L’ homme et la mouche

Que l’homme prenne la mouche ne surprend personne. Que l’homme et la mouche partagent des comportements peut étonner. C’est pourtant le cas si l’on se fie aux travaux du professeur Zars[1] de l’Université du Missouri, spécialiste en neurobiologie. Le professeur Zars a étudié le comportement des mouches à fruit males, Drosophila melanogaster, et a découvert que les males privés de sexe noient leur dépit dans l’alcool : parallèle évident avec le comportement des hommes !


[1] G. Shohat-Ophir, K. R. Kaun, R. Azanchi, U. Heberlein. Sexual Deprivation Increases Ethanol Intake in Drosophila. Science, 2012; 335 (6074): 1351 DOI: 10.1126/science.1215932

La santé :service public ?

L’ article de M. Ezra Klein « Why an MRI costs $1,080 in America and $280 in France ? » ( Washington Post 3 mars 2012 cliquez ici pour le lire) soulève des questions aussi fondamentales qu’intéressantes. Notant qu’en 2009, les dépenses de santé aux Etats-Unis se montaient à $ 7,960 par personne alors qu’en France elles n’étaient que de $ 3,978 par personne, au  Canada $4,808 et en Allemagne $4,218, il observe que si les dépense de santé américaines étaient au niveau des trois pays cités le déficit américain serait résorbé. Il attribue la différence aux prix pratiqués par les fournisseurs des services de santé qui cherchent à maximiser leur bénéfices.

Si l’analyse de M. Klein-et celles des économistes qu’il cite- est bonne, alors pourquoi ne devrait-on pas considérer que  la fourniture de services de santé est un service public qui devrait  rémunéré sur la base des coûts plu un profit garanti ? Vos commentaires seront les bienvenus.

Le temps et l’espace dans la culture japonaise

Si ces concepts vous intriguent, lisez la critique du livre de  Katô Shûichi    « Le temps et l’espace dans la culture japonaise » par Agnès Cousin de Ravel en cliquant sur son nom.

Trente œuvres « disparues ou volées » saisies à l’Institut Wildenstein

Pour en savoir plus sur la saga des tableaux disparus, lisez l’article du journal Le Monde en cliquant ici , l’article dans The Telegraph, »Affaire Wildenstein:une nouvelle veuve porte plainte » dans le Paris-Match du 16 .02.2011, « Affaire Widenstein:scandale en toile de fond » par Daniele Georget ,13.02.2011, et l’article de David Le Bailly – Paris Match « L’étau judiciaire se resserre autour de Guy Wildenstein ».

Where else but in New York?

Wednesday,walking through Central Park with my friend Nicholas D. chatting merrily,if somewhat loudly,in French about the role of France in the concert of Nations  a lady ,looking remakably like the New York Public Library librarian in Ghostbusters, and,like her ,a librarian ,stops us ,apologizing profusely for the interruption ,to ask us in very good French,if in current usage a word such as « église » when capitalized should be written »Eglise » or « Église »!

Only in New York!

La Saint-Valentin et l’appropriation des fêtes païennes par l’Église

La fête de la Saint-Valentin est pour nous l’occasion de réfléchir aux fêtes païennes que l’Église par la suite a transformées en fêtes chrétiennes. Traditionnellement, la Saint-Valentin, aujourd’hui symbole des amoureux et donc indirectement de la fertilité, commémore les actions du prêtre Valentin à Rome lorsque l’empereur Claudius II Le Cruel avait interdit les mariages au motif que les jeunes gens mariés ne s’enrôlaient plus dans l’armée romaine. Valentin avait désobéi au décret et avait continué à célébrer le mariage de jeunes gens. Arrêté, puis condamné par le préfet, il fut d’abord roué de coups et puis décapité. Cette sentence fut exécutée le 14 février de l’an 270 ou 278. En fait, selon la très sérieuse Catholic Encyclopedia, l’origine et l’identité de Saint-Valentin relèvent du mystère puisque selon les Vies des martyrs antiques, il y aurait eu au moins trois Saint-Valentin tous martyrisés le 14 février mais dans des lieux différents !

