [2]-les territoires gouvernés par la Shari’a et de l’autre le dar al-harb -pays des non-musulmans ( mushrikun)[3] contre lesquels les musulmans ont l’obligation de faire la guerre [4]Comme l’écrivait le grand penseur Ibn Khaldun : »Pour les musulmans la guerre sainte ( jihad) est un devoir religieux en raison de l’universalité de la mission des musulmans et [ de l’obligation ] de convertir toutes les personnes à l’Islam par la persuasion ou par la force » [5]Les habitants du dar al-harb -les harbis- n’ont aucun droit: leur personnes et leurs biens peuvent être pris par n’importe quel musulman. Cette doctrine explique la découverte par deux journalistes du Washington Post, Valerie Strauss et Emily Wax, que des écoles islamiques de la banlieue de Washington, D.C. enseignent aux enfants de 7 ans que voler à un non-musulman n’est pas un vol![6]

A l’intérieur des territoires musulmans ,les peuples du Livre ( juifs et chrétiens ) ont un statut spécial celui de dhimmis. Les dhimmis doivent payer un tribut annuel ( jizya ) pour avoir la permission de vivre [7]conditionnée par la  reconnaissance de leur infériorité comme dhimmi par rapport aux musulmans et de leur vocation à être humiliés par les musulmans[8].L’historienne Bat Ye’or a consacré plusieurs ouvrages à l’histoire des dhimmis depuis les conquêtes musulmanes du VIIème siècle jusqu’à nos jours [9].De ses analyses historiques ,il ressort que les dhimmis ont interdiction de construire des maisons plus hautes que celles des musulmans[10],interdiction de porter des vêtements de couleur verte ( couleur de l’Islam) [11],interdiction de port d’armes [12],interdiction de monter à cheval ou à chameau avec une selle [13]interdiction de sonner les cloches des églises[14],interdiction de construire de nouvelles églises[15].Si l’église est située dans un pays ayant capitulé devant les conquérants musulmans son intérieur  peut être entretenu mais pas son extérieur!. Par contre si l’église est sise dans un pays conquis par la force des armes alors l’église ne peut pas être entretenue[16].Vivre comme dhimmi a donné lieu à dhimmitude-la condition d’être un dhimmi dans un pays musulman-un néologisme attribué à Mme Bat Ye’or et  utilisé par Bachir Gemayel,alors président du Liban, dans un discours prononcé le 14 septembre 1982 à Dayr-al -Salib dans lequel il refusait toutes les tentatives de la majorité musulmane de subjuguer les chrétiens maronites et  déclarait: « Nous refusons toute dhimmitude« [17]

Certains diront que les grands penseurs islamiques qui ont énoncé les règles de comportement des  dhimmis envers les musulmans et des musulmans envers les dhimmis, comme le Tafsir Ibn Kathir[18] ,Abu’l Hasan al-Mawardi[19] ou Abu Yousouf[20]ne sont plus d’actualité et que, de toute façon, la dhimmitude a été abrogée dans les pays islamiques.

Sur le premier point, observons que le Tafsir Ibn Kathir est toujours enseigné et que les grands penseurs comme  Mawardi, Abou Yousouf ou Ibn Khaldun font autorité encore aujourd’hui[21] comme en témoignent les écrits de Sayyid Abul A’la Mawdudi [22]ou de l’Ayatollah Khomeini[23].

Sur le second point, bornons nous à observer ,comme M.Henninger  et Mme Bat Ye’or l’ont fait, que  disparaissent  les communauté coptes en Egypte, les chrétiens au Soudan dont  les enfants subissent des conversions forcées, l’église orthodoxe syriaque en Turquie, que le patriarche chaldéo-assyrien de Mossoul est  enlevé et assassiné ,que grand est  le péril auquel sont confrontés les chrétiens de la vallée Swat au Pakistan suite à la trêve conclue entre le gouvernement du Pakistan et les talibans qui contrôlent cette vallée, ou encore qu’interdiction est faite aux travailleurs immigrés chrétiens  en Arabie saoudite  de pratiquer le christianisme .Ces exemples parmi tant d’autres prouvent  que la doctrine traditionnelle [24] est bien suivie aujourd’hui.  L’interdiction de pratiquer toute religion autre que l’Islam en Arabie saoudite ou dans les autres pays qui ont adopté la Shari’a se retrouve  dans les textes comme le Tafsir Ibn Kathir ou les écrits d’Ibn Khaldun ou  d’Abd El Whahab. Manifestement le sort des communautés chrétiennes en territoires islamiques est plus que préoccuppant: même si publiquement les gouvernements prétendent que la tolérance est de mise,les exactions perpétrées par les personnes privées musulmanes contres les populations chrétiennes continuent dans le but avoué de convertir ou de faire partir les « infidèles ».

Un courant non négligeable de pensée islamiste moderne se réclame des penseurs /juristes des premiers siècles de l’Islam [25]La doctrine  islamiste millénaire étant claire sur les rapports que les musulmans peuvent avoir avec les non-musulmans est-il réaliste de penser que les musulmans traditionalistes peuvent réellement accorder un respect mutuel aux chrétiens (et aux juifs)?

Eu égard à la doctrine islamiste , lorsque l’Occident se complait à faire étalage de sa tolérance n’ ignore-t-il pas une question fondamentale: comment une société tolérante doit- elle traiter avec une société dont la raison d’être est de la détruire ou de la subjuguer [26]parce que cette société est une société d’infidèles?

Que la tolérance soit une vertu ne peut être remis en cause par nulle personne de bonne volonté mais alors comment réconcilier l’idéal de tolérance avec la constatation que certains pensent encore ,à l’instar des penseurs musulmans traditionnels mentionnés ci-dessus[27] qu’il faut convertir de gré ou de force les infidèles et que tout pays du dar al-harb doit soit accepter la Shari’a soit être subjugué? Voilà donc dans la jurisprudence islamique l’aune à laquelle nous pouvons mesurer la tolérance.

Lectrices et lecteurs ne pensez vous pas qu’une société fondée sur la tolérance a comme premier devoir d’assurer sa survie ès-qualité de société tolérante? Si ces prémices sont acceptées, il s’en suit alors que ladite société est en droit de prendre des mesures de défense pouvant être autrement taxées d’intolérance parce qu’il faut assurer la pérennité d’une société fondée sur la tolérance.

Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, accordons néanmoins le bénéfice du doute à M.Obama dans ses relations avec le monde musulman et espérons que qu’il saura encourager celui-ci à évoluer  et à se mettre au diapason du XXIème siècle sans pour autant, comme l’ont fait trop d’européens, devenir des dhimmis parce qu’il faut être politiquement correct et ne jamais élever la moindre critique contre l’autre[28] surtout s’il est musulman.


[1] Discours devant le Parlement européen à Strasbourg le 3 avril 2009 et devant le parlement turc le 6 avril 2009.

[2] Pour des distinctions entre Oumah et dar al-Islam cf.Leon Brown Religion and State :the Muslim approach to Politics ( 2000) p.85

[3] Pour les nuances entre mushrikun ,coupables du péché de shirk et les kuffar cf.,inter alia,Jacques Waardenberg Muslims and Others (2003) p.192

[4] Peter Mandeville, Transnational Muslim Politics p.13

[5] Ibn Khaldun The Muqudimmah,An introduction to history,trad.F.Rosenthal ( 1958) I,473

[6] Where Two Worlds Collide:Muslim Schools Face Tensions of Islamic,U.S.Views,Washington Post 25 février 2002 p.A01

[7] La source en est la sourate 9 verset 29.

[8] Cf.commentaire de Tafsir Ibn Kathir sur la sourate 9:les dhimmis doivent « être en disgrace,humiliés et rabaissés »: وَهُمْ صَـغِرُونَ.Sur les règles de comportement des musulmans par rapport aux dhimmis cf.: http://www.qtafsir.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2566&Itemid=64: »Therefore, Muslims are not allowed to honor the people of Dhimmah or elevate them above Muslims, for they are miserable, disgraced and humiliated. Muslim recorded from Abu Hurayrah that the Prophet said,«لَا تَبْدَءُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَى بِالسَّلَامِ، وَإِذَا لَقِيتُمْ أَحَدَهُمْ فِي طَرِيقٍ فَاضْطَرُّوهُ إِلَى أَضْيَقِه»(Do not initiate the Salam to the Jews and Christians, and if you meet any of them in a road, force them to its narrowest alley.) This is why the Leader of the faithful ‘Umar bin Al-Khattab, may Allah be pleased with him, demanded his well-known conditions be met by the Christians, these conditions that ensured their continued humiliation, degradation and disgrace. »Commentaire du Tafsir sur la sourate 9:29.

[9] The Dhimmi:Jews and Christians Under Islam (2003) Islam and Dhimmitude:Where Civilizations Collide (2001),;Le Dhimmi:profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe ( 1980),Les chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude,VII-XX siècle(1991) , »Dhimmitude past and present:an invented or real history »Starr Foundation Lecture,Brown University 10 October 2002 http://dhimmitude.org/archive/by_lecture_10oct2002.htm.