Dans la Rome antique, le 14 février se situait au milieu de la fête des Lupercales (13-15 février). Cette fête de la fin de l’année romaine était une fête de purification, de santé et de fertilité. Elle se célébrait près d’une grotte appelée le Lupercal, probablement située au pied du Mont Palatin, en l’honneur du dieu des troupeaux Faunus Lupercus. Le rituel de la fête prévoyait le sacrifice d’un bouc dans la grotte où selon la légende la louve avait allaité Romulus et Remus. Après le sacrifice, les deux jeunes patriciens qui assistaient uniquement vêtus d’une peau de bouc, se faisaient toucher le front par le prêtre sacrificateur avec le couteau sacrificateur puis celui-ci enlevait le sang et alors les jeunes gens avaient l’obligation de rire aux éclats. Ensuite, armés de lanières de peau de bouc, les jeunes gens se mettaient à courir nus dans Rome, fouettant les femmes qui souhaitaient avoir un enfant dans l’année.

La fête reprenait un rituel plus ancien encore de nettoyage de printemps appelé Februa d’où le nom du mois de février. Ainsi, outre la purification, le rituel est aussi un rituel de passage : le sacrifice dans la grotte est bien entendu symbolique de la mort, le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise la résurrection et le bouc la fertilité.

Malgré l’interdiction des fêtes païennes dans une Rome devenue largement chrétienne, la fête des Lupercales continua à coexister avec le christianisme pendant de nombreux siècles mais au cinquième siècle, le pape Gélase Ier (494-496) estimant que la fête des Lupercales n’était plus observée que par le bas peuple a décidé d’interdire celle-ci et de la remplacer formellement par la fête de la Saint-Valentin.

La fixation de la fête de Noel au 25 décembre est un autre exemple d’appropriation : la date a été fixée pour supplanter la fête du culte mithriaque du sol invictus ou du Natalis Invicti. Le culte mithriaque, très répandu à Rome et en Asie Mineure au troisième et quatrième siècles, célébrait par cette fête le retour du soleil qui triomphait de la nuit de l’hiver. Dans le monde chrétien, la fixation de Noël au 25 décembre ne s’est effectuée au cours du quatrième siècle. Le Pape Benoît XVI considère que la fixation au 25 décembre est naturelle : c’est 9 mois après l’Annonciation !Au vu des nombreux auteurs, Pères de l’Église, qui ont estimé la relation entre le sol invictus et Noel comme établie, on peut aussi se demander, si la date du 25 mars pour l’Annonciation n’est pas aussi une date de convenance plutôt qu’une date historiquement prouvée.

Comme le fait remarquer l’historienne Anne Morelli, la fête de la Saint-Valentin est loin d’être la seule fête païenne à avoir été reprise par l’église catholique. Dans son intéressant article « La réinterprétation chrétienne des fêtes antérieures au christianisme » (cliquez ici pour lire l’article), elle souligne que les rogations et les litanies sont à l’origine des fêtes romaines connues sous le nom d’ambarvalla. Les rogations sont des prières publiques pour attirer la bénédiction divine sur les récoltes. La grande rogation est célébrée le 25 avril, fête de la Saint Marc. À cette date, à Rome, il y avait une grande procession qui sortait de Rome et lorsque le la fête païenne fut supplantée par la grande rogation celle-ci a continué d’emprunter le même itinéraire ! Les petites rogations, ou litanies, avaient lieu les trois jours précédents l’Ascension et correspondent à l’époque des gelées tardives que redoutent tant les agriculteurs.

Anne Morelli ne se contente pas de répertorier les fêtes romaines ou mithriaques qui ont été appropriées par le christianisme mais souligne à en outre l’importance des fêtes païennes venant de la Scandinavie et, bien entendu, de l’héritage judaïque. C’est ainsi qu’elle rappelle que la fête du solstice d’été le 21 juin a très longtemps résisté avant d’être reprise par le christianisme devenu la fête des feux de la Saint-Jean.

Ainsi, réfléchir au symbolisme des fêtes païennes qui ont pu être supplantées par les fêtes chrétiennes est un exercice intéressant et enrichissant.

 

La fête de la Saint-Valentin est pour nous l’occasion de réfléchir aux fêtes païennes que l’Église par la suite a transformées en fêtes chrétiennes. Traditionnellement, la Saint-Valentin, aujourd’hui symbole des amoureux et donc indirectement de la fertilité, commémore les actions du prêtre Valentin à Rome lorsque l’empereur Claudius II Le Cruel avait interdit les mariages au motif que les jeunes gens mariés ne s’enrôlaient plus dans l’armée romaine. Valentin avait désobéi au décret et avait continué à célébrer le mariage de jeunes gens. Arrêté, puis condamné par le préfet, il fut d’abord roué de coups et puis décapité. Cette sentence fut exécutée le 14 février de l’an 270 ou 278. En fait, selon la très sérieuse Catholic Encyclopedia, l’origine et l’identité de Saint-Valentin relève du mystère puisque selon les Vies des martyrs antiques, il y aurait eu au moins trois Saint-Valentin tous martyrisés le 14 février mais dans des lieux différents !