[10] The Dhimmi p.62

[11] Id.203,215

[12] David B.Kopel Dhimmitude and Disarmement 18 George Mason University Civil Rights Law Journal 2008.Cette interdiction explique les exactions dont furent victimes au cours des siècles les communautés juives et chrétiennes vivant dans les territoires islamiques:cf.Majid Khadduri War and Peace in the Law of Islam (2006) p.193-195

[13] Pacte d’Umar cité par Norman Stillman ,The Jews of Arab Lands: A History and Source Book ( 1979) p.157-158

[14] Id.59-60,196,341

[15] Id.57-58

[16] Pacte d’Ummar Stillman ibd.p.99

[17] Lebanon News 8 No 18 14 Sept 1985 p.1-2

[18] Supra n.8

[19] Al-Ahkam as -Sultaniyyah.The Laws of Islamic Governance trad.Dr.Asadullah Yate (1996)

[20] Livre de l’impôt foncier Kitab el-Kharadj trad.Fagnan Paris 1921 p.189

[21] Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[22] A Short History of the Revivalist Movement in Islam (2002); »Political Theory of Islam »in Mansoor et al. Contemporary Debates in Islam:An Anthology of Modernist and Fundamentalist Thought(2000);

[23] Pour un gouvernement islamique (Paris, 1979), pp. 31ff.

[24] Doctrine exprimée dans le Tafsir Ibn Kathir ou dans les écrits d’Ibn Khaldun par exemple.

[25] Cf.inter alia,les réactions du Sheik Yousef Al-Qaradawi, chef spirituel des Frères Musulmans en Egypte sur la rencontre entre le Grand Rabin d’Israel I.Lau et le Sheikh Tantawi d’ Al Hazar: http://www.memri.org/bin/articles.cgi?Area=sr&ID=SR00398 et  Sherko Kirmanj The Relationship Between Traditional and Contemporary Islamist Political Thought ,Middle East Review of International Affairs,vol.12No 1 ( March 2008),p.69 et seq.

[26] Cf.Ibn Khuldun supra n.4

[27]Ibn Khaldun ,Tafsir Ibn Kathir  ou Muhammad ibn Abd-al-Wahhab par exemple.

[28] Cf.les critiques adressées à Wim Wenders pour son documentaire ou encore les réactions aux dessins danois.

Elections à l’AFE

Les élections à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) semblent  susciter des convoitises  bien mises en relief dans le récent  article de French Morning intitulé : «  Embouteillage pour l’Assemblée des Français de l’étranger » qu’un de mes amis banquier a eu la gentilesse de me signaler.A lire, en particulier les commentaires de Mme Nike!

islamIslam needs to prove it’s a religion of peace

The editorial by Tawfik Hamid in the Wall Street Journal deserves serious consideration for the questions it raises.Like Mr Hamid one cannot help but be disappointed by the British denial of an entry visa to Mr Geert Wilders,the member of the Dutch parliament whose film « Fitna » caused an uproar in circles where criticism of Islam is not regarded as politically correct.This uproar reminds me of that met by Sylvain Gouguenheim ,the highly respected professor of medieval history at Ecole Normale superieure -Lyon,for his book  « Aristote au Mont Saint Michel.Les racines grecques de l’Europe chretienne » a remarkable piece of scholarship .

Interested readers will find much to think about in Christoph Luxenberg’s The Syro-Aramaic Reading Of The Koran: a contribution to the decoding of the language of the Qur’an (2007).Luxenberg,a German philologist specializing in semitic languages took to writing under a pseudonym because he was afraid of suffering from the same fate as Suleiman Bashear a scholar at Al-Nadja University in Nablus who was thrown out of a window by Muslim extremists for professing the same theories as Professor Luxenberg.

Similarly,Hellenism in Byzantium (2008) by Anthony Kaldellis  ,Dimitri Gutas’Greek Wisdom Literature in Arabic Translation (1975 ) and Hellenic Philosophy:Origin and Character (2006) by Christos Evangeliou,are « musts ».

The 2% illusion

The political discourse is tilting towards « taxing the rich » to pay for the electoral promises.Today’s editorial in the Wall Street Journal elegantly demonstrates the fallacy of the « tax the rich » premise by showing that even if the so-called « rich » were taxed at the rate of 100%,effectively leaving them nothing,then the amount raised would still not be enough to pay for all the programs promised see: http://online.wsj.com/article/SB123561551065378405.html?mod=rss_opinion_main