Dans la Rome antique, le 14 février se situait au milieu de la fête des Lupercales (13-15 février). Cette fête de la fin de l’année romaine était une fête de purification, de santé et de fertilité. Elle se célébrait près d’une grotte appelée le Lupercal, probablement située au pied du Mont Palatin, en l’honneur du dieu des troupeaux Faunus Lupercus. Le rituel de la fête prévoyait le sacrifice d’un bouc dans la grotte où selon la légende la louve avait allaité Romulus et Remus. Après le sacrifice, les deux jeunes patriciens qui assistait uniquement vêtus d’une peau de bouc, se faisait toucher le front par le prêtre sacrificateur avec le couteau sacrificateur puis celui-ci enlevait le sang et alors les jeunes gens avait l’obligation de rire aux éclats. Ensuite, armés de lanières de peau de bouc, les jeunes gens se mettaient à courir nus dans Rome, fouettant les femmes qui souhaitaient avoir un enfant dans l’année.

La fête reprenait un rituel plus ancien encore de nettoyage de printemps appelé Februa d’où le nom du mois de février. Ainsi, outre la purification, le rituel est aussi un rituel de passage : le sacrifice dans la grotte est bien entendu symbolique de la mort, le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise la résurrection et le bouc la fertilité.

Malgré l’interdiction des fêtes païennes dans une Rome devenue largement chrétienne, la fête des Lupercales continua à coexister avec le christianisme pendant de nombreux siècles mais au cinquième siècle, le pape Gélase Ier (494-496) estimant que la fête des Lupercales n’était plus observée que par le bas peuple a décidé d’interdire celle-ci et de la remplacer formellement par la fête de la Saint-Valentin.

La fixation de la fête de Noel au 25 décembre est un autre exemple d’appropriation : la date a été fixée pour supplanter la fête du culte mithriaque du sol invictus ou du Natalis Invicti. Le culte mithriaque, très répandu à Rome et en Asie Mineure au troisième et quatrième siècle, célébrait par cette fête le retour du soleil qui triomphait de la nuit de l’hiver. Dans le monde chrétien, la fixation de Noël au 25 décembre ne s’est effectuée au cours du quatrième siècle. Le Pape Benoît XVI considère que la fixation au 25 décembre est naturelle : c’est 9 mois après l’Annonciation !Au vu des nombreux auteurs, Pères de l’Église, qui ont estimé la relation entre le sol invictus et Noel comme établie, on peut aussi se demander, si la date du 25 mars pour l’Annonciation n’est pas aussi une date de convenance plutôt qu’une date historiquement prouvée.

Comme le fait remarquer l’historienne Anne Morelli, la fête de la Saint-Valentin est loin d’être la seule fête païenne à avoir été reprise par l’église catholique. Dans son intéressant article « La réinterprétation chrétienne des fêtes antérieures au christianisme » (cliquez ici pour lire l’article), elle souligne que les rogations et les litanies sont à l’origine des fêtes romaines connues sous le nom d’ambarvalla. Les rogations sont des prières publiques pour attirer la bénédiction divine sur les récoltes. La grande rogation est célébrée le 25 avril, fête de la Saint Marc. À cette date, à Rome, il y avait une grande procession qui sortait de Rome et lorsque le la fête païenne fut supplantée par la grande rogation celle-ci a continué d’emprunter le même itinéraire ! Les petite rogations, ou litanies, avait lieu les trois jours précédents l’Ascension et correspondent à l’époque des gelées tardives que redoutent tant les agriculteurs.

Anne Morelli ne se contente pas de répertorier les fêtes romaines ou mithriaques qui ont été appropriées par le christianisme mais souligne à en outre l’importance des fêtes païennes venant de la Scandinavie et, bien entendu, de l’héritage judaïque. C’est ainsi qu’elle rappelle que la fête du solstice d’été le 21 juin à très longtemps résisté avant d’être reprise par le christianisme devenu la fête des feux de la Saint-Jean.

Ainsi, réfléchir au symbolisme des fêtes païennes qui ont pu être supplantées par les fêtes chrétiennes est un exercice intéressant et enrichissant.

L’élection qui gêne l’UMP

Tel est le titre d’un récent article paru dans L’Express sur lequel une aimable lectrice a bien voulu attirer notre attention.

Au moment où les Français de l’Est des Etats-Unis s’apprêtent à voter, la lecture de cet article –cliquez ici pour le lire—incite à la réflexion